Impressions de vacances


Matin, réveil dans la grande maison vide. Ramdane, mon ami, a décidé de déménager et nous a laissé sa maison d’ami. Une maison sublime sur les hauteurs de Tanger. Tous les matins nous sommes réveillés par les pépiements des oiseaux sous un ciel invariablement clément. Chaque matin nous pensons : « une magnifique journée commence ». C’est les vacances, ce moment un peu étonnant où l’on a rien à faire et ou l’on vit juste de l’air du temps quand le temps est beau, et d’amour partagé quand le temps est mauvais. Farniente est le mot clef pour de bonnes vacances paraît-il, tandis que Ramdane bosse comme un malade sur son nouveau restaurant, ses bougies, et tous ses nombreux projets, sans compter la famille, les trois enfants, le fameux déménagement, et tout le reste. Chaque minute rentabilisée pour le bonheur des siens et le plaisir de donner forme à ses idées.

Jessica est assise en face de moi, et nous sommes maintenant installés à la terrasse de « L’Africain », à l’ombre d’un caoutchoutier, après une traversée épique de la ville en vieille Merco de 1966, intérieur cuir rouge. D’autres bruits d’oiseaux, des enfants qui jouent, les hommes habillés en blanc qui se préparent pour le Ramadan, les femmes qui viennent chercher de l’eau à l’entrée de la casbah, juste devant le restaurant.

Hier, nous avons passé la journée à jouer avec les enfants, nous balader dans la ville, lire et nous baigner. Bizarrement ce repos n’enlève pas le stress des projets à accomplir, ni les réflexions qu’il engendre. Que vais-je faire à la entrée, comment assumer le loyer, le train de vie avec la nouvelle copine… Quelle direction prendre pour quel « meilleur devenir » ? Déjà je sens des changements s’opérer dans ma façon de penser, mais pas ou peu dans ma façon de voir le monde.

Un journaliste décide de faire un article sur moi en demandant à mes amis de décrire nos relations sous forme d’anecdotes, de vécu commun. Michel me décrit comme étant quelqu’un qui fantasme beaucoup, Nico comme observateur contestataire qui ne change jamais, « dans le bon sens du terme », et je suis très curieux de lire ce que les autres amis vont bien pouvoir écrire. Jessica pense que je suis naïf « comme un artiste ». Ramdane me dit que je ne fais pas ce qu’il faut pour réussir et qu’il est ridicule de faire des concessions quand on n’est pas prêt à baisser totalement sa culotte, mais il me parle en même temps de l’intégrité de certains artistes qu’il aime, et a du mal a cacher ce qu’il pense de la nullité de certains autres qu’il connaît. « L’important c’est de faire de la thune et d’être heureux ». Pragmatique, comme à son habitude. Jamais je ne voudrais passer chacune des minutes de ma vie à travailler comme un chien comme il le fait en ce moment ; même pour construire une famille ? La question n’a jamais été autant d’actualité.

Progresser, ou se vendre ?

***

D’après Jessica, il y a une certaine compétition entre Ramdane et moi. Lui le business man et moi l’artiste « toujours à l’affut de sensations nouvelles ». Dans le hall du port qui nous conduit en Espagne je lui lance : « Tu sais Ramdane, tu travailles comme un fou, pour toi et ta famille, et c’est tout à ton honneur, et tu passes ton temps à dire que je ne fout rien, mais quand même… Imagines que je réussisse… Quelle vie j’aurais eu par rapport à toi ! Que du kiff. Les artistes peuvent gagner beaucoup d’argent aussi ! ». Je crois que je l’ai vu vaciller. « Lequel aura le mieux réussit dans 10 ans ? ». Dix ans de plus. J’aurais presque 50 ans ! Dix pour se faire connaître et dix pour vivre de son art dignement. Je ne crois pas aux réussites rapides en art. Pierre Huygues, Philippe Parreno, Matthew Barney, kamel Mennour, Emmanuel Perrotin… Tous ces noms qu’il cite à tout bout de champ, comme références économiques de l’art contemporain (et presque jamais pour leur travail), avec leurs assistants, leurs boite de prod, leurs budgets astronomiques, tout ce monde que je ne comprends pas.

