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	<title>Artus de Lavilléon</title>
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	<description>En art, comme dans lavie, on a besoin de vérité...</description>
	<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 20:25:43 +0000</pubDate>
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		<title>Homo(i)ousios</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 09:17:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[


Peinture réalisée pour l&#8217;exposition
Childhood d&#8217;Aleksi Cavaillez
Artcap 75 rue Charlot 75003 Paris
du 28 mai au 8 juin 2010
avec Sylvain Harivel et Daniele Tedeschi


Homo(i)ousios.
Depuis quelques années je récupère des toiles que je « customise » en y apposant, le plus généralement, des phrases de chansons, de livres, ou de films américains grand public. Ces toiles sont récupérées dans des marchés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a style="text-decoration: none;" href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-par-le-joker1.jpg"><br />
<img class="size-full wp-image-376 aligncenter" title="artus-par-le-joker1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-par-le-joker1.jpg" alt="" width="500" height="666" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">Peinture réalisée pour l&#8217;exposition</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Childhood</strong> d&#8217;Aleksi Cavaillez</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Artcap 75 rue Charlot 75003 Paris</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">du 28 mai au 8 juin 2010</span></p>
<p style="text-align: center;">avec Sylvain Harivel et Daniele Tedeschi</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p class="ecxMsoNormal" style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Homo(i)ousios.</span></span></strong></p>
<p class="ecxMsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Depuis quelques années je récupère des toiles que je « customise » en y apposant, le plus généralement, des phrases de chansons, de livres, ou de films américains grand public. Ces toiles sont récupérées dans des marchés aux puces ou des brocantes au quatre coins du monde, Chine, Pays Baltes, Ukraine, Amérique, France… Avec une préférence pour les personnages politiques : Mao, Lénine, Marx, Hitler, Jesus par exemple. Il s’agit souvent de toiles de propagande ayant été peintes d’après une photo originale, et recopiés en série, non signées, mais il peut aussi s’agir de toiles de maîtres oubliés, laissées à l’abandon, dans des états lamentables. J’adore les toiles qui témoignent d’un vécu, et, dans la plupart des cas le détournement m’intéresse autant que ce que la toile exprime par sa facture.</span></p>
<p class="ecxMsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Pour Homo(I)ousios, la toile a été achetée dans une brocante parisienne et négociée à un prix relativement bas à cause de son mauvais état général. D’après ce que m’a dit le vendeur la toile aurait été peinte par un certain Galyan, en Ukraine, dans le début des années 70, et recopiée en série dans des écoles d’art pour être diffusée à plus large échelle par des étudiants qui rendaient ainsi un hommage obligatoire à l’état, notamment en taisant leur nom. C’est moi qui ais rajouté le nom du peintre originel sur la toile en plus de ma signature.</span></p>
<p class="ecxMsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">La phrase « How many Losers ask for forgiveness » est issue du film « Life during wartime » de Todd Solondz (2008), dont l’idée principale repose sur la notion de pardon et d’oubli (Forget and not Forgive). L’usure que j’impose aux textes que j’ajoute à la main sur ces toiles fait quand à elle référence à ce que j’appelle le « graffiti historique », celui que l’on peut voir sur les murs des différentes villes du monde et qui a subit l’usure du temps, et le passage de différent censeurs, ceux qui luttent contre la détérioration des biens et imposent le copyright (terme américain assez éloigné du droit Français) dans un pays ou la liberté d’expression est de plus en plus sujette à une mauvaise interprétation des droits d’auteur….</span></p>
<p class="ecxMsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Le terme Homoousios signifie consubstancialité et, quand à lui, parle de la querelle d’Arius au temps du premier concile œcuménique de Nicée. Le christ était-il de même essence, ou d’une essence semblable (Homoiousios) à celle de Dieu ? Engendré et non crée, ou tout simplement fils de ? Que ce serait-il passé dans notre système de valeurs judéo-chrétienne si nous avions admis la potentialité du Christ a avoir été juste un homme ? Et quelle est cette histoire de double nature ?</span></p>
<p class="ecxMsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Artus de Lavilléon, pour Alexis Cavaillez et<span> </span>Artcap, mars 2010.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Monthou-sur-Cher</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 11:33:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Dimanche 28 mars 2010. 
Je suis assis dans un café de Pigalle tandis qu’une bruine légère tombe sur Paris. Sur mon ordinateur le nouvel album des Brian Jonestown Massacre passe en boucle depuis plusieurs jours. Je me sens bien. Une expo amenant une autre expo puis encore une autre expo, je ne suis plus trop [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/ben-a-lyon.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-371" title="ben-a-lyon" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/ben-a-lyon.jpg" alt="" width="500" height="386" /></a></p>
<p><!--StartFragment--></p>
<p class="Style1"><strong><span style="color: #ff0000;">Dimanche 28 mars 2010. </span></strong></p>
<p class="Style1"><span>Je suis assis dans un café de Pigalle tandis qu’une bruine légère tombe sur Paris. Sur mon ordinateur le nouvel album des Brian Jonestown Massacre passe en boucle depuis plusieurs jours. Je me sens bien. Une expo amenant une autre expo puis encore une autre expo, je ne suis plus trop inquiet pour ma « carrière artistique », même si je ne cesse de me questionner sur le sens que je veux donner aux choses, à ma vie, à ce que je vois, lit et écoute. </span></p>
<p class="Style1"><span>L’autre soir, à mon vernissage pour la sortie du livre sur mon voyage en chine de 2007, le public s’est extasié devant une petite installation de polaroïds et quelques dessins noirs et blancs qui n’exprimaient (selon moi) pas grand chose d’autre qu’une maitrise photographique et graphique – ce qui est déjà bien – alors que je continue de me battre pour trouver un endroit ou montrer « consumérisme », et les images d’une performance autrement plus politique et engagée. Signe des temps, il semblerait que personne ne veuille prendre ce risque. Alors on me dit que je crache dans la soupe, que je ne suis jamais satisfait, que je devrais cesser de me plaindre. J’ai la réputation, paraît-il, de m’embrouiller souvent, d’avoir amis et ennemis, bref, d’être quelqu’un d’entier même si on me décrirait plus volontiers comme un « chelou », ou un « relou » parfois. Je ne comprend décidément pas ce monde ou trop bien.</span></p>
<p class="Style1"><span>Hier, dans une librairie de livres d’occasion je suis tombé sur <em>Ou bien ou bien</em>, de Kierkegaard. Voici un extrait :</span></p>
<p class="Style1"><span><em>« Laissons les autres gémir sur la méchanceté de l’époque. Moi, je me plains de sa mesquinerie ; car elle est sans passion. Les pensées des hommes sont minces comme des dentelles, et eux-mêmes pitoyables comme des dentellières. Les pensées de leur cœur trop pauvres pour être coupables. Si un ver de terre nourrissait de telles pensées on pourrait peut-être considérer cela comme un péché, mais non lorsqu’il s’agit d’un homme crée à l’image de dieu. Leurs désirs sont mesurés, indolents, leurs passions somnolentes ; ces âmes mercenaires accomplissent leur devoir mais se permettent néanmoins (…) de rogner quelque peu la monnaie. »</em></span></p>
<p class="Style1"><span>Après <em>Artistes sans œuvres</em> de Jouannais je m’imagine peut-être lire ce livre jusqu’au bout, alors que j&#8217;ai de plus en plus de mal a finir les livres que je commence. Pour en revenir à mon exposition, j’ai pour une fois décidé d’envoyer des mails et des sms à la plupart de mes contacts, chose que je ne fais plus jamais, et j’ai eu la surprise de voir des amis que je n’avais pas vu depuis longtemps se joindre à la longue liste d’invités. Mes potes skateurs, anciens mannequins, photographes, amis d’enfance, famille, journalistes, businessmen, avocats, créateurs en tout genre, ce qui a crée un très joli événement comme on en vit rarement. Le livre a beaucoup plu, de même que les polaroïds encadrés et la peinture ramenée de Chine ; les éditeurs et le galeriste, tous très sympathiques, semblaient ravis, et trouver du sens à tout cela. J’ai même vendu plusieurs œuvres, et notamment l’édition originale imprimée d’un petit livre que j’avais écrit en Chine. Le texte qui introduit l’expo, ou je gémis « sur la mesquinerie sans passion de l’époque », a été beaucoup lu et apprécié.</span></p>
<p class="Style1"><span> Qu’attendent mes spectateurs ? De passer un bon moment, de voir des jolies œuvres, ou de vivre à travers moi un sens et un engagement qui n’est souvent pas le leur. J’ai de plus en plus l’impression que quelque chose est en train de changer en moi, la certitude que jamais je ne changerais se fait de plus en plus nette. Contradiction ? Non. Il faut aller plus loin, plus fort, ne rien renier et continuer de dire, d’écrire, et d’utiliser tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ce dont je me crois capable.</span></p>
