Homo(i)ousios


Peinture réalisée pour l’exposition

Childhood d’Aleksi Cavaillez

Artcap 75 rue Charlot 75003 Paris

du 28 mai au 8 juin 2010

avec Sylvain Harivel et Daniele Tedeschi

Homo(i)ousios.

Depuis quelques années je récupère des toiles que je « customise » en y apposant, le plus généralement, des phrases de chansons, de livres, ou de films américains grand public. Ces toiles sont récupérées dans des marchés aux puces ou des brocantes au quatre coins du monde, Chine, Pays Baltes, Ukraine, Amérique, France… Avec une préférence pour les personnages politiques : Mao, Lénine, Marx, Hitler, Jesus par exemple. Il s’agit souvent de toiles de propagande ayant été peintes d’après une photo originale, et recopiés en série, non signées, mais il peut aussi s’agir de toiles de maîtres oubliés, laissées à l’abandon, dans des états lamentables. J’adore les toiles qui témoignent d’un vécu, et, dans la plupart des cas le détournement m’intéresse autant que ce que la toile exprime par sa facture.

Pour Homo(I)ousios, la toile a été achetée dans une brocante parisienne et négociée à un prix relativement bas à cause de son mauvais état général. D’après ce que m’a dit le vendeur la toile aurait été peinte par un certain Galyan, en Ukraine, dans le début des années 70, et recopiée en série dans des écoles d’art pour être diffusée à plus large échelle par des étudiants qui rendaient ainsi un hommage obligatoire à l’état, notamment en taisant leur nom. C’est moi qui ais rajouté le nom du peintre originel sur la toile en plus de ma signature.

La phrase « How many Losers ask for forgiveness » est issue du film « Life during wartime » de Todd Solondz (2008), dont l’idée principale repose sur la notion de pardon et d’oubli (Forget and not Forgive). L’usure que j’impose aux textes que j’ajoute à la main sur ces toiles fait quand à elle référence à ce que j’appelle le « graffiti historique », celui que l’on peut voir sur les murs des différentes villes du monde et qui a subit l’usure du temps, et le passage de différent censeurs, ceux qui luttent contre la détérioration des biens et imposent le copyright (terme américain assez éloigné du droit Français) dans un pays ou la liberté d’expression est de plus en plus sujette à une mauvaise interprétation des droits d’auteur….

Le terme Homoousios signifie consubstancialité et, quand à lui, parle de la querelle d’Arius au temps du premier concile œcuménique de Nicée. Le christ était-il de même essence, ou d’une essence semblable (Homoiousios) à celle de Dieu ? Engendré et non crée, ou tout simplement fils de ? Que ce serait-il passé dans notre système de valeurs judéo-chrétienne si nous avions admis la potentialité du Christ a avoir été juste un homme ? Et quelle est cette histoire de double nature ?

Artus de Lavilléon, pour Alexis Cavaillez et Artcap, mars 2010.