Dans une interview Boltansky en parle bien mieux que moi :

« Tout ce que je peux dire c’est que ce (mon exposition au grand palais) sera en janvier, et sans chauffage. Et sans assistants, et je m’en flatte. Je n’en ai pas, ni de secrétaire. Si j’en avais, il faudrait les occuper – donc faire quelque chose – et les payer – donc vendre. Je suis un artiste vieux et traditionnel, pas le chef d’une petite entreprise comme j’en vois tant. Le danger des expositions genre Grand Palais, c’est justement de tomber entre les mains d’ingénieurs et de spécialistes qui veulent trop bien faire. Moi, j’essaye que ce soit le moins cher possible, un peu raté, pas un truc de boite de prod. Depuis quelques années, le modèle cinématographique a été décalqué sur les arts plastiques. C’est une erreur. Je veux que l’on voit le hasard et les ratages, et que l’émotion entre par cette porte. Je veux que dans les formes il y ait quelque chose d’improbable qui fasse passer l’émotion. Dans ma jeunesse, les gens les plus importants étaient les critiques – ceux qui savaient écrire du moins. Puis ce fut le tour des commissaires d’exposition. Aujourd’hui ce sont les puissances d’argent – c’est le signe d’un affaiblissement intellectuel. Moi qui ai une si haute idée de l’art, je trouve triste cet abaissement par la spéculation… Mais j’ai une telle confiance dans l’art que je pense qu’il s’en sortira. Il s’en sortira toujours. » (« Le Monde », samedi 29 août 2009)

La vantadise, le mensonge et l’exagération en public. L’éducation dans la réussite.

***

Et ce court voyage à Marbella avec Jessica pour aller voir une galerie. Ramdane et Victoire qui nous regardent partir en stop sans comprendre vraiment pourquoi on ne veut pas prendre le bus, à 8 euros le ticket… Et l’aventure alors ? Les rencontres ! Les hasards qu’il faut aussi provoquer.

Assis dans le canapé l’immense espace dédié à l’art chinois que vient d’ouvrir mon amie Maité, rapidement rencontrée en chine, nous nous mettons à discuter de la fidélité en amour et des trahisons qui parfois peuvent nous détruire. Maité me parle de bouddhisme, de souffrance à dépasser, d’expérience de vie, alors que je tente de lui expliquer le point de rupture qui existe chez chaque humain. Elle pense qu’on doit avoir le droit à l’infidélité, et que « c’est comme ça que l’on grandit, en apprenant de ses souffrances ». Je retiens l’envie de lui dire qu’elle ne sait rien, qu’elle n’a jamais vraiment vécu ces douleurs dont elle me parle, et tente de lui parler de ma mère qui, justement, un jour, a passé ce point de rupture. Rien a faire. « Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort ». Peut-être, mais quand je regarde mon propre parcours je sais que je ne supporterais sans doute pas une trahison de plus d’un proche. Passé un certain stade il ne s’agit plus de ce que l’on peut endurer, « pour être heureux », mais de notre tolérance à autrui qui se trouve mise en danger. Du risque ce se voir marginalisé à un tel point qu’aucun retour en arrière n’est plus possible. J’essaye encore une fois de retenir mes mots tandis que Jessica me regarde du coin de l’œil. Ma souffrance est immense. J’ai vu et vécu. Je sais.