<p class="Style1">Un ami américain est là pour quelques jours, il est un digne représentant de l’underground américain des années 90, skateboard, fanzines, détournements divers et variés, photos floues mais historiques, etc. « The top of the shit pile », « like my ex girlfriend used to say », ajoute-t-il quand on lui demande les raisons de son engagement. Après avoir publié <em>The answer is never</em>, Jocko Weyland est devenu une sorte de référence dans la culture skate. « When are you going to stop skateboarding » semble être la question à laquelle son livre répond, j’y vois un engagement plus profond. Malheureusement aujourd’hui, ce sont ces mêmes marques qu’il combattait, et d’une certaine manière combat toujours, qui lui payent le voyage pour exposer dans des magasins tendances qui n’ont selon moi que peu d’idées de ce avec quoi elles flirtent. Comment ne pas accepter la reconnaissance ? Comment dire non ? Ceux à qui nous parlions ont grandit dans la société, et, une fois adultes, n’ont pas pour autant oublié ceux que d’autres choix ont constitués. Celui là travaille dans une boutique, celui là importe des chaussures, cet autre a eu plus de chance et a réussit à « percer », et faire plus d’argent que tous ces amis réunis. Il va acheter une ou deux « œuvres », pourquoi pas, cela fera joli dans son salon. Mais attention, il ne veut pas quelque chose de trop violent… Comment y faire face chaque jour de sa vie ? Et puis « il y a des musées pour ça ».</p>
<p class="Style1"><span>J’ai été à un dîner avec des gens avec qui j’étais en école primaire, personne n’avait changé, les énergies étaient les mêmes, et j’étais bien l’artiste, celui qui avait toujours été différent et similaire. Comment choisit-on son destin ? Comment un destin nous choisit-il ? D’après Kierkegaard, <em>« Il est vraiment naïf de croire que les cris et les vociférations peuvent avoir une utilité dans ce monde et modifier le destin. Il faut accepter celui-ci tel qu’il se présente et garder toujours la mesure ».</em> Je ne suis absolument pas d’accord avec ça même si <em>« il est assez curieux que ce soit toujours les mêmes choses qui nous occupent à toute les époques de la vie ».</em> Le stade esthétique ne peut être sans aucune éthique, ou alors il ne vaut rien !</span></p>
<p class="Style1"><span>Pourquoi achète-t-on une œuvre qui transcende, car il y a bien des gens qui les achètent ces œuvres-là. Et très souvent ce sont des gens qui n’en ont pas les moyens qui « scotchent » les œuvres qui importent le plus pour moi.</span></p>
<p class="Style1"><span>Avec Jessica, nous continuons de travailler sur cette longue interview qui viendra illustrer le livre que je suis en train de réaliser sur tout mon travail depuis 20 ans. Hier, un ami me demande quels sont mes projets du moment, je lui dit que j’aimerais bien ouvrir une galerie, et il me répond : « pourquoi pas ? Je pourrais peut-être te trouver de l’argent, investir un peu ». Créer un lieu de vie plutôt qu’un lieu d’art. L’idée me travaille, c’est d’ailleurs la seul façon de travailler, être travaillé par.</span></p>
<p class="Style1"><span>Plein de choses à faire aujourd’hui. Continuer <em>Ou bien ou bien</em>, mettre de l’ordre dans mes textes, relire l’interview de Jessica, « customiser » une toile, organiser, ou aller au cinéma voir le dernier Tim Burton…</span></p>
<p class="Style1"><span>Hmmmm.</span></p>
<p class="Style1">Finalement nous sommes allés nous promener avec Jessica, un peu au hasard, et j’ai passé une merveilleuse soirée.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 7 avril.</span></strong></p>
<p class="Style1">Deuxième nuit passée presque sans dormir après une journée de rendez-vous, à me balader en skate d’un endroit à un autre, et à vaguement travailler. Mal au dos comme un vieux. Perdu (ou gagné) deux heures au Mc Do à relire l’interview que Jessica fait de moi, des choses intéressantes, d’autres moins, mais une pensée qui semble stable et logique. Le serveur du Chao Bâ qui drague ma copine sans aucune vergogne et l’autre, sans doute homosexuel qui me sourie parfois (à se demander si ils n’ont pas un deal ces deux là !). Vu au cinéma <em>Achille et la Tortue</em> de Kitano, qui parle d’un artiste sans style véritable (sauf celui qui lie les maîtres qu’il imite), et fini sa vie sans reconnaissance autre que celle de sa femme. De bonnes barres de rire devant des œuvres parfois tellement loufoques qu’elles en deviennent géniales. Le héros qui assiste à sa vie, presque en témoin, presque sans jamais parler, concentré comme personne sur son œuvre. A-t-il décidé d’être artiste ou cela lui est-il tout simplement arrivé ? Je repense à ce texte écrit il y a quelques jours et à la cicatrice que j’ai dans ma main droite à cause d’une chute violente en Roller autour de mes 20 ans. Cette chute a-t-elle changé ma ligne de destinée ? Le fait d’avoir fait des sports dit extrêmes. Même pas peur même pas mal… Hier soir, alors que je n’arrivais pas à dormir donc, j’ai noté sur un post it :</p>
<p class="Style1">« Ma trajectoire, qu’est-ce qui m’arrivera si… Je suis quelqu’un qui pense beaucoup. Pendant la nuit je peux me lever dix à quinze fois, pour aller me dégourdir les jambes, boire, pisser un coup. J’ai le sommeil léger. Dernièrement quelque chose a changé ».</p>
<p class="Style1">Quand je traverse la grande chambre ou j’habite avec Jessica, je me dis que plus rien ne sera jamais plus comme avant, que je suis à la veille de quelque chose de grand, ou pas d’ailleurs, de quelque chose de différent, comme avant un saut dans l’inconnu. Bizarrement, souvent, en traversant cette chambre, je me touche le ventre avant d’ouvrir la porte qui mène aux toilettes. Je me dis, tiens, j’ai encore grossis, mais j’aime bien cette petite boule dure et ferme au milieu de mon corps. Elle me rassure je crois. Je suis tellement amoureux de Jessica ! Dans mes carnets, je continue de noter des phrases de films.</p>
<p class="Style1"><em>There is only one thing, can my violence conquiers yours ?</em></p>
<p class="Style1"><em>What would be worse ? To live as a monster, or to die as a good man ? (Shutter Island de Scorcese)</em></p>
<p class="Style1">Puis :</p>
<p class="Style1"><em>Le talent n’a rien à voir avec la renommée (Achille et la tortue)</em></p>
<p class="Style1">Sinon, je continue de chercher un nom à la galerie que je veux ouvrir</p>
<p class="Style1">Voilà les premières propositions</p>
<p class="Style1">Le trou de balle</p>
<p class="Style1">Galerie Nul</p>
<p class="Style1">Au grand jour</p>
<p class="Style1">Les individualistes réunis</p>
<p class="Style1">Zéro-onze</p>
<p class="Style1">Mais rien ne me satisfait vraiment…</p>
<p class="Style1">Dans quelques instants nous allons nous ré-installer au Chao Bâ pour continuer l’interview avec Jessica. Tellement de travail en attente, de choses que je ne fais pas, et d’autres que je fais à la place de. Jessica commence à me comprendre bien, elle dit que je suis libre, mais le suis-je vraiment ?</p>
<p class="Style1">Peut-on réellement l’être quand on est dirigé par un choix dont on ne sait, finalement, rien, car rien, quand on n’y pense, n’aurais pu nous mener ailleurs que nous sommes aujourd’hui et en ce moment.</p>
<p class="Style1">Le bruit de l’école à côté, les enfants qui jouent.</p>
<p class="Style1">La prédestination.</p>
<p class="Style1">Il y a longtemps que j’ai accepté même si je marche parfois sans savoir ou je vais. Et j’adore ça.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><strong><span style="color: #ff0000;">Vendredi 16 avril.</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Matin, réveil tranquille. Je suis assis à la grande table en bois du salon. Dehors il semble faire beau mais c’est assez dur à savoir vu d’ici, malgré la très jolie cour pleine d’arbres et de verdure, peu de lumière réussit à filtrer à travers les grandes baies vitrées ; Comme un peu tout le monde dans l’appartement j’attends l’été, le moment ou la chaleur sera si forte que se terrer à l’ombre deviendra un luxe. Le mois d’août à Paris.<span> </span>Sur la chaine hi-fi passe une chanson de Nine Inch Nails, le refrain indique « too fuct up to care anymore ». Je pense au chemin parcouru cette année. « It didn’t happened the way you wanted it too. Now you know how it feels like ». Hier j’ai reçu un texto d’une ex qui m’avait proposé il y a quelques temps, alors que je vis le plus grand bonheur avec Jesica, de recoucher avec elle. Je pense à cette femme que la drogue a détruit en partie, à son parcours, au fait qu’elle ait réussit à s’en sortir et qu’elle pense à moi. A la violence du monde. Cela me perturbe un peu, car je l’ai beaucoup aimé et parce que j’ai beaucoup d’empathie pour elle. L’amour sera toujours là, mais il est maintenant devenu tout autre. Un sentiment à la fois distant et présent, mais pas dans le sens d’un retour en arrière. J’envisage rarement les retours en arrière dans les actes même s’il n’est pas désagréable d’imaginer en pensée ce qui se serait passé si. Rien sans doute. Tout à sa place et pour une raison précise. Jessica aujourd’hui et demain, d’autres hier. L’art qui n’a jamais cessé de me guider, et mon amour des gens –celui qui me liait à cette femme qui me dit maintenant ne plus aimer personne&#8230; Le fameux point limite. « Je lui avait bien dit que cela se passerait comme ça ». « Now you know how it feels like ». J’arrête les Nine Inch nails. Je ne les aime plus.<span> </span>Jessica me demande pourquoi je parle tellement des punks aujourd’hui ? Pourquoi ils m’attirent tant, alors qu’elle est en train de lire Please kill me, l’un des livres référence en la matière. Parce que j‘aime leur énergie et pas leur no futur. Vous avez envie de le faire, faites-le. Et ce n’est pas parce que c’est la fin du monde que. Dirty de Sonic Youth maintenant. Vieux non-tubes des années 90, ceux que tout le monde écoutait pourtant.</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="color: #ff0000;">Mardi 4 mai.</span></strong></p>
<p class="Style1">J’écris de moins en moins, en quelques années j’ai « tout écrit », tout ce que je pouvais en tout cas, mes mémoires vécues au quotidien devenues simple archivage de vécu. Bloqué en moi-même comme d’autres dans leur travail. Ce destin de l’homme qui tourne en rond, prisonnier de sa carcasse et de ses faires. Celui là est artiste, cet autre boucher, ce troisième cadre dynamique, ce quatrième trader, ce cinquième DA, ce sixième maçon, ce septième sans emploi, à parler toujours de la même chose, toujours plus ou moins du même quotidien même s’il est différent. Je ne sais plus trop où aller et je trouve cela fantastique. Inventer, réinventer. Publier, montrer, me détacher.</p>
<p class="Style1">Et si on m’en empêchait.</p>
<p class="Style1">Consumérisme par exemple.</p>
