ARTUSDELAVILLEON.COM

ARTUSDELAVILLEON.COM : LANCEMENT LE 11 OCTOBRE 2014

“Parallèlement à sa quatrième exposition à la galerie Patricia Dorfmann, Artus de Lavilléon nous invite une nouvelle fois au «spectacle de sa vie», en mettant en ligne l’intégralité de son œuvre en téléchargement libre et gratuit sur Internet.

Connu pour ses dessins noirs et blancs, notamment pour ses collaborations régulières avec M, le magazine du Monde ou avec le crédit coopératif, ses performances dans les vitrines du magasin Le Printemps et dans diverses boutiques, Artus n’a cessé d’archiver ses différentes pratiques sous forme de petits livres témoignant à la fois de sa vie privée et de son engagement artistique tel qu’on peut le découvrir dans le Manifeste de l’art posthume rédigé en 2004.

Le site Internet artusdelavilleon.com permettra, grâce à un système d’indexation précis, de télécharger les exemplaires originaux de ses centaines de fanzines de dessins, livres de photographies, books, recueils de textes, interviews, catalogues d’œuvres ou livres conceptuels, sans aucune restriction de droits de reproduction dans le domaine privé.

Le prix des exemplaires originaux, numérotés, signés et livrés avec un tirage original, sera géré par un algorithme exponentiel en fonction du nombre de téléchargement. Par exemple le premier exemplaire sera vendu à prix coûtant et pourra atteindre 3000 euros au 500ème exemplaire vendu.

Développé par Nicolas Malinowsky, ex-membre du collectif ill-studio et par Donald David, le site fonctionnera aussi sur un système de don, pour les gens qui souhaitent participer à l’œuvre d’Artus de Lavilléon.”

“La Galerie Patricia Dorfmann est heureuse d’annoncer la quatrième exposition personnelle d’Artus de Lavilléon du 11 octobre au 22 novembre 2014.

Pour ce nouveau projet, Artus de Lavilléon et Patricia Dorfmann ont choisi de montrer les oeuvres originales tirées du livre « He is not a self declared Genius » qui s’inscrit dans un projet d’auto-édition et d’archivage plus large qu’Artus poursuit depuis une vingtaine d’années et qui contient aujourd’hui plus de deux cents ouvrages.

Les photographies collectées lors de ce voyage aux états-Unis et associées à des phrases entendues au hasard des rencontres, ne sont pas à concevoir ici comme des collages mais comme symptôme d’une approche très spécifique de la vie dont Artus cherche par tous les moyens à témoigner, en rapport avec une volonté marquée depuis le début de « se défaire de ces faire-valoirs qui empêchent toute lecture réelle du monde dans lequel on vit, car il s’agit avant tout de se réapproprier un sens, un lieu, un espace, non pas de se définir en fonction de cette vision ».

Ici, rien n’appartient à l’artiste, mais tout est néanmoins l’expression d’un vécu qui lui est propre. Enfant issu de la méthode Freinet, influencé par son amitié avec le relieur d’art Pierre-Lucien Martin, Artus a toujours vécu dans les livres et entouré de mots. Du graffiti aux slogans publicitaires, des citations d’auteurs aux phrases de films qu’il note compulsivement depuis 2001 et réutilise dans ses oeuvres, son travail se veut un témoignage exact de l’époque qu’il traverse, sans sélection ni filtre, et surtout très libre.

Lié au mouvement situationniste et à Guy Debord par sa mère, la pratique du détournement qui est présente dans cet ouvrage réalisé en 2011, est aussi à concevoir en référence à la culture Punk et Skate dans laquelle Artus est profondément inscrit depuis la création du fanzine FTBX (Fuck the Blaireaux, fanzine à parution irrégulière skate oblige) en 1986, et celle du magazine de skateboard Tricks dont il était le principal photographe reporter de 1996 à 1998.