Je tente une vague comparaison avec le vendeur d’armes qui sait le mal qu’il va faire, mais ne peut s’empêcher de continuer son business pour son enrichissement personnel, et dévie sur la notion d’état terroriste. Il en va de même lorsque l’on sait que des actions sont mauvaises et que l’on peut les éviter. Pourquoi blesser l’autre si l’on peut faire autrement ? Pourquoi désirer la femme du voisin, pourquoi trahir alors qu’on est dans une relation dans laquelle on s’épanouit ? Je ne prône pas ici la fidélité absolue, elle n’existe pas, mais le respect mutuel.

Nous ne nous comprenons absolument pas. Serait-il question ici d’égoïsme ?

Certains actes sont définitivement à éviter, il en va de l’évolution humaine. C’est mon avis en tout cas. Naïf, peut-être bien. Faire les choses dans l’ordre. Prendre le temps. Ne pas céder à ses instincts les plus bas, mais aussi être à l’écoute, vivre et partager… Ne rien s’interdire mais faire les choses « bien ». Tromper, d’accord, mais alors en connaissance de cause, et éviter la destruction absolue. Elle est souvent inutile. Ce soir, j’ai réussit à ne pas en dire trop. Les filles se sont bues trois bouteilles de vin et après le départ de Maité nous nous mettons à danser, nus, main dans la main, avec Jessica, dans la grande galerie déserte. Nous nous aimons et j’ai gagné un nouveau projet d’expo, mais surtout nous avons passé une très bonne soirée à discuter, partager un repas et des idées. Hourra, Hourra ! Demain nous mangerons des fritures dans un bar à Tapas et prendrons le bus pour filer à Tarifa, puis Tanger à nouveau. Je crois que j’ai chopé une insolation. La diarrhée encore.

***

Presque un mois que je suis à Tanger, maintenant installé dans la nouvelle maison de mon ami, encore plus grande que la précédente, toujours avec Jessica, toujours malades, malgré la piscine et la très bonne nourriture de leur cuisinière Rachida, la cousine de Ramdane. Je repense à Marbella, à tout cet art pour nouveau riche, au clinquant et au marketing, aux collectionneurs. Je crois que tout cela me dépasse.

Hier, Jessica est tombé de sa chaise africaine alors qu’elle était en train de lire Blaise Cendrars que j’adore, et que je n’arrive pas à lâcher le « No logo » de Naomi Klein. Blaise Cendrars avait beaucoup de mal avec les surréalistes et l’establishment de l’époque. Je le comprends. Je me suis par hasard installé « sur la chaise du roi », celle qui a une tête gravée dans le bois. Je regarde ma copine et me dit que la vie est merveilleuse. Que ce soit en Espagne comme en Afrique, tout dépend souvent de qui nous accompagne.

Entre les cris d’enfants et les devoirs des invités nous avons l’impression que notre emploi du temps nous échappe totalement, mais quel bonheur de voir une famille heureuse et réunie. Cela dit je me sens très mal de ne pas travailler alors que beaucoup pensent que l’artiste est en vacance toute sa vie. Je le suis, aucun doute là dessus, mais n’en est-il pas de même de tous ces gens qui font des boulots qui leur plaisent suffisamment pour occuper toute leur pensées et leur temps libre. Être en vacances n’est ce pas ne faire que ce que l’on a envie de faire au moment ou l’on veut le faire ? Bizarre perspective que la mienne… Mais alors, qu’est ce que je fais ici ?

Un homme nous invite faire une ballade en voilier. Nombreux vomissements sur une mer à peine agitée et pêche aux oursins. Nous ancrerons le bateau dans la magnifique baie de Tanger en plein Ramadan et devons supporter les terribles remarques de nos hôtes qui se moquent de la pauvreté des arabes et mangent face à eux. Une artiste à côté de moi se plaint que certains de ses spectateurs trouvent son art trop engagé. L’enfer. Je n’avais jamais mangé d’oursins, ni fait du voilier. Certaines personnes ont le chic pour tout gâcher. Ce sera quand même un autre bon souvenir allongé avec Jessica à prendre le soleil sur le pont, en attendant que le temps passe.