<p class="Style1">Avec Jessica nous sommes descendus à Lyon voir l’exposition rétrospective de Ben, Ben dont le travail a soixante dix ans ne semble plus motivé que par la peur de la mort. Mon message sera-t-il bien compris. Et Jessica qui remarque : « c’est fou, toute une vie pour dire une seule chose ». J’adore le travail de Ben jusque dans le milieu des années 70, et après quoi ? Les toiles noires, les agendas et tous ces produits dérivés. Dans le catalogue de l’exposition on peut lire tout ce que Ben a fait avant tout le monde, et tout ce pour quoi il n’a pas été reconnu, ce qu’il n’a jamais cessé de dire justement. Mais quoi exactement ? Quel est le message de Ben ?</p>
<p class="Style1">Quand s’est-il mis à bloquer, quand est-il devenu génial ou plutôt quand a-t-il cessé de l’être ? Quand son désir de reconnaissance a dépassé sa créativité. Quand il a accepté la case dans laquelle on l’avait mis ?</p>
<p class="Style1">L’autre jour une fille a dit dans une phrase que j’étais « la voix de la contre culture », une belle blague qui m’a a la fois beaucoup fait rire et un peut bouleversé. La voix de la contre culture. Je me suis dit que ça ferait un joli titre de roman, un truc un peu ironique, très second degré. Je ne pense pas que la contre culture soit jamais réellement second degré, elle est naïve, parfois puissante, toujours engagée, mais rarement second degré – lui manque presque toujours la distance avec elle-même et avec les autres…</p>
<p class="Style1">Mes amis de ill-studio me disent que je tourne en rond (dans mes textes). Ont-ils raison ?</p>
<p class="Style1">« Tout ça pour dire une seule chose ? »</p>
<p class="Style1">« Que tout est art et que tout le monde peut le faire ». Dixit Jessica.</p>
<p class="Style1">Lutter contre l’élitisme donc ? La raison des produits dérivés. Les années 70. Et maintenant quoi ? Apprendre la beauté du monde (tout est art), ou plutôt que nous sommes tous égaux.</p>
<p class="Style1">Sur le chemin de Lyon je suis retourné au petit village du Loir et Cher ou j’ai en partie passé mon enfance. Un ami était là et j’ai vu les ravages du regard des autres sur sa différence. Quand j’ai fait le film sur ma mère et que je l’ai interviewé il y a deux ou trois ans, l’équipe de tournage avait peur de lui. Des yeux très clairs, presque délavés, les dents pourries, la stature impressionnante, et les voisins qui balancent : «  Les pompiers sont venus, on l’a attaché à un arbre. Il a détruit sa voiture à coup de masse quand il a perdu son permis, il ne fout rien depuis qu’il a eu son accident du travail (qui l’handicape à tel point qu’il ne peut presque rien porter). On l’a amené. Il a failli tuer sa mère… ». Le huis-clos. L’impossibilité de quitter le village, de travailler. Et mon ami me dit : «  Tu te souviens quand j’avais gagné ce concours de dessin, quand ta mère m’apprenais à lire, les policiers m’ont confisqués ma collection de couteaux, ils ont jugé que j’étais trop dangereux, tu as vu comme j’ai arrangé le garage ? Je récupère des palettes usagées et j’en fais des placards, des pots de fleurs, des moulins pour jardin. Sinon je vais à la pèche. Je prends des médicaments hyper fort pour la douleur, à cause de mon dos. L’accident est arrivé le … à 18h précises, il y a 18 ans ». Avec Jessica nous avons très mal dormi parce que nous aussi nous avions un peu peur. Que ce serait-il passé s’il avait grandi dans un autre environnement, s’il avait été plus fort ? Plus fort que son « destin ».</p>
<p class="Style1">Mon ami d’enfance qui sera toujours mon ami.</p>
<p class="Style1">En tapant mon nom sur internet je suis tombé sur un article sur moi que je n’avais jamais lu. Voici un copié collé de cet article qui m’a beaucoup plu et l’adresse ou le trouver. Merci à celui qui l’a écrit. Le texte n’est pas signé.</p>
<p class="Style1">Les réalités des êtres peuvent être si différentes.</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;"><em>MERCREDI 20 MAI 2009</em></span></strong></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><em>Le rebelle et le banquier : à propos d&#8217;Artus, du politiquement correct et de la Banque Populaire&#8230;</em></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><em>http://some-cool-stuff.blogspot.com/2009/05/le-rebelle-et-le-banquier-propos-dartus.html</em></span></p>
<p class="Style1"><em>Avant d&#8217;exposer à la galerie AAA -&#8221;Tout ou rien (S&#8217;adresser en face)&#8221; du 11 juin au 21 juin - Artus de Lavilléon expose actuellement, et ce jusqu&#8217;au 30 mai, chez The Lazy Dog. Sous le titre amusant de &#8220;Posters en vente à la boutique&#8221;, il propose une série de dessins grand format à l&#8217;encre de Chine.</em></p>
<p class="Style1"><em>L&#8217;annonce de cette exposition a fait le tour des blogs s&#8217;intéressant aux arts graphiques tendance contre-culture. Il faut dire qu&#8217;en communicant inspiré Artus avait rendu public, quelques jours avant le vernissage de la dite expo, une note d&#8217;intention susceptible d&#8217;ouvrir l&#8217;appétit des plus perplexes. Qu&#8217;on en juge : « L’exposition « Posters en vente à la boutique », est la réponse à l’exposition « Tomorrow is the first day of the rest of you li(f)es », qui avait eu lieu à la galerie Patricia Dorfmann à mon retour de Chine en juin 2008. J’avais accepté d’y montrer un travail très politiquement correct qui m’avait valu la reconnaissance des milieux de l’art et, malgré les nombreuses ventes, m’avait laissé un goût de défaite dans la bouche. Chez Lazy dog je compte tenter de rétablir une vérité propre à ma démarche « contre culturelle » et à ses limites ».</em></p>
<p class="Style1"><em>Dans le cas où cette annonce de rébellion n&#8217;aurait pas suffi, le flyer de l&#8217;événement en rajoutait une louche : &#8220;Depuis que ça marchait je ne m&#8217;étais encore jamais senti autant dans la peau d&#8217;un vendu. Pour moi l&#8217;art servait à autre chose qu&#8217;à vendre des jolis dessins et avait beaucoup à voir avec la contestation des systèmes en place. Aujourd&#8217;hui &#8220;la contre culture&#8221; ne voulait plus rien dire qu&#8217;un beau chèque dans la poche un jour ou l&#8217;autre, et on voulait nous faire croire que ça ne dérangeais (sic) personne&#8230; Vraiment ?&#8221;.</em></p>
<p class="Style1"><em>Mazette : on tenait là un artiste engagé, noble représentant d&#8217;une espèce pourtant malheureusement en voie de disparition ! Et comme pour mieux susciter une certaine nostalgie envers les belles année de l&#8217;art contestataire, Artus promettait une performance &#8220;saignante&#8221; le jour du vernissage de son exposition, à &#8220;21 h précise&#8221; : &#8220;vu que je suis très énervé contre tout en ce moment je vous conseille de ne pas la louper celle-là&#8230;. Ca va saigner !&#8221;.</em></p>
<p class="Style1"><em>A 21 heure précise donc, le 30 mai dernier, Artus s&#8217;est mis à poil (ohhhhhhh !), a déchiré ses posters accrochés aux murs (ahhhhhhh !), derrière lesquels sont soudain apparus des mots grossiers peints en rouge (ihhhhhhh !).</em></p>
<p class="Style1"><em>Trêve d&#8217;ironie cependant. Malgré la dimension surannée et potache de la dite &#8220;performance&#8221;, le travail d&#8217;Artus est loin d&#8217;être inintéressant. Cela a des faux airs de Raymond Pettibon dans le dessin, des vrais airs de Lichtenstein dans la composition et de vrais faux airs de Debord dans le propos comme dans la manière. Le tout avec une dimension autobiographique bien dans l&#8217;air du temps. C&#8217;est à la fois plaisant et intelligent, amusant et stylé et, faute de savoir susciter la révolte par des moyens nouveaux, cela a au moins le mérite d&#8217;évoquer une période où d&#8217;autres, sans doute plus inspirés ou plus révoltés, savaient le faire. On pourrait se contenter de conclure là dessus.</em></p>
<p class="Style1"><em>Sauf que la lecture de certains magazines actuellement en kiosque nous réserve une certaine surprise. Le Crédit Coopératif, filiale du Groupe Banque Populaire, lance en effet une nouvelle campagne de publicité sur le thème &#8220;Une banque qui me défend, ça se défend !&#8221;. Pour mieux faire avaler la pilule de son slogan démago, la banque s&#8217;est adjoint les services d&#8217;un artiste, d&#8217;un artiste pourfendeur du &#8220;politiquement correct&#8221;, d&#8217;un artiste contestataire&#8230; Ca y est ? Vous avez deviné ? Ben oui : Artus. Le même.</em></p>
<p class="Style1"><em>Il y aurait certes là de quoi rire. Ou se mettre en colère. C&#8217;est pourtant un malaise d&#8217;un tout autre genre que l&#8217;on ressent pour peu que, tentant de parfaire son opinion sur le cas Artus, on prenne la peine d&#8217;aller fouiller un peu sur son blog. On y découvre en effet un gars intelligent, cultivé, critique envers le milieu dans lequel il évolue, s&#8217;interrogeant sur le rôle de l&#8217;artiste dans la société comme sur les tenants et les aboutissants de la contre-culture&#8230; Bref un artiste qui en plus de ne pas être dénué de talent serait visiblement honnête, notamment envers lui-même. Même pas un salaud !</em></p>
<p class="Style1"><em>Point de colère donc, mais de la tristesse, tristesse de voir une nouvelle fois vérifié le constat debordien : en ce début du XXIème siècle, la société du spectacle est plus que jamais capable de récupérer à son profit les critiques qui lui sont adressées, d&#8217;assujettir contre-culture et contre-pouvoir et de continuer ainsi à reigner seule&#8230; laissant aux spectres des artistes et autres contestataires le soin de divertir et d&#8217;endormir ceux qui ont la naïveté de croire encore en eux.</em></p>
<p class="Style1"><em><em>PUBLIÉ PAR BLOGCOOLSTUFF@GMAIL.COM À L&#8217;ADRESSE 00:01 / LIBELLÉS : ART / 7 COMMENTAIRES :</em></em></p>
<p class="Style1"><em>Samantha a dit…</em></p>
<p class="Style1"><em>Merci pour ce sujet extrêmement intelligent !</em></p>
<p class="Style1"><em>20 MAI 2009 15:50</em></p>
<p class="Style1"><em>blogcoolstuff@gmail.com a dit…</em></p>
<p class="Style1"><em>merci à toi : ça fait plaisir</em></p>
<p class="Style1"><em> 22 MAI 2009 02:38</em></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><em>b. a dit…</em></p>
<p class="Style1"><em>j&#8217;aime beaucoup le ton et l&#8217;intelligence de ton analyse, bravo !</em></p>
<p class="Style1"><em>23 MAI 2009 05:24</em></p>
