Beaubourg !

LE DERNIER VOYAGE DE MARYSE LUCAS

Un film d’Artus de Lavilléon et David Ledoux

Samedi 28 mars à 14h00 / Centre Pompidou

 

Ben voilà, ça y est, je suis à Beaubourg ! Quand je m’étais promis d’y être avant 2010, il y a neuf ans, personne ne me croyais. Bon, j’avoue, ce n’est pas la grande expo rétrospective que j’imaginais, mais ce n’est déjà pas mal.

« Le dernier voyage de Maryse Lucas » est un film en hommage à ma mère, co-réalisé avec David Ledoux. L’histoire de deux branchés (je sais que David n’aime pas ce terme) qui ramènent les cendres de la mère de l’un d’eux dans son village natal, et, au fur et à mesure du voyage rencontrent la réalité de la vie.

D’une certaine manière, on peut considérer que ce film s’inscrit plutôt pas mal dans mes histoires d’art posthume et de témoignage brutal de vécu, et développe en filigranes l’idée qu’« il ne faut pas faire pour être mais être pour être ».

Seulement voilà, ce film je ne l’ai pas fait seul, et il a été énormément nourri par mon amitié avec David, sans qui je ne sais pas si j’aurais eu le courage de tenter cette aventure, et encore moins d’en faire un film.

De cette amitié, et aussi des conseils de notre co-producteur (avec le Joker) Frédéric Jouve, est aussi né l’idée d’un autre projet qui consiste, cette fois-ci, à aller retrouver une fille que j’aime aux Etats-Unis, et de créer une nouvelle œuvre faite d’un étrange mélange de cinéma-vérité, de fiction, et documentaire.

« Si l’art c’est la vie, alors il s’agit forcément de ma vie, à nulle autre pareille, car des autres, je ne connais que moi » ; un constat simple, à la limite de la mégalomanie qui ouvre pourtant sur un sentiment proche de l’universel. Qu’est-ce qui fait que l’on décide un jour de faire de sa vie une œuvre, et surtout comment après cela différencier encore la vérité de la sincérité, qui, comme chacun le sait, sont deux concepts totalement différent ? L’homme vrai est celui qui se connaît empiriquement alors que l’être sincère ne fait qu’énoncer des vérités qu’il n’a pas encore vécues. C’est peut-être le centre de mon travail, à moins qu’il ne s’agisse du destin, ou du sentiment amoureux, ou de l’archivage de quotidien…

Et David dans tout ça ? David prépare une expo (le 14/04 à 18h, Ofr, 20 rue Dupetit Thouars, 75003) et fait des photos ; nous préparons tous des expos.

Peut-on encore faire des choses à un moment ou tout à déjà été dit, fait et pensé, ou le talent et la nouveauté sont devenus des notions quasiment obsolètes, ou plus rien n’a de sens car tout en a trop, ou le professionnalisme du rien remplace petit à petit les plus beaux élans de l’âme ? J’aurais envie de dire oui, oui, et encore oui. Il suffit de passer à l’acte, « non pas de faire mais de fabriquer un objet qui tout d’un coup permette d’imaginer autre chose » comme dit le vieux pote coco de ma mère Michel le Bayon. Bien ou pas bien, ce n’est fort heureusement pas à nous de juger dès lors que l’on vit ce en quoi l’on croit, librement, et sans l’imposer aux autres.

Quand au concept d’engagement, si cher à nos amis publicitaires et à savoir si la quête du bonheur justifie tout, je ne vous dirais pas ce que j’en pense…

Quel bonheur en plus ? Celui qui s’expose dans les musées, sur les écrans, dans les livres, les journaux et les magazines (…), ou un autre plus vrai nourri d’une éthique qui n’a pas grand chose à voir avec la vie qui l’a vu naître. L’éthique a toujours tout à voir avec la vie qui l’a vu naître. Musée ou pas musée : « Si l’on doit un jour être connu pour et par son œuvre, cela sous-entend qu’on lira forcément cette dernière à la lumière de notre vie, et donc l’application d’une éthique stricte dans l’une comme dans l’autre », dès lors que l’on « choisi » d’être artiste. Ah bon ? Et si l’œuvre c’était la vie et qu’il n’y avait que des hommes et des femmes… et le partage de leur vécu.

ARTUSDELAVILLEON.COM / ARTPOSTHUME.COM / DAVID-LEDOUX.FR