***

Jessica rentrera à Paris une semaine avant moi pour aller travailler, dans une grande lettre je lui fait part de mes doutes et de ma vision de la vie. Je suis amoureux d’une façon assez différente de mon habitude. Envie de faire ma vie avec cette femme après bientôt cinq mois passés ensemble (mais ne l’ais-je pas su dès les premiers jours ?). Elle est exceptionnelle. Voici une partie de la lettre que je lui envoie :

« Parfois j’aimerais travailler sur autre chose que sur moi-même, mais c’est presque impossible, depuis que ma mère m’a appris à lire sur des textes qu’elle écrivait à la première personne en mon nom. C’est d’autant plus bizarre que, quand je pense à ma vie, je réalise que presque toutes mes décisions ont été des décisions de peintre ; mais qui se soucie encore de la peinture aujourd’hui ?

Hier soir, avant de dormir, j’ai lu au hasard quelques pages au sein de mes 3278 pages de texte. Sur dix, à peine deux étaient passables, une presque bonne. Je crois que tout cet archivage du quotidien, « sans correction » est une tentative de réponse à la télé réalité, à l’élitisme et « au professionnalisme du rien » comme je l’appelle. Par hasard donc, je suis tombé sur ce petit schéma qui disait à peu près : « Vérité = Se connaître empiriquement avant d’aller vers les autres. Sincérité = Croire que l’on se connaît alors qu’en fait on ne sait rien, et afficher de fausses vérité que l’on n’a pas encore vécues ». Le danger d’une telle posture est monstrueux, mais est-on responsable ? Après « la trahison » d’A., je cherchais un moyen de croire encore en l’homme et je refusais d’admettre que certains d’entre nous puissent être mauvais. Se connaître est la base de tout.

Quand j’ai « choisi » d’être artiste, j’ai réalisé que le vécu était au moins aussi important que l’œuvre car il est son véhicule, ou plutôt le contraire. Que dans l’œuvre on cherchait toujours l’artiste, de même que l’artiste ne s’exprime jamais mieux que dans son œuvre. J’ai écris ce qui allait être la base de l’art posthume : « Si l’on doit un jour être connu pour et par son œuvre, cela sous-entend qu’on lira forcément cette dernière à la lumière de notre vie, et donc l’application d’une éthique stricte dans l’une comme dans l’autre ». Et cette phrase est devenue la base de mon travail. C’est sans doute le moment ou j’ai dérapé.

Mais je pense quand même que la réponse actuelle au monde est l’individualisme ensemble. Se connaître soi avant d’aller vers les autres. “Donner forme à l’espace qui nous sépare”. La notion de bien et de mal. La religion. Dans les jeux vidéo où l’on construit des civilisations et où l’on se prend pour dieu, la religion est la première étape. Elle indique clairement le bien et le mal et passé un certain stade « tout le monde sait ». C’est le stade ou la religion se doit normalement d’être dépassée et ne l’a jamais été, ou bien malhabilement. Appliquer ce que l’on sait. Mais comment avoir une conscience empirique de quelque chose que l’on n’a pas vécu ? La ressentir au plus profond de soi, comme ce jour ou j’ai rencontré ce vendeur d’armes. Lui disait le faire « pour protéger son pays ». Je me suis rarement senti aussi mal. Mais comment l’exprimer, comment parler. La vérité et la sincérité, l’individualisme ensemble, dieu, et l’art. Comment partager ? Ces milliers de pages.

Souvent j’aimerais ne pas être tant centré sur moi même et j’ai un peu honte quand j’essaye à tout pris de partager mon vécu par un biais ou un autre… Mais en même temps j’ai tellement besoin du regard de l’autre. Le manque d’amour de mon adolescence et le trop plein de mon enfance. Mes contradictions insolubles…

Comment parler lorsque se prendre pour exemple semble la seule chose possible. Comment parler de ce que l’on ne connaît pas et je me connais bien. J’aimerais m’échapper, échapper parfois à ma pratique, mais c’est ainsi que je me suis construit et ce qui m’a « sauvé ».