<p class="Style1"><em>blogcoolstuff@gmail.com a dit…</em></p>
<p class="Style1"><em>n&#8217;en jetez plus, la couple est pleine (merci quand même, ça fait plaisir)</em></p>
<p class="Style1"><em>23 MAI 2009 05:41</em></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><em>manche de pioche a dit…</em></p>
<p class="Style1"><em>Pour faire le chiant,</em></p>
<p class="Style1"><em>je dirais &#8220;rien de nouveau&#8221;.</em></p>
<p class="Style1"><em>De tout temps les artistes ont fait la pute,</em></p>
<p class="Style1"><em>ils sont comme tout le monde ils préferent être riche et bien portant pour créer que pauvre et le ventre vide.</em></p>
<p class="Style1"><em>Et ne me dites pas que certains sont mort dans l&#8217;annonymatle plus total,c&#8217;est juste qu&#8217;il n&#8217;ont pas été reconnu en leur temps.</em></p>
<p class="Style1"><em>Et les portrait de bougeois et de roi que l&#8217;on se tappe à longueur de musée si c&#8217;est pas de la pub ,je ne sais pas ce que c&#8217;est d&#8217;autre.</em></p>
<p class="Style1"><em>En fait ce qui me choque le plus dans cet article c&#8217;est qu&#8217;Artus est qualifié d&#8217;&#8221;artiste&#8221;.</em></p>
<p class="Style1"><em>Cà, ca me pose problème.</em></p>
<p class="Style1"><em>Mais beau boulot quand même</em></p>
<p class="Style1"><em>24 MAI 2009 11:41</em></p>
<p class="Style1"><em>blogcoolstuff@gmail.com a dit…</em></p>
<p class="Style1"><em>salut Manche de pioche,</em></p>
<p class="Style1"><em>comprends bien que ce n&#8217;est pas tant qu&#8217;Artus travaille pour la pub et pour une banque qui m&#8217;attriste dans cette affaire. Mais plutôt le fait qu&#8217;il énonce dans le même temps un discours on ne peut plus &#8220;rebelle&#8221;, anti-politiquement correct, situ (ou plutôt pro-situ).</em></p>
<p class="Style1"><em>24 MAI 2009 12:04</em></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><em>Merci</em></p>
<p class="Style1"><em>Artus</em></p>
<p class="Style1"><em>3 MAI 2010 13:55</em></p>
<p class="Style1"><em><span style="font-style: normal;"><br />
</span></em></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>ET TOUJOURS</strong></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><strong>Portraits de villes</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>GALERIE PHILIPPE CHAUME</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>expo du vendredi 26 au 15 mai 2010</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>9, rue de Marseille 75010 paris</strong></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p><!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Portraits de villes</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 23:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[



Portraits de villes
GALERIE PHILIPPE CHAUME
Vernissage le jeudi 25 mars de 18h à 21h30
expo du vendredi 26 au 15 mai 2010
9, rue de Marseille 75010 paris
De décembre 2001 à mars 2008, j&#8217;habite en chine, à Pékin, dans le quartier des ambassades de Sanlitun, où je suis venu rejoindre mon amie Eleonora. Je réalise dans son grand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;">
<div style="text-align: auto;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/invitation-artus-philippe-chaume.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-361" title="invitation-artus-philippe-chaume" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/invitation-artus-philippe-chaume.jpg" alt="" width="500" height="1428" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Portraits de villes</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">GALERIE PHILIPPE CHAUME</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Vernissage le jeudi 25 mars de 18h à 21h30</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">expo du vendredi 26 au 15 mai 2010</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">9, rue de Marseille 75010 paris</span></p>
<p class="Style1">De décembre 2001 à mars 2008, j&#8217;habite en chine, à Pékin, dans le quartier des ambassades de Sanlitun, où je suis venu rejoindre mon amie Eleonora. Je réalise dans son grand appartement surchauffé mes premiers grands dessins, et quelques customisations de peintures, qui donneront lieu à mon retour à une exposition à la galerie Patricia Dorfmann qui me représente. Cette exposition malgré son grand succès me déçoit pourtant, car, si j&#8217;y vend beaucoup, je crois y perdre le caractère de révolte qui fait de mon art ce qu&#8217;il est. Tout est bien encadré, bien montré, parfait en un certain sens. Pourquoi suis-je si déçu ? Je n’en sais rien.</p>
<p class="Style1">Deux ans plus tard, j&#8217;expose à la fois les dessins issus du fanzine jamais publié en France que j&#8217;avais réalisé là-bas (Deadpan spécial Chine ed. Elk), ainsi qu&#8217;une série photo que j&#8217;avais prise alors que mon ami Michel le Bayon était venu me rendre visite, au hasard de nos ballades &#8220;à la recherche du dernier communiste&#8221;.</p>
<p class="Style1">D&#8217;après une journaliste on y sent un vide et une solitude immense.</p>
<p class="Style1">Qui n&#8217;a pas été à Beijing ne peut comprendre cette sensation, des expatriés d&#8217;un côté et de l&#8217;autre des chinois incapables de parler un mot d&#8217;anglais -sauf dans le cadre de relations principalement basées sur l&#8217;intérêt. La mondialisation et le capitalisme, tandis que dans les Hutòng et les rues adjacentes, le peuple s&#8217;active.</p>
<p class="Style1">J&#8217;aurais aimé parler la langue de tous ces gens que l&#8217;on expulsait un à un de l&#8217;autre côté du 5th ring road à cause des jeux Olympiques, mais malheureusement mon seul contact avec la culture chinoise aura été une exposition sur l&#8217;équivalent de leurs grottes de Lascaux, une autre sur les posters datant de la révolution culturelle, et, bien sûr et surtout, les dumplings dans la rue, &#8220;comme à Paris rue au Maire&#8221; &#8220;mais en mieux&#8221;. Quelques échanges de regards amusés donc, une ou deux poignées de mains, et durant la durée de l&#8217;exposition que j&#8217;ai faite avec mon ami Jocko Weyland aux pied des CCTV tower, la rencontre de cette famille de chiffonniers, ou récupérateurs d&#8217;ordures, qui habitaient là, dans les débris d&#8217;un vieux quartier qui venait d&#8217;être rasé.</p>
<p class="Style1">Deux ans plus tard Pékin continue de me manquer comme une ville où j&#8217;aurais facilement pu passer quelques années de ma vie.</p>
<p class="Style1">Puis je suis rentré, j&#8217;ai rencontré une autre femme, commencé à penser à faire des enfants, et je me suis dit que ce n&#8217;était pas si mal d&#8217;encadrer les choses et de les vendre comme trace et preuve d&#8217;un vécu.</p>
<p class="Style1">Si l’on me demandais aujourd&#8217;hui comme hier sur quoi porte mon travail, je dirais sans hésiter :&#8221;Sur le destin&#8221;, les rencontres, la vie, dieu, sur ce qui fait qu&#8217;on est ce qu&#8217;on est et pas autre chose.</p>
<p class="Style1">Peu de temps après avoir rencontré Jessica, ma nouvelle amie, je me suis enfermé pendant 15 jours dans un stand à tee-shirt<span> </span>exigüe, fermé et opaque, caché dans un grand magasin. Toutes les nuits, en dehors des heures d&#8217;ouverture donc, j&#8217;étais enfermé dans une autre boîte dans laquelle j&#8217;écrivais des textes qui étaient publiés sur le blog du journal le Monde sous le titre &#8220;Consumérisme&#8221; (http://artusconsumerisme.blog.lemonde.fr/).</p>
<p class="Style1">À ce jour, personne n&#8217;a voulu montrer les traces que j&#8217;ai réalisé avec des amis de cette performance. <span style="color: #ff0000;">&#8220;</span><span style="color: #ff0000;">Pas assez commercial&#8221;.</span> Par contre le petit livre sur mes photos de chine est maintenant disponible et accessible à tous.</p>
<p class="Style1">Que dire de tout cela ? La peinture &#8220;Elle doute&#8221; sur laquelle j&#8217;étais intervenu à Pékin, ainsi que &#8220;Capitalism turned me into a fuckin bitch&#8221;, et &#8220;She is confused&#8221; ont été interdites à la foire internationale de Shangaï et tout le monde s&#8217;en est plaint (<span>Connaissance des arts – sept. 08. &#8220;</span><span>Elle doute&#8221;).</span></p>
<p><!--StartFragment--><strong><span> </span></strong><!--EndFragment--></p>
<p class="Style1">Alors j&#8217;encadre, j&#8217;encadre, et<span> </span>je ne cesse de penser à comment faire pour montrer le reste, tout le reste de mon &#8220;travail&#8221;.</p>
<p class="Style1">Il parait que 18 341 526 millions de personnes sont venues sur mon site et mon blog si j&#8217;en crois un site d&#8217;analyse qui fait référence (je sais je sais, je rabâche). Si on m’avait dit il y a quelques années que la contre-culture passerait par internet, je crois que je me serais bien moqué. Mais quelle contre-culture au fait ? Celle à laquelle J&#8217;emprunte mon langage artistique, ou celle, bien réelle, qui se tait, se terre, et attend son heure ?</p>
<p class="Style1">Les livres contenant le titre &#8220;Insoumission&#8221; n&#8217;ont jamais autant vendu et en ne compte plus les films qui nous parlent de Mesrine, de la bande à Baader, et du Ché. Camus écrit &#8220;Les justes&#8221; en 1949 ; on le joue actuellement au théâtre dans une mise en scène splendide mais absolument effarante car elle fait contre-sens total.</p>
<p class="Style1">Hier, avant de me coucher, j&#8217;ai relu &#8220;Le discours de Suède&#8221;. Le texte m’a remué au plus profond de mon être et m&#8217;a rappelé pourquoi j&#8217;avais un jour choisi d&#8217;être artiste : tout simplement parce que je n&#8217;avais pas le choix.</p>
<p class="Style1">Montrer, exister, échanger. Vivre. Et tenter de partager, toujours.</p>
<p class="Style1">Le reste ne dépend pas de nous et c&#8217;est sans doute mieux&#8230; Et pourtant&#8230;</p>
<p class="Style1" style="text-align: right;">Artus, veille d&#8217;expo, à Paris, fin mars 2010.</p>
<p class="Style1" style="text-align: right;">
<p><!--EndFragment--></div>