L’idée même de détournement était aussi présente lors de la création du concept store L’épicerie (1998-99), puis du magasin–image de la marque Levi’s NIM (2001-2005), ou son association avec la Galerie Patricia Dorfmann sur le projet APA (2001-2007) lorsque Artus demandait à ses amis d’exposer des oeuvres ou des photographies d’amateur dont le statut dépendait en grande partie de leur présence dans ces lieux et de l’évolution de leur sens premier.

Connu pour ses grands dessins N&B Artus n’a cessé de déplorer la reconnaissance trop évidente de son statut d’illustrateur (notamment avec des collaborations régulières pour M le magazine du journal Le Monde et de courtes intrusions dans le domaine de la publicité) au détriment de son travail d’artiste allant de performances engagées à l’écriture du Manifeste de l’art posthume en 2004, auquel son travail ne cesse de faire référence dans chacune de ses formes, même les plus commerciales.

La question du droit d’auteur laisse ici la place à l’idée d’un art qui ne pourrait se satisfaire d’une valeur qui ne dépendrait que de sa lecture présente. Ainsi pour Artus de Lavilléon : « Les phrases et les images sont le voyage et l’expérience, pas la valeur qu’on voudrait leur donner ».

Sera aussi présenté lors de cette exposition un aperçu du travail « d’archivage de vécu » (1995 - 2014) qu’Artus inaugurera par le lancement d’un site internet mettant progressivement à la disposition du public la presque intégralité de son travail.”

SUR LES LIVRES

« Quand j’ai commencé à scanner mes images pour le livre auto-édité sur La chambre, je n’avais aucune idée que ce projet me prendrait plus de trois ans et qu’il aboutirait à une multitude de petits livres au format A5 (environ 260 à ce jour) qui constitueraient une étape déterminante dans ma pratique artistique d’archivage du quotidien. Je ne pensais pas non plus que ce projet s’inscrirait dans l’art posthume de façon aussi évidente et permettrait de comprendre ce que j’entendais moi-même par ce terme en tant que pratique vivante.

Si l’on regarde de plus près ces livres, on réalise que l’idée première de témoignage de vécu et de partage a ici déviée vers autre chose, puisqu’elle m’a à la fois permis de prendre conscience de mon travail dans son intégralité et de donner une forme physique à l’idée que je me faisais de l’artiste dans sa capacité à exister en marge de tout système légitimant.

Ces livres, dans leur multitude même, représentent une forme de résistance.

Qu’ils soient liés à un quotidien et à un temps précis, linéaire et le plus souvent chronologique, leur permet d’être considérés comme une trace exacte d’une ambition et d’un élan dégagé de ce besoin de reconnaissance comme marque vitale de notre époque. Je ne dis pas que ce besoin est absent, car dans son essence même le livre implique une volonté de toucher le public de façon lente et intime et de l’inscrire dans une histoire, mais il est important de montrer que ce besoin parle plus de simplicité et d’investissement dans un métier que d’un présent sublimé jusqu’à la honte.

Si je parle ici d’un métier, alors que j’ai passé plus de la moitié de ma vie à me battre contre la professionnalisation à outrance et à revendiquer l’amateurisme, c’est parce qu’il y a pour moi une différence cruciale entre l’élitisme de ceux qui disent savoir comment telle chose doit ou ne doit pas être, et l’humilité de celui qui fait et sait l’erreur indissociable du réel labeur.

Les actes ne sont pas des concepts froids et excluant car ils sont avant tout motivés par la vie et ce qu’elle représente en terme de choix et d’expérience – de rencontre. Croire que l’on peut tout maîtriser serait oublier que la vie n’est pas forme, mais mouvement. Vouloir la figer, la classer et l’organiser dans une forme qui réponde à un besoin précis me paraît aussi fou que d’affirmer que ceci est bon et cela mauvais à un moment donné, car la fonction même de l’art est de dépasser ces moments pour incarner une durée que l’on pourrait ici décrire comme « posthume ».

“Artus participera du 21 au 31 octobre 2014 au Parcours Saint-Germain où seront présentés quelques uns de ses grands dessins noirs et blancs.”