La chambre II, un texte, et deux clips

La Chambre, II

Banalités curieuses

Du 24 septembre au 15 octobre 2011

Immanence

21 avenue du Maine, 75015 Paris

Vernissage le vendredi 23 à 18h30

Nuit Blanche le samedi 1er octobre de 14h à 22h

Une proposition duCygne

Avec : Michel de Broin, Cocoon (Quentin Demarthe), Quentin Crestinu, Cecile Desvignes, Florimon Dupont, Mathieu Mercier, Cécile Meynier, Pierre Paulin, Mengzhi Zheng.

Après avoir vécu 10 ans dans une chambre de 15m2, je démonte la chambre et l’installe dans une galerie en prévoyant la vendre en tant qu’œuvre dans ses murs mêmes, quand le temps sera venu.

En attendant « La chambre » est stockée dans des cartons numérotés dont je refuse de divulguer le contenu exact.

J’ouvre néanmoins par la suite les boites des deux années qui ont suivi cette installation, et qui fonctionnent sur le même principe d’archivage systématique du quotidien, pour donner un aperçu des « papiers importants divers et variés », qui en sont l’un des objets.

Puis, cet été, je scanne les photos prises dans cet espace, du temps où je l’habitais, pour témoigner de son vécu, et de ce que j’appelle « l’art posthume ».

« Si l’art c’est la vie alors c’est forcément notre vie, à nulle autre pareille » car « si l’on doit un jour être connu pour et par son œuvre, cela sous-entend qu’on lira forcément cette dernière à la lumière de notre vie, et donc l’application d’une éthique stricte dans l’une comme dans l’autre ».

La vie élevée par l’art et non le contraire, car c’est aussi « vivant que nous sommes et vivant que nous voulons êtres aimés ».

La vie d’abord, et l’art ensuite, si vous préférez, mais la vie magnifiée par la décision que nous avons prise « d’être artiste », pour les autres autant que pour nous même. La question du partage et du destin donc, du libre arbitre et du choix. Et surtout du hasard et des rencontres.

Cette exposition apporte selon moi beaucoup de réponses à mon travail. Et c’est pourquoi je vous y convie avec plaisir.

Beaucoup d’amis sont passés par la chambre, beaucoup se reconnaîtront dans les photos que j’y ai prises.

Puissiez-vous y prendre autant de plaisir que moi.

Une petite édition des photos sera tirée à l’occasion de cette exposition de groupe organisée par duCygne.

Merci à eux.


PRÊT À TOUT

Undergroudisme et Archivage désœuvré

(en français dans le texte)

J’ai toujours pensé que mon travail portait sur le destin (est-on prédestiné, as-t-on le choix, aurait-on pu faire d’autres choix que ceux que l’on fait compte tenu de son éducation, de ses expériences, peut-on décider un jour que l’on sera connu pour une pratique ou une autre). Et par extension sur le rapport de l’homme avec dieu. Ce qui est étonnant lorsqu’on on connaît mon rapport avec l’art contemporain, et mon parcours. De l’archivage du quotidien à l’art posthume, en passant par le témoignage de vécu (qui sont mes trois grands thèmes). Les grands dessins qui ont fait ma reconnaissance malgré le fait qu’ils représentent mal mes aspirations - surtout si l’on ignore que ce qui m’intéresse le plus ce sont les mots (la voix de l’autre), les détournements (et autres appropriations), les histoires (liés à l’Histoire), et les ratés (l’humanité dans ses faiblesses). Non pas l’évidence que s’approprient les grands artistes (leur marque de fabrique), ni l’immédiateté (du succès), ni les trucs (« l’esthétique relationnelle). Alors on comprend mieux le besoin de temps qui a toujours été le mien. Construire une œuvre comme on construit une vie, pas comme on va au bureau, « une attachée caisse dans le cerveau ».

Les artistes sont des gens formidables, paraît-il, prêt à tout, à échanger, « toujours à l’affut de sensations nouvelles (Moebius) » etc. Ah ? Ah oui, ais-je envie de répondre. Quels artistes ? Ceux qui pètent la dalle ou les autres. Ceux que dans mon optimisme j’estime avoir eu plus de chance (car je veux croire à l’honnêteté des artistes, de tous les artistes). Un livre de chevet m’indique : « Il faut se battre ». Je me suis battu et je suis en train de gagner. Quoi ? Plus de reconnaissance ? De l’argent ? Le droit de dire enfin leurs quatre vérités à tous ces cons qui m’entourent, après m’être tu pendant des années ?

J’ai toujours pensé que mon travail portait sur le destin, sur le rapport de l’homme avec dieu. Je vous conseille de relire cette phrase et me dire ce que vous en pensez à une époque où la quête de reconnaissance (et sa mise en œuvre par celui qui l’a décidé) n’a jamais été aussi forte. Je ne propose pas les 15mn de gloire, ni de voir l’art par le biais d’un urinoir, mais par le biais de la vie qui est aussi simplicité (des idées), bonheur (de l’échange), et engagement (dans son faire), partage donc. Le rapport de l’homme avec dieu c’est avant tout le rapport qu’entretient l’homme avec lui-même, au sein des autres hommes. « Une vie entièrement dédiée à l’autre », dans ces conditions, et dans ces seules conditions, est possible. D’abord se connaître soi, ensuite aller vers l’autre, la vérité opposée à la sincérité (Malevitch).

Le présent du futur (Saint Augustin) ou le futur scénarisable (Eric Sadin) opposée à l’immédiateté du rien et au passé modifiable (de Google).

Bien sûr que ma position est une position politique. Elle l’a toujours été. Je n’ai toujours pas facebook et suis toujours contre le filtrage.

À force de tout vouloir contrôler, prévoir et sécuriser, on supprime les surprises, la rencontre avec soi-même ou avec l’autre au hasard d’une œuvre (pas d’une « pièce ») ou d’un coin de rue, où, pourtant, « on » (nos assistants personnels robotisés et autres téléphones mobiles) nous a déconseillé d’aller. Présumés coupables avant même d’avoir commis l’attentat qui vous aurait soi-disant rendu célèbre (Philip K.Dick teinté de Dantec).

Et si cette célébrité là ne nous avait jamais intéressée ? Et si notre champ d’action était surtout « ailleurs ». Prêt à tout mais pas à n’importe quoi.

Dans l’undergroundisme de l’échange désœuvré se cache aussi une vérité « alternative ». Les erreurs sont faites pour être commises (« Make mistake », Aleksis Cavaillez). Commettons-les ! (en français dans le texte).

L’art posthume vivra !

Artus de Lavilléon, le 22 septembre 2011.

Une autre exposition est en cours, voir page suivante.

Ah… Et puis… (cliquer pour voir les vidéos):

Avant garde Diaries Vidéo

Merci à Julien et Katharina

Clip Sayem/Artus/Banas

(en page d’accueil de Dailymotion !)

Merci à Sayem, Gregory Banas, et à toute l’équipe.

Artus