<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/pekin-paris-artus-l.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-362" title="pekin-paris-artus-l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/pekin-paris-artus-l.jpg" alt="" /></a><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/polaroid-chine-artus-l.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-363" title="polaroid-chine-artus-l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/polaroid-chine-artus-l.jpg" alt="" width="500" height="1583" /></a><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/elle-doute-2l.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-364" title="elle-doute-2l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/elle-doute-2l.jpg" alt="" /></a></p>
<p><em><span style="color: #ff0000;">PS/ Pour ceux qui consulteraient cet article sur Facebook, notez qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un compte que je ne peux pas consulter car il ne m&#8217;appartient pas et que je n&#8217;en connais pas les codes d&#8217;accès. Vous pouvez néanmoins me joindre sur artusdelavilleon@hotmail.com, ou voir mon travail sur artusdelavilleon.com. Merci pour vos nombreuses visites. Artus</span></em></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Monsieur Gontran</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/03/18-341-526-millions-de-visites/</link>
		<comments>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/03/18-341-526-millions-de-visites/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 23:22:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Dimanche 7 mars
Selon un site de référencement Internet 18 341 526 millions de personnes seraient allées sur mon site, mon blog, ou auraient cliqué sur l’un des liens en rapport avec artusdelavilleon.com. Il semblerait aussi qu’il y ait 18 800 entrées à mon nom sur le moteur de recherche de google, c’est à dire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/mr-gontran.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-355" title="mr-gontran" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/mr-gontran.jpg" alt="" width="500" height="666" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Dimanche 7 mars</span></strong></p>
<p class="Style1">Selon un site de référencement Internet 18 341 526 millions de personnes seraient allées sur mon site, mon blog, ou auraient cliqué sur l’un des liens en rapport avec artusdelavilleon.com. Il semblerait aussi qu’il y ait<span> </span>18 800 entrées à mon nom sur le moteur de recherche de google, c’est à dire plus que je n’aurais même jamais imaginé. Dans la pratique, je ne sais pas vraiment si cela sert à grand-chose puisque je n’ai presque aucun retour, jamais, sur ce que je poste ici où là, et que je ne suis pas vraiment un internet geek. Cela dit il y a aussi les bonnes surprises, un mail parfois vient révolutionner mon quotidien, une rencontre en chair et en os, un coup de téléphone inattendu après un bref échange « sur la toile ». Je ne sais pas vraiment ce que je pense de tout ça… Comme si le monde était en train de passer de l’âge de pierre à l’âge de bronze sans que nous ne réalisions pleinement les conséquences de ce changement.</p>
<p class="Style1">Dans la pratique, j’ai reçu, il y a quelques jour, un petit livre dont je parle souvent dans ces chroniques, ou ce blog si vous préférez, que m’a envoyé quelqu’un qui avait visionné le documentaire que j’avais fait sur la vie de Maryse <em>« Les enfants de la société du spectacle »</em>, où ma mère raconte sa vie, face camera, pendant qu’elle quitte progressivement l’hôpital où je pensais qu’elle allait mourir. Comme si l’histoire qu’elle me racontait, qui est aussi mon histoire, la sauvait au fur et à mesure qu’elle accomplissait son devoir de mémoire. Ce livre que je pensais s’appeler <em>« La tatoué »</em> racontait, selon elle, la période où elle tenait le bar <em>« L’homme de main »</em>, avec son ancien mari Ghislain. Maryse m’en parlait parfois en me disant qu’il s’agissait plus ou moins de mémoires, encore une fois, et semblait fière qu’un tel livre existe.</p>
<p class="Style1">Quand j’ai reçu <em>« Monsieur Gontran »</em>, j’étais heureux et très reconnaissant envers la personne qui m’envoyait, deux ans après la mort de Maryse, un nouveau document capable d’éclairer ce qu’avait été la vie de ma mère dans les années 60, et peut-être raconter sa relation avec une époque totalement fantasmée dans mon esprit. Sa rencontre avec les Lettristes, puis les situationnistes, la période où elle dansait nue sur les tables à Saint-Germain-des-Prés accompagnée de la bohème artistique et intellectuelle d’après guerre, en fuite de la campagne profonde dont elle était issue et curieuse de tout. Après quelques pages j’ai réalisé que je ne pourrais pas lire ce livre d’un bloc comme je le fais d’habitude et qu’il allait me falloir des jours, voir même des années pour digérer ce que j’étais en train de lire.</p>
<p class="Style1">C’est l’histoire d’un mac, sordide, écrite en argot de l’époque, qui parle de l’une des ses gagneuses, devenue sa femme parce qu’elle avait été sa maitresse avant d’être sa pute, avec qui lui, Monsieur Gontran, avait pris un bar où, effectivement il s’était passé beaucoup de choses. Je raconte mal bien sûr, car le héro c’est ce sale type, sans morale d’aucune sorte, qui se vante et se gausse, tout au long du bouquin, de ses ignominies. Le genre de bouquin qui vous tombe des mains. Maintenant je comprends que l’on puisse se sentir profondément sali par des textes. J’aurais aimé arrêter de lire mais il était déjà trop tard. Le point de vue était intéressant, honnête si l’on peut dire, mais tellement loin du choix « artistique » (le mot est d’un ami) que ma mère semblait avoir fait de s’être prostitué « pendant un an », « à cause des odeurs », comme elle l’avait écrit sur sa copie de bac.</p>
<p class="Style1">Bizarrement je connaissais tout, mais le point de vue était différent. Maryse m’avait toujours dit qu’elle ne se souvenait plus comment elle avait décidé de passer le pas. Dans le livre rien n’est dit, mais on sent l’emprise terrible qu’a pu avoir cet homme sur sa vie, comment, sans doute, il a pu la pousser à devenir ce qu’elle avait, paraît-il, toujours souhaité être. Maryse pute, je savais, Maryse m’a toujours tout dit, mais quand au Maryse « se faisant botter le cul pour se cultiver » se substitue<span> </span><em>« Je choisissais ses lectures. Et pas du livre cochon, pas de l’estampe japonaise ! … ça c’était pour les travaux pratiques, pour qu’elle apprenne à traiter le client. »</em>, c’est un peu dur à avaler. Cela dit ma mère avait l’air d’être un parfaite chieuse (on l’aurait été à moins), incontrôlable quand elle le voulait, et parfaitement exceptionnelle.</p>
<p class="Style1">La haine que développe Mr Gontran tout au long du livre pour <em>« la tatouée »</em>, dit beaucoup sur les relations qu’ils avaient pu avoir. S’étaient-ils aimés, sans doute, mais c’est une autre relation qui est décrite ici, un monde dont je n’avais aucune idée tangible. « Tout y passe ». Mon grand-père qui se faisait battre par sa femme et qui perd des doigts à la scie sauteuse <em>« parce qu’il est trop con pour pouvoir s&#8217;en servir »</em>, la folie de ma grand-mère… Si je me permet, c’est que Maryse a déjà tout raconté, mais il y a aussi ici ce qu’elle avait enfoui. Hier, quelqu’un m’a dit qu’il y avait de quoi faire un film, et j’ai répondu : <em>« - De ma vie aussi. » « – Mais la vie de ta mère, ce n’est pas ta vie ! »</em> Que suis-je en train de faire ici ? Créer mon mythe d’artiste, à un moment ou je suis en train de faire un livre avec Jessica, mon amie, sur mon art qui est aussi ma vie ? Je ne sais pas. Après une telle lecture je ne sais plus rien. Pourquoi ais-je tant besoin de communiquer ? De tout dire ? Parce que Maryse était déjà comme ça ? Par provocation, par soucis « d’honnêteté », comme Ghislain l’a fait avant moi. Pourquoi Maryse était-elle si fière de ce livre et voulait-elle que je le lise ? Parce qu’il s’agit ici de vérité et que la vérité est la seule chose qui compte vraiment dans ce monde. La vérité des différents points de vue ou la vérité historique. Celle qu’on réécrit sans cesse.</p>
<p class="Style1">Cet après-midi, j’ai dormi quelques heures, même pas découragé, fatigué, alors que j’avais bien dormi la veille, peut-être pour récupérer de toute cette nouvelle charge émotionnelle, même pas déprimé, mais sans doute, oui, profondément choqué. Une nouvelle claque dans la gueule ais-je pensé, et en même temps… En même temps quoi ?</p>
<p class="Style1">Je savais. La rencontre de Maryse et Patrick, mon père, sur un trottoir, moi l’authentique fils de pute. Dix ans plus tard. Dix ans après sa rupture avec Ghislain, alors qu’elle disait avoir arrêté. Savoir. Savoir à tout prix. Le devoir de mémoire. Si je reviens sur ce terme c’est qu’il sous entend un devoir moral de dire, de reconnaître, et d’accepter la responsabilité que l’on peut avoir, dans la douleur que l’on a causé.</p>
<p class="Style1">Maryse m’a causé beaucoup de douleur. D’où cela venait-il ?</p>
<p class="Style1">Pourquoi Maryse est-elle partie de sa campagne profonde pour affronter « ça ». La violence du monde, cette violence que, bien sûr, je porte en moi, dans ma chair, mes souvenirs, ceux qui ne sont pas mémoire, justement. Ceux qui sont inscrit dans mon ADN.</p>
<p class="Style1">Puis-je échapper à tout cela ? Bien sûr. Car il faut transformer en beauté même le pire, et, d’une certaine manière. Je dis bien d’une certaine manière. C’est ce que Ghislain a fait en écrivant ce livre, et Maryse en me disant de le lire.</p>
<p class="Style1"><em>« Le devoir de mémoire est le devoir moral qu&#8217;ont les États d&#8217;entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population, surtout lorsqu&#8217;il en porte la responsabilité ».</em></p>
<p class="Style1">Alors, après m’être réveillé, j’ai pris mon ordinateur, et je suis venu m’installer au Mc Do pour écrire, au dessus de la place Pigalle au passé trouble. Cet après midi, alors que je buvais un Tchaï tea latte venti au Starbuck du coin de la rue en finissant « Monsieur Gontran » (je sais, je sais, mais croyez-y où non, cela a beaucoup à voir avec cette culture populaire qui me fascine), j’ai rencontré un couple qui m’a demandé quel était ce livre qui me passionnait tant. Je venais de le finir, et je leur ai tout raconté, et puis nous avons aussi parlé de Pigalle, ce quartier d’artistes et de prostituées, de modèles… « Savez-vous si les modèles gagnaient plus que les putes », me suis-je vu demander à cet ancien banquier… « Savez-vous si ». Maryse avait été modèle aussi. Pourquoi a t-elle fait cet autre métier ?</p>
