Consumérisme II
« Envie de rien ne veut pas dire que l’on n’ai pas envie de tout,
de vivre tout je veux dire »
C’est fou ces phrases qui restent bloquées dans nos têtes… Dans quelques jours je vais m’enfermer dans un cube, chez Citadium, puis chez moi, sans technologie, caché aux yeux du monde mais quand même accessible de mes quelques proches. Autour de moi, les gens commencent à parler de ma performance : « - Mais pourquoi tu fais ça ? » « - Pourquoi tu veux te faire souffrir encore ». Comment répondre autre chose que « je ne sais pas », ou « à vous de deviner ». Une chose est sûre, je ne fais pas ça pour me punir moi même de ce que je ne comprends pas, mais plutôt pour mettre en abîme un fonctionnement de notre société qui me paraît abscons. Si plus rien n’a de sens alors comment donner du sens à ma dernière pitrerie en date ?
L’autre jour ma copine me dit : « - Je pense souvent au suicide », moi aussi… Pourquoi ? « - à cause du poids de la vie parfois, je suis heureuse, très heureuse même, tout va bien, mais les choses me pèsent ». Quelles choses ? « - La rapidité, le manque de profondeur, ce qui se répète ». Je me souviens vaguement de l’effet qu’avait eu sur moi le mythe de Sisyphe de Camus, que j’ai pourtant lu très tard, autour de mes 24 ans. Et Siddhârta aussi. Être éveillé, comprendre. Tout m’échappe aujourd’hui. Et ces phrases qui tournent dans ma tête. La morale du cinéma américain comme nouvelle bible et religion. Que nous offre le monde aujourd’hui à part des points vers et des points rouges sur une carte encore partiellement rongée par la guerre, la famine, la course au succès et à la richesse, au détriment de qui et de quelles valeurs ? Me cacher dans un grand magasin non loin d’un tableau où j’aurais écrit le mot « CONSUMERISME » sur une grande peinture. Qu’ajouter de plus ? Acheter pour se sentir bien, et quand on se sent bien ressentir pourtant ce poids : quelque chose ne va pas, mais quoi ?
« Envie de rien ne veut pas dire que l’on n’ai pas envie de tout,
de vivre tout je veux dire »
Enfermé dans une boite dans un temple de la consommation. Bien sûr que j’y pense, tous les jours. Incapable de rien faire sauf penser à cette performance. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et puis, le soir, dans un autre cube, j’essayerai d’écrire des embryons de réponse, des réponses d’artiste, des réponses introspectives qui pourtant éclairent le monde… Mon monde, et aussi le vôtre.
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