Hier, en me parlant de X, une amie me disait qu’il n’était pas fiable, « comme tous les gens qui ont eu un vécu difficile : soi d’abord », mais qu’il était très sympathique. Je refuse de n’être pas fiable à cause de mon vécu. Le vécu n’est jamais une excuse, tout au plus une explication, et la malhonnêteté est souvent une affaire de mauvaise éducation. Blâmer la religion et la rejeter en masse alors que l’on n’est pas encore prêt. Comment peut-on vendre des armes ? Laisser Maryse mourir dans sa merde sous prétexte que j’avais « autre chose à faire ». Des expos ? Je n’avais pas réalisé à quel point son retour dans ma vie avait brisé le mouvement. Mais j’ai fait ce que j’avais à faire, en toute conscience. Mon beau-père m’avait dit de l’abandonner à son sort. C’était tout bonnement impossible. De même que je m’interdis aujourd’hui de reparler aux gens qui m’ont fait du mal par égoïsme, et surtout alors qu’ils pouvaient l’éviter et par rapport à ce qu’il y avait dans la balance, une amitié, des idéaux soi-disant partagés, l’art posthume. Tout cela foulé aux pieds.

L’individualisme n’est pas l’égoïsme, ni le bonheur une excuse à tout, c’est juste que tout commence et finit par et avec l’individu. Les films aujourd’hui sont presque la nouvelle religion, ce sont eux qui véhiculent la morale et l’enseignement de notre siècle, et sans doute la raison pour laquelle ils me fascinent tant.

Dans le deuxième film que j’ai regardé hier soir, j’ai noté la phrase suivante : « Toute ma vie j’ai cru que dans la vie ce qui était important c’était d’agir, d’être courageux, mais la seule chose qui demande du courage, c’est de faire face à ses responsabilités ». Je suis artiste, je n’ai rien à vendre sauf ma naïveté et ma ringardise (C’est finalement une bonne analyse). Je crois être un grand artiste, ce que seul le temps dira. Mon marasme et mes décisions. Croire en un toujours est de plus en plus difficile pour moi, mais je pense que c’est important.

Maryse, ma mère, un jour a « cassé », elle n’a pas choisi d’arrêter de se battre, pour la liberté, pour l’intelligence, et la « tolérance mutuelle » (une citation de Gandhi retrouvée sur un papier dans son passeport après sa mort), mais subit le contrecoup de ses choix. Refuser de se laisser piétiner par des amis et ne pas leur pardonner ou plutôt les sortir de ma vie (de quel droit s’ériger en juge ?) est ma décision ; et pourtant je suis ami avec quelques personnages troubles. Je ne crois pas en la morale, mais profondément en l’éthique. X a une éthique qui lui est propre, il a fait de la prison, a volé, sans doute trahi, mais je ne pense pas qu’il l’ai jamais fait en désaccord avec lui-même. Et il faut pour cela se connaître. C’est définitivement la base de tout. Pas de pathos, juste la vie.

Discuter des heures sans pour autant parler de soi et se prendre pour exemple, parce qu’il est soi-disant impossible de ne pas faire autrement lorsque l’on cherche « la vérité ». Refuser la sincérité et pourtant s’intéresser à l’autre et au monde que l’on ne connaîtra jamais vraiment empiriquement, ou par fragments. Comment faire, comment faire, comment faire ? Croire en l’individu et aux “informations” aveuglément ou avec parcimonie. “Tout ou rien”. Trouver l’”entre”. Alors j’écris à ce rythme soutenu, sans cesse. Je crée. J’essaye de donner forme et que ce que je suis puisse servir à d’autres. Il y a tellement que nous pouvons encore découvrir l’un de l’autre, l’un avec l’autre. »

A Tanger, le 5 septembre 2009.