<p class="Style1">Monsieur Gontran explique ce que Maryse n’a jamais dit :</p>
<p class="Style1"><em>« …c’est surtout par la tronche qu’elle était remarquable. Alors, là, complètement dingue. Pétardière ! renaudeuse ! … J’ai mis des mois à me l’assouplir. Faut dire qu’au moment où je l’ai prise, c’était une cavette de vingt ans. Elle faisait ses études et devait passer sa seconde partie du bac. Elle avait été ma maîtresse<span> </span>un certain temps, mais je la poussais hein ? Et très sérieusement ! « Termine ! je lui répétais. Travaille et termine tes études, t’as pas traîné sur les bancs pour finir en couilles, sans diplôme quand même ! » Seulement cette conne foutait rien. Je ne sais pas si elle en était incapable ou si elle voulait pas. Toujours est-il qu’elle a échoué. Je lui ai dit : « écoute fillette, qu’est-ce que tu vas glander dans la vie ? » Elle savait pas. Alors j’ai décidé pour elle. « Eh bien, puisque tu fais pas d’études, travailler pour soixante sacs par mois à l’EDF ça vaut pas un coup de cidre. Tu vas y aller. » Et elle s’est retrouvée aux asperges. Elle a fait ses classes chez la mère Lucienne, aux Halles, et après je lui ai trouvé une place à la Madeleine. </em></p>
<p class="Style1"><em>Mon vieux, ça a été tout de suite une gagneuse ! »</em></p>
<p class="Style1">Et après arrivent les détails que je ne retranscris pas ici…</p>
<p class="Style1"><em>« … Du jour où elle s’est retrouvée au tapin, elle est devenue adulte… Elle le sentait… elle se le prouvait… Remarque je l’avais policée un peu… je lui avais appris des trucs, les usages de son monde… et de l’autre, tu vois ? »</em></p>
<p class="Style1">Puis le passage où il lui choisi ses lectures pour appâter le client, et :</p>
<p class="Style1"><em>« Je lui faisais lire tout ce qu’il y avait de bon… ça pouvait aller de la vie des hommes illustres jusqu’à Stendhal, en passant par Aragon. « Le cul c’est une chose, je lui disais, la tête en est une autre. Ton cul est à tout le monde, pas ta tête. Faut la soigner. » Alors, même quand elle tapinait, je l’emmenais à des concerts, des expositions, des musées… ça lui faisait une vie différente des putes ordinaires. »</em></p>
<p class="Style1">Des trucs comme ça.</p>
<p class="Style1">18 341 526 millions de personnes oui. La merde !</p>
<p class="Style1">Ma psychanalyse en public, et ma copine qui me dit qu’elle a aussi besoin de légèreté. D’arbres, de nature.</p>
<p class="Style1">Ne pas confondre poids et profondeur.</p>
<p class="Style1">Ne pas confondre</p>
<p class="Style1">Ne pas confondre</p>
<p class="Style1">Je continue de dire que je n’ai jamais été aussi heureux, malgré tout, où à cause de tout. Comment suis-je passé au dessus de tout ça ?</p>
<p class="Style1">Comment pourrais-je faire lire <em>« Monsieur Gontran »</em> à mes enfants un jour si eux aussi se mettent à confondre.</p>
<p class="Style1">Les arbres, la nature, et le bitume. Le blanc et le noir. Qui font notre humanité.</p>
<p class="Style1">Les derniers mots de ce livre si honteux, enfin… juste un peu avant la fin :</p>
<p class="Style1">Monsieur Gontran, encore dans la merde, parle à un avocat.</p>
<p class="Style1"><em>« - Merde, vous y allez fort !</em></p>
<p class="Style1"><em>- C’est vous qui y allez fort ! Dans la vie il convient d’être insignifiant, effacé, respectueux. Or, vous, vous baisez à gogo, vous bombez le torse, vous tonitruez, vous cognez et vous chantez cocorico ! Vous vous prenez pour un julot, vous êtes un bourrin. Et vous agissez comme vous en avez envie… comme la plupart des mâles ont envie d’agir…</em></p>
<p class="Style1"><em>- Vous y compris peut-être ?</em></p>
<p class="Style1"><em>- Moi y compris. Et le juge comme les autres. Vous êtes une insulte à notre hypocrisie et à nos regrets. Ça aidera bien à vous condamner.</em></p>
<p class="Style1"><em>- Mais bon sang ! La vérité c’est qu’on m’a traité de PD et que…</em></p>
<p class="Style1"><em>La vérité, il s’en foutait. Chacun la sienne et rien de moins supportable que celle des autres. Dans mon cas, il ignorait ce qu’elle était, mais il savait bien ce qu’elle allait devenir (…).</em></p>
<p class="Style1"><em>« Et vous vous trouvez seul devant la France laborieuse, suffisant, monumental, rigolard, insolent de crinière et de barbe, avec votre voix rauque et vos dents en moins. On vous verra ignoble, inutile, et heureux par dessus le marché… ». Il me les pelait vraiment, l’enviandé !</em></p>
<p class="Style1"><em>- Toi, le cher maître, je lui envoie dans le tube, je vais venir te faire avaler ton encrier si tu continues !</em></p>
<p class="Style1"><em>- Vous voyez bien que la vérité des autres est insupportable ?</em></p>
<p class="Style1"><em>Et il a raccroché ».</em></p>
<p class="Style1">
<p class="ecxStyle1">Au moins être fier, de ce que l’on est, ou en tout cas l’accepter, et ensuite&#8230; Mouais. Quel fils de pute quand même !</p>
<p class="ecxStyle1">Sinon, j’ai enfin fini de payer ma montre Lip, pour le symbole, vous savez…</p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Plus tard</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 09:42:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
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Lundi 1er février
Depuis ma performance au Citadium, je suis abonné au Monde.fr, et je reçois, chaque jour cinq ou six mails différents ayant trait à l’information. « Obama renonce à envoyer des hommes sur la lune alors que la Chine et l’Inde fourbissent déjà leurs fusées », « Google menace de quitter la Chine », « grâce à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/bureau-light.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-351" title="bureau-light" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/bureau-light.jpg" alt="" width="500" height="667" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 1</span><sup><span style="color: #ff0000;">er</span></sup><span style="color: #ff0000;"> février</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Depuis ma performance au Citadium, je suis abonné au Monde.fr, et je reçois, chaque jour cinq ou six mails différents ayant trait à l’information. <em>« Obama renonce à envoyer des hommes sur la lune alors que la Chine et l’Inde fourbissent déjà leurs fusées », « Google menace de quitter la Chine », « grâce à la Chine l’Asie connaît pas la crise », « Les ambitions de la Chine créent des tensions avec l’occident », « Taïwan : Pékin annonce des sanctions contre Washington », « Les relations diplomatiques sino-américaines sont entrées en zone de turbulences depuis l&#8217;affaire Google »</em>. C’est très étonnant de vivre le siècle de la déchéance Américaine (<em>« plus gros déficit budgétaire jamais enregistré »</em>) alors que le débat sur « l’identité nationale Française » fait encore parler de lui. Combien de temps encore subira-t-on l’influence américaine sur nos vies et qu’en restera-t-il lorsque les Etats-Unis ne seront plus la première puissance mondiale. La musique, le cinéma, les fringues. Comment sera le monde le jour où Pékin aura vraiment assis son influence sauvage ?</span></strong></p>
<p class="Style1"><em>« Le message doit être clair, et fort: si les Etats-Unis ne respectent pas les intérêts essentiels de la Chine, ils ne peuvent s&#8217;attendre à ce que celle-ci coopère sur une vaste gamme de problèmes internationaux et régionaux essentiels »</em> (China Daily)… Ah ! Tiens… La Chine tient déjà les Etats-Unis par les couilles ? L’échec du communisme et le succès de Mao à faire de son pays « une grande nation » ou la liberté n’existe que surveillée, muselée, contrôlée avec à chaque coin de rue un commissaire du peuple portant le brassard de l’inspection généralisée… Oserais-je dire que j’ai aimé la Chine quand j’y ai été ? Où trouver la liberté aujourd’hui. Comment se battre pour elle à notre échelle ? Et l’incessant, <em>« toute rencontre avec le Dalaï-Lama engagera des sanctions »</em>… Incroyable tyrannie d’un pays sur le reste du monde qui, déjà, ne laisse plus grande place au respect et à la « tolérance mutuelle » (valeur chère entre toute du bouddhisme), ces mots que je déteste car ils sous entendent, toujours, la supériorité de l’un sur l’autre. Tolérer ? C’est qu’il faut bien être supérieur, ou, tout du moins, le penser. Supérieur mutuellement, mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"> </span><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 3 février</span></strong></p>
<p class="Style1">L’homme se réveille, il se sent gros, il a mal dormi.</p>
<p class="Style1">Depuis qu’il a recommencé à rêver, il fait parfois des cauchemars.</p>
<p class="Style1">De temps à autre l’envie de tout quitter le tourmente. Retrouver son misérable mais très agréable appartement de 15m2, abandonner l’idée de faire des enfants, l’idée que l’on peut-être heureux avec quelqu’un d’autre que soi-même. Créer la vie. Dire merde à cette société qui condamne et étouffe la sensibilité des plus faibles, et en même temps vivre son égoïsme. Accepter que l’on n’encourage pas et nie le plus souvent le talent quand il est teinté de cette forme de différence revendicative qui donne souvent naissance aux plus belle choses, et permet les changements les plus profonds, ceux dont on a peur. Combien d’être broyées et annihilées par leur croyance en un autre possible ?</p>
<p class="Style1">L’un de ses meilleurs amis couve des idées de suicide et à beaucoup de mal à trouver sa place dans ce monde, et l’homme ne peut ignorer qu’il est aussi intéressé par cette souffrance là, malgré (ou à cause) de son bonheur et de sa joie de vivre présente. Concerné en tant qu’humain, en tant qu’artiste, en tant qu’intellectuel, un terme qui définirait bien l’homme s’il n’avait passé sa vie à le contester, à contester son appartenance à cette forme d’hiérarchie-là.</p>
<p class="Style1">Au moment du grand réajustement, l’homme se questionne. Tout cela vaut-il la peine ? Le grand appartement. La copine qu’il aime et qui l’aime. Sans doute lui aussi a-t-il peur. Cette peur immense qui, déjà, il y a longtemps, l’avait étreint. Non pas la peur de l’échec ou du succès, mais qu’il ne soit pas fait pour « ce monde-là ».</p>
<p class="Style1">Où que le regard de l’homme se porte, il sent une certaine misère, un mal être généralisé dont il connaît bien les racines. L’égoïsme, l’égoïsme de rigueur, celui qui le tente parfois lui aussi, l’individualisme, « la peur de se griller pour l’autre » comme disent les jeunes.</p>
<p class="Style1">Dernièrement, l’homme, je, ai demandé à mon amie de contacter un de ses proches pour un projet qui me tenait à cœur, et cette dernière a jugé que ce projet n’intéresserait pas son ami, la star, pour de multiples raisons. Le manque de temps, le peu de chance de succès d’une rencontre entre les deux hommes, entre l’univers des deux hommes, et aussi, sans doute la peur de « griller une carte ».</p>
<p class="Style1">Assis au mac do après avoir écrit se début de texte dans sa baignoire, l’homme se sent étouffer. Il regarde dehors. La faune de Pigalle, les bus qui passent, le bruit des étudiants qui mangent à côté de lui.</p>
<p class="Style1">Comment ne pas tenter de pousser la rencontre entre deux êtres que l’on aime sous prétexte de différence? D’incompatibilité décidée. Parce que l’on ne veut pas mélanger, qu’il ne faut pas mélanger, surtout pas. La souffrance de l’homme. Ne pas laisser de chance à la chance, jamais, car cette chance coûte bien trop cher lorsqu’elle ne se meut pas dans le bon sens. Initier des débuts de, n’avoir pas peur d’essuyer des refus, se réinventer tous les jours. Quand il ne s’agit pas de soi.</p>
<p class="Style1">Même lorsque l’on pense que cela n’a aucune chance de marcher. La magie de la vie qui se trouve niée, chaque jour, chaque heure, chaque minute. La rencontre de l’homme et de la femme que pourtant rien apparemment ne destinait l’un à l’autre alors que tout les prédestinait.</p>
<p class="Style1">Comment peut-on juger pour les autres ?</p>
<p class="Style1">Artistes. Tous sont artistes. Ils ont un jour fait un choix, le choix le plus important de la vie. Créer. Certains en ont fait un métier, d’autres sont restés en contact avec la source vive, souvent ceux qui ont le moins bien réussit, restant figés sur leur idéalisme, leurs rêves. Certains ont oublié à quel point ce chemin est un chemin difficile, parfois à cause de la chance, ou du poids des responsabilités, un chemin plein d’embûches et de décisions irrémédiables. Un choix respectable et respecté entre tous lorsqu’il est couronné de succès, et rejeté dans le cas opposé. Dans l’antiquité on parlait de guides, de liens entre l’homme et dieu, d’interprètes ; poètes, rapsodes, chanteurs, écrivains, philosophes, peintres, dessinateurs, réalisateurs, architectes… être en contact avec le divin. Le savoir.</p>
<p class="Style1">Les artistes sont rares, les vrais artistes, dit-on. Combien sur la multitude seront choisis ? Par qui et pourquoi ? Les amis de nos amis sont nos amis dit-on aussi, et tendre la main est un devoir paraît-il. Aider son prochain. Si peu se souviennent. L’héritage Judéo Chrétien. Tous se souviennent, presque tous nient.</p>
<p class="Style1">Évidemment que les hommes « savent », mais ils préfèrent souvent faire autrement, revendiquant leur liberté et ne sachant que cette liberté là n’est qu’illusion, destruction, égoïsme donc. Se réfugier derrière son égo, derrière les règles d’une société qu’on ne cesse de critiquer, d’un monde qu’on a pourtant fait à notre image. Notre incomplétude. Mettre dans la case rebelle, éternel adolescent, artiste raté, ceux qui gênent, pour, pourquoi pas, les reconnaître après leur mort.</p>
<p class="Style1">Et puis, il y a les monstres sacrés, ceux qui ont eu de la chance, ceux qui se sont battus plus que les autres, ceux qui le pouvaient, ceux qui le voulaient. Ceux qui étaient capables de penser en terme de stratégie, de positionnement, de précision.</p>
<p class="Style1">L’homme avait eu une discussion sur ce sujet la veille avec une femme qui, entre toutes, pouvait bien représenter l’esprit de l’institution, intelligente, raffinée, éduquée. L’homme avait essayé de lui parler de contre-culture, de science-fiction, d’entités marginales, mais ceux-ci n’entraient pas dans le cercle d’intérêt de la femme. Ils étaient « autres » et le resteraient, malgré leurs qualités indéniables ceux-ci ne pouvaient correspondre. La précision qui paraît-il n’est pas élitisme. « Mais les écrivains de science-fiction sont très précis », avait-elle dit pour clore le débat. J’étais resté silencieux. Pourquoi ce terme de précis me gênait-il autant ?</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"> </span><strong><span style="color: #ff0000;">Plus tard</span></strong></p>
<p class="Style1">Un homme me dit : « Et je vais être très connu ». Je le crois, je l’aide, ou en tout cas m’intéresse, le soutien, pourquoi pas après tout. C’est maintenant à lui de faire ses preuves, trouver son chemin, réussir ou échouer, mais en tout cas essayer. C’est ainsi que je nourri le monde, et que nous le nourrissons tous, et pas avec le rejet, qui est à la mort ce que la création est à la vie.</p>
<p class="Style1">Juger ? De quel droit. Le tri se fait tout seul. Il s’agit juste d’appréciation généralisée. Y a t-il des vérités qui soient réellement immuables ?</p>
<p class="Style1">Dieu peut-être ?!?&#8230;.</p>
<p class="Style1">Tout cela n’est finalement qu’une question de point de vue. Les réacteurs nucléaires, l’individualisme poussé à son paroxysme ou l’électricité pour tous.</p>
<p class="Style1">Après nous le déluge ? C’est une phrase de la marquise de Pompadour après une défaite militaire de Louis XV, son amant, qu’elle conseillait. Son pouvoir ? Ou celui qu’elle s’était elle-même octroyée…</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 4 février</span></strong></p>
<p class="Style1">Temps superbe, je m’apprête à aller faire du skateboard, ce midi à la fontaine des innocents, et ce soir au skateparc de la Chapelle avec mes amis. Je sors du cinéma ou j’ai vu le dernier film des frères Cohen, qui m’a beaucoup plu. Quand tout semble se régler, il y a toujours une nouvelle tempête à l’horizon qui approche, attention aux mauvaises actions. Morale juive ? Sans happy end. Une prise de conscience américaine ? J’ai adoré. Aujourd’hui je vais mieux, la dépression passagère de l’un de me meilleurs ami mise de côté le temps d’une session, « à chacun ses problèmes comme qui dirait ». Et ce matin un réveil magnifique avec Jessica qui riait à côté de moi, heureux heureux heureux. Ce réajustement dans ma vie qui me prend tant d’énergie. Penser au futur. Ais-je jamais pensé au futur de cette manière là ? Je ne crois pas. J’ai même réservé une montre dans un magasin, alors que je suis à sec, pour, pourquoi pas, un jour le donner à mon fils ou ma fille, notre fils ou notre fille. C’est à cause de Ramdane tout ça. Ramdane qui un jour perdu une montre à laquelle il tenait car elle correspondait à la naissance de son premier enfant. Il était tellement déçu. Bizarrement l’une des fois où j’ai le plus senti son humanité. Il avait laissé le portefeuille avec tout l’argent de notre voyage dans la voiture, comme il le fait toujours, la montre dedans, et évidemment il se l’était fait voler. L’argent, ce n’est que de l’argent (environ 3000 e je crois) mais la montre, la montre pour son fils. Sa déception, il se fichait vraiment de la thune, étonnant et en même temps tellement lui. Cette liberté là. Et puis nous avions rencontré des gens qui nous avaient aidé et qui sont resté des amis. Il fait trop beau. Je vais skater. Me manger un KFC à la fontaine en souvenir du bon vieux temps… Ah ! la montre de Ramdane était une Rollex, la mienne sera une Lipp. Les marques toujours et encore et toujours et encore. Pas grave, il fait beau, il fait beau, il fait beau.</p>
<p class="Style1">C’est dur quand on a des amis proches qui vont mal. Ça nous atteint, forcément.</p>
<p class="Style1">Je t’aime Jessica et finalement tu as raison, on s’en fiche de la rébellion, ce n’est pas que le chemin qui compte, mais aussi le but à atteindre, celui qu’il ne faut pas perdre de vue, jamais.</p>
<p class="Style1">Être heureux et rendre heureux. Y a t-il plus belle chose ?</p>
<p class="Style1">Et s’accomplir, dans ce bonheur.</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 11 février</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Alors qu’en général je ne me souviens que d’un ou deux rêves par an, depuis que je suis avec Jessica je me réveille souvent dans cette espèce de torpeur si particulière qui accompagne le songe heureux. C’est une sensation très spéciale que je n’avais encore jamais expérimenté adulte. J’ai bien quelques souvenirs d’enfance, mais ils constituent une mémoire si lointaine que je ne suis sûr de rien.</span></strong></p>
<p class="Style1">Après avoir réfléchi plusieurs jour à la proposition de mon amie pour qui la précision uniquement explique le succès des grands artistes, j’en suis venu à une conclusion toute différente. Pour moi, il s’agit surtout d’incarnation. L’artiste se doit d’incarner une idée, une posture, un geste. Que ce geste soit précis ou vague m’importe peu puisque c’est son œuvre toute entière qui se fait le témoignage de son intégrité. La précision, c’est l’élitisme, une notion que je hais entre toutes, alors que l’incarnation…</p>
<p class="Style1">Sinon, je travaille toujours comme un fou à mes différents projets de livre, agite les souvenirs comme autant de fantasmes de mon passé, que j’essaye de remettre en ordre et dans leur contexte. C’est un travail d’autant plus difficile qu’il me met aujourd’hui face à un moi-même que j’aurais tendance à vouloir oublier. Le moi-même qui me faisais « péter les plombs » et douter il y a quelques jours qu’un bonheur dans la durée soit possible pour moi, et surtout puisse venir d’autre chose que de mon art. Art qui passerait presque à la seconde place s’il n’était pas si important dans une pratique quotidienne et n’occupait, souvent la plupart de mes pensées.<span> </span>Mais enfin… Les pensées sont une chose et le quotidien une autre et que : <em>«  L’homme, est forcément plus important que son œuvre, et, puisque c’est vivant qu’il est, c’est vivant que l’on doit l’aimer, non à travers une oeuvre posthume sans aucun rapport avec le présent d’un art contemporain que j’exècre »</em>, comme je le retrouvais dans l’un de mes textes écrit en 2004, quelques mois avant la rédaction du manifeste de l’art posthume. La vie d’abord, l’art après. Comme l’impression jusqu’à maintenant de ne m’être servi de mon art que pour nourrir ma vie. C’était une erreur.</p>
<p class="Style1">Jessica, qui m’aide à travailler sur l’un de mes projets de livre et prépare une longue interview de moi, me demande si je suis en train d’écrire l’un de mes fameux textes du matin, et si j’y parle de ma frustration d’hier. C’est vrai que je me sentais bizarre après le départ de mon ami Ramdane et quelques heures passées dans les photos prises au temps de l’épicerie (1998-1999). Sur trois ou quatre tiroirs bien rempli nous n’en avons regardé qu’un et fait une sélection très large et bien trop rapide de « documents » qui pourraient donner lieu à une nouvelle édition. J’ai désespérément besoin d’un scanner et de nouveaux outils pour mener à bien tous ces nouveaux projets. Archiver, classer. Jeter l’inutile aussi peut-être ?</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1">
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		<title>Paludes</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/01/paludes/</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 14:26:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
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Vendredi 29 janvier
L’homme était malade. Comme sa copine la veille il savait qu’il devait passer la journée au lit. Il avait beaucoup de mal à rendre les choses, vomir, se forcer à ressortir par le haut ce qui devrait sortir par le bas. L’homme y voyait une image de sa vie, de ce qu’il était. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/paludes-l.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-349" title="paludes-l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/paludes-l.jpg" alt="" /></a></p>
<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Vendredi 29 janvier</span></strong></p>
<p class="MsoNormal">L’homme était malade. Comme sa copine la veille il savait qu’il devait passer la journée au lit. Il avait beaucoup de mal à rendre les choses, vomir, se forcer à ressortir par le haut ce qui devrait sortir par le bas. L’homme y voyait une image de sa vie, de ce qu’il était. On ne marche pas à reculons pensait-il en lisant « Paludes » d’André Gide. <em>« Leur plaisanterie me parut prétentieuse, de sorte que je cru devoir n’entrer qu’après eux ».</em> Mon rapport au monde, aux choses. La pluie qui tombe, les cris d’enfants dans l’école de l’autre côté de la cour.</p>
<p class="MsoNormal"><em>« Il y a des choses que l’on recommence chaque jour, simplement parce que l’on a rien de mieux à faire ; il n’y a là ni progrès, ni entretien – mais on ne peut pourtant pas ne rien faire… C’est dans le temps le mouvement dans l’espace des fauves prisonniers ou celui des marées sur les plages. »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Quelle monotonie ! recommençais-je – après un silence. Pas un événement ! il faudrait tâcher un peu de remuer notre existence. Mais on n’invente pas ses passions ». </em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Moi, cela m’est égal, parce que j’écris (…) mais ce qui m’est insupportable c’est qu’</em><em><span><span>[</span></span>ils ne comprennent</em><em><span><span>]</span></span> <span> </span>pas cet état… C’est même ce qui m’a donné l’idée d’écrire (…)». « - Pourquoi veux-tu donc </em><em><span><span>[</span></span>les</em><em><span><span>]</span></span> troubler, si </em><em><span><span>[</span></span>ils sont heureux</em><em><span><span>]</span></span> comme cela ? – Mais </em><em><span><span>[</span></span>ils ne sont pas heureux</em><em><span><span>]</span></span>, mon cher ami ; </em><em><span><span>[</span></span>ils croient</em><em><span><span>]</span></span> l’être parce qu’</em><em><span><span>[</span></span>ils ne se rendent</em><em><span><span>]</span></span> pas compte de </em><em><span><span>[</span></span>leur</em><em><span><span>]</span></span> état ; tu pense bien que si la <strong>médiocrité</strong> se joint à la cécité, c’est encore plus triste. – Et quand tu ouvrira </em><em><span><span>[</span></span>leurs</em><em><span><span>]</span></span> yeux ; quand tu auras tant fait que de </em><em><span><span>[</span></span>les rendre malheureux</em><em><span><span>]</span></span> ? – Ce serait déjà bien plus intéressant ; au moins </em><em><span><span>[</span></span>ils ne seront plus satisfait – ils chercheraient</em><em><span><span>]</span></span> »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Et comme aucun enfin ne souhaitait guérir et que les fleurs s’en fussent fanées, Tityre prend lui-même la fièvre pour pouvoir au moins se soigner »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« L’agenda a du bon, pensais-je car si je n’eusse pas marqué pour ce matin ce que j’eusse du faire, j’aurais pu l’oublier, et je n’aurais pu me réjouir de ne l’avoir point fait. C’est toujours là le charme qu’à pour moi ce que j’appelai si joliment l’imprévu négatif ; je l’aime assez car il nécessite peu d’apport, de sorte qu’il me sert pour les jours ordinaires. »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Rien qu’on puisse laisser derrière soi, disant : « CELA EST ». De sorte que nous revînmes pour voir si tout y était encore. – Ah ! misère de notre vie, n’aurons-nous donc rien fait faire aux autres ! rien fait ! que remorquer ainsi ces flottantes dérives… »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Nous n’avons jamais vécu plus, dit A. Peut-on dites-moi vraiment, vivre plus ? Où prîtes-vous le sentiment d’une plus grande exubérance ? Qui vous a dit que cela soit possible ? </em><em><span><span>[</span></span>L’homme</em><em><span><span>]</span></span> ? – Vit-il plus parce qu’il s’agite ? »</em></p>
<p class="MsoNormal">Malade, fiévreux, heureux. Du temps pour réfléchir. Et le travail qui s’accumule, s’accumule, s’accumule. Un livre sur mes performances, un livre sur mon art, un livre sur mes photos, un livre sur mes dessins, un dictionnaire de l’art contemporain, un catalogue pour les bougies, un projet de film à réécrire, un nouveau site internet à réaliser, des expos à préparer, et l’envie, toujours, de ne rien faire que poussé par l’inspiration, cette muse capricieuse.</p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>&#8220;Aujourd&#8217;hui&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 13:28:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Vendredi 8 janvier
 Je sens comme une fêlure en moi. Longtemps j’ai pensé que l’on pouvait tout surmonter et pris pour exemple des gens qui s’étaient extrait de leurs milieux ou avaient vécu des choses si terribles que leur survie même tenait du miracle. Puis, j’ai compris aussi que l’on pouvait « casser », et qu’une fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/happiness-l.jpg"><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-343" title="happiness-l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/happiness-l.jpg" alt="" width="500" height="589" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Vendredi 8 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong> <span style="font-weight: normal;">Je sens comme une fêlure en moi. Longtemps j’ai pensé que l’on pouvait tout surmonter et pris pour exemple des gens qui s’étaient extrait de leurs milieux ou avaient vécu des choses si terribles que leur survie même tenait du miracle. Puis, j’ai compris aussi que l’on pouvait « casser », et qu’une fois un certain point atteint il n’y avait plus de retour possible. Très jeune, j’ai cherché à atteindre ce point. J’étais comme fasciné. Je me disais : « et si je devenais fou ». Je m’installais sur le lit et je laissais tourner les choses. Tout tournait ; la terre et moi avec. Je perdais mes repères, un instant, et puis la réalité revenait s’imposer à moi. Une réalité difficile, des parents séparés, un père absent, une mère plus ou moins disparue, une belle-mère qui faisait tout pour me montrer que je n’étais pas le bienvenu dans sa vie, un beau-père inapte à me comprendre. On a toujours tenté de me changer, de me montrer que j’avais tort. Tort de faire du roller, du skate, d’être dans la mode, de ne pas assez gagner d’argent alors que, de faire-ci ou de faire-ça. Je me suis durci et j’ai décidé de n’écouter que mon instinct, celui qui m’avait permit de survivre, malgré tout, à toutes ces « remontrances », ces incessantes remontrances. J’ai vécu pendant 15 ans dans un petit appartement qui est devenu ma base et ma sécurité, j’ai tout fait pour réunir des gens, autour de moi et mon énergie, et j’ai aidé beaucoup de monde à travers les différents projets qui m’ont permis, à moi aussi, de grandir. Avant la journée d’hier je n’avais jamais pensé que j’avais construit autour de moi des gardes fous, ce que l’on appelle des gardes fous. Essayé de créer des choses qui durent, des choses sur lesquelles me reposer. Je n’ai plus du tout envie de devenir fou, même si une partie de moi sera toujours attiré par cela, comme on peut l’être par le vide, surtout lorsque ce vide s’est un jour incrusté dans notre vie.</span></strong></p>
<p class="Style1">J’ai aussi vu autour de moi le pouvoir de la confiance octroyée. Retirer sa confiance c’est un peu tuer quelqu’un, de même que le trahir. J’ai été trahi un nombre incalculable de fois. Profondément trahi. Et aujourd’hui je suis fatigué. J’ai peur, « comme un enfant dans le noir ». Je viens de rencontrer une nouvelle amie. Nous nous aimons. Mais qu’adviendrait-il si.</p>
<p class="Style1">Et puis il y a l’art. Cet art qui est ma vie. Ce qui réellement me tiens.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 13 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1">Daniele me dit cette phrase étrange : « Vie mort et miracle », ça me plaît beaucoup.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 14 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">Il fait un froid de canard dans l’appartement, malgré les deux petits chauffages à fond. La chaudière ne marche pas et voilà, ça y est, je découvre la joie des grands espaces toujours froids. Travailler, travailler dans le froid est presque impossible. On rêve de bains chaud, de gros manteaux, d’étreintes dans le lit, on fait tout ça et après, quand on se penche sur la table il est presque impossible de rien faire