L’épicerie…

Artus de Lavilléon, Ramdane Touhami & Yorgo Tloupas

Vous invitent

L’épicerie, « FERMÉ POUR CAUSE DE FERMETURE »

Retour sur un lieu mythique

Vernissage vendredi 19 octobre de 18h à 21h

Exposition du 19 au 22 octobre

OFR, 20 rue Dupetit Thouars, 75003 Paris

Couscous général !

After Party Le Pompon de 23h à 2h

Écrire un texte sur l’épicerie presque 15 ans plus tard est presque impossible. Si l’on en parle en tant que performance artistique, c’était une grande réussite, l’avant-gardisme des expositions, la ballade en tank dans le marais, le défilé, le magasin presque toujours en rupture de stock, parfois fermé, les fêtes… Par contre c’était un business foireux, on parlait de « la nouvelle factory » (Le monde), de « la boutique la plus hype d’Europe » (L’officiel), de « la boutique des JBB (jeunes branleurs branchés) » (Le nouvel obs), et nous nous prenions pour « Le futur Tapie, le prochain Warhol, le nouveau Dior » (L’express). De façon moins mégalo on disait aussi que l’épicerie « Pick up where Colette Leaves off » (Vogue), mais à dire vrai nous n’avions aucune idée de ce que nous faisions… Enfin, pas vraiment. Nous étions libres et un peu fou et surtout « tout le monde était le bienvenu » « surtout si vous êtes bien gaulée » (Perso), sauf les gens qui se la pétaient, c’est à dire beaucoup de personnes de la mode, le milieu dans lequel nous officions. On nous adorait, ou on nous détestait : c’était selon (et ça n’a pas beaucoup changé). Certains diront plus tard que c’est là qu’a vraiment commencé le phénomène branché à Paris et que nous avons été parmi les inventeurs du phénomène de Buzz. Collages d’affiches à l’arrache, fausses ouvertures (par manque de moyens), fermeture surprises, ballades en tank illégales dans le marais… Merde, je l’ai déjà dit. Bref, c’était ça l’épicerie. « Un concentré de réalité qui a fait chier son monde à l’époque et que l’on cace-dédi à Warhol et ses potes », comme l’écrivait mon ami dans un texte bourré de fautes d’orthographes qu’il n’assume plus aujourd’hui et qui devait faire l’intro du livre rétrospectif que nous voulions publier juste après la fermeture du magasin, 10 mois seulement après son ouverture. « Fermé pour cause de fermeture » aurait put en être le titre. Seulement voilà, toutes les photos que j’avais prises étaient floues, mal éclairées, et portaient bien plus sur l’intime que sur l’aventure médiatique et humaine que nous venions de vivre. Déjà j’étais contre l’esthétique dominante d’une société basé sur le filtrage et l’élitisme de ceux qui savent. C’était d’ailleurs peut-être ça le cœur de l’épicerie, et le désir de réussite de mon camarade. Notre parfait équilibre de l’époque et ce qui as construit notre amitié indéfectible. Aujourd’hui Ramdane sort un livre qui décrit son parcours de l’après épicerie. Nous étions tous les deux issus de la culture skate, qui, d’une certaine manière a marqué nos vies. J’ai continué à faire l’artiste avec autant de plaisir. Cette histoire est notre histoire, et ces photos un témoignage de cette période que peut-être, vous avez vécue avec nous. Elles vous sont dédiées. « And if you don’t like it you can fuck off » (ID). « ON ASSUME ». Artus de Lavilléon, Paris, le 16 octobre 2012.