Quelques notes

Notes et textes écrits sur mon téléphone portable

28_08_2013

“Il y a plusieurs formes d’archives. Bien sur chaque archive raconte sa propre histoire. Pourquoi avoir choisi cette forme plutôt qu’une autre et surtout quelle valeur/sens donner à tel ou tel classement ?”

Des mois sans rien publier sur mon blog, et pourtant, j’ai continué d’écrire. Moins souvent que d’habitude mais à un rythme toujours imposé par le désir de partager mon vécu lorsque celui-ci me paraissait intéressant. Je trouve de plus en plus que la surmédiatisation (et la volonté de reconnaissance à tout prix) obscène, et pourtant, elle est un moyen, si ce n’est le seul moyen, de diffuser son oeuvre à un large niveau aujourd’hui. Le problème, c’est que (sans doute encore plus depuis que je suis devenu père) je veux de moins en moins être connu. Vouloir partager son propre vécu parce que lui seul nous paraît fiable et “vrai”, n’a rien a voir avec le fait d’accepter que cette exposition soit devenue l’un des incontournables moyens de la reconnaissance d’une oeuvre. Mais l’est-il vraiment ? Voilà près de 2 ans que je travaille sur l’archivage strict de mon quotidien sous forme de petits livres sans rien montrer sauf quelques bribes ici et là, et j’ai, depuis peu de temps fait la paix avec la reconnaissance qui entoure aujourd’hui mes dessins, en ce sens que j’ai réalisé que ceux-ci, s’il nuisaient peut-être a mon oeuvre en ne la limitant qu’à eux ne nuisaient absolument pas à ma vie - puisqu’ils m’apportent à la fois confort et me permettent de produire à un rythme qui est le mien un art préalablement nommé posthume sans dépendre d’aucun “système”.

Récemment, l’artiste JR que je connais d’une autre époque m’a conseillé de partager via instagram ou tout autre moyen que je jugerais utile l’évolution de mon travail car la première chose que font les collectionneurs, galeristes, et autres “professionnels de l’art” aujourd’hui avant d’accepter un rendez-vous, c’est de regarder sur internet a qui ils ont à faire en temps réel, ce qui fait que les sites ne servent plus a grand chose “et on ne sait plus du tout ce que tu fais Artus”. A part mes dessins bien sur, puisque sans dèmarcher ni avoir de site a jour on continue régulièrement de me téléphoner pour me proposer du travail. Je trouve d’ailleurs intéressant que les sites, qui souvent représentent un travail de fond, soient remplacés par les réseau sociaux et, bref, du consommables - admettons-le, probablement destiné a rester. Ces contradictions-là.

Alors que faire.

Jessica, mon amie, m’a dit l’autre jour : mais de toute façon Artus, avec ton art posthume rien ne te force à aller vite. Je ne comprends pas toute cette pression que tu te mets”. Cette réflexion a immédiatement tout changé et aussi expliqué pourquoi j’avais crée l’art posthume. Me sortir de cette course au succès pour me concentrer sur ce qui m’a toujours paru primordial : construire une oeuvre. Bien sur comme tout artiste, et je suis totalement d’accord avec JR sur ce point, j’ai besoin de partager. Mais pas à n’importe quel prix. Le projet sur lequel je travaille aujourd’hui prend du temps, énormément de temps et d’énergie. A un moment ou nous croulons sous les photos et tout ce que le numérique permet d’archiver, certains mettent en place des moteurs de recherche et d’indexation sémantique - et intrinsèquement permettent a des robots de décider ce qui est important dans leurs vie ou ne l’est pas (ce dont je parle est en cours - voir Gordon Bel Total Recall), on veut aussi nous faire croire que ce qui n’arrive pas en temps réel n’arrivera jamais et que seul ce qui est “vendeur” et bien dans le champ contemporain peut marcher. Mes croyances se trouvent a l’extrême opposé quoique je pense qu’un bon artiste est forcément de son temps car il travaille avec ses évidences. Des films musicaux comme Sugar Men ou Dig nous montrent que même dans la musique le décalage dans le temps, pour ne pas dire LE RECUL peut faire son oeuvre. Vivre l’art posthume pour ne pas se faire parasiter et tout simplement être heureux. La peur de se confronter ? Absolument pas. Peut-être tout simplement la certitude de la reconnaissance future, inexplicable et belle comme le sont les regrets, le doute, les erreurs et les remise en questions, seules preuves tangibles, finalement, de notre humanité.

02_09_13

Quelqu’un ma dit un jour que les photos numériques n’existaient pas tant quelles n’étaient pas imprimées

06_09_2013

Impossible de dormir. Je me tourne et me tourne et me reretourne. Je reviens du vernissage de mon ami artiste JR. Ana, mon fils, dort dans la chambre d’à coté.

10_09_2013

“Ça c’est la leçon du Rock N’ Roll : on fait avec ce qu’on a, même quand on a rien du tout”

11_09_2013

Beaucoup de magazines parlent de l’art contemporain comme d’une supercherie, une bulle financière. Plus je lis ou regarde des émissions consacrées à ce sujet (elles sont de plus en plus nombreuses), plus je pense que l’art posthume qui seul permet le recul apporte une réponse, voir même une solution au “problème” que pose l’art contemporain, qui “juge condamne ratisse” en temps bien trop réel. Ici je ne parle pas forcément du manifeste mais de ce que le mot même de posthume évoque dans l’esprit des gens.

12_09_2013

Si mon travail d’artiste consiste à m’ajouter du vécu, pourquoi alors ne pas vendre ce vécu sous la forme d’un archivage du quotidien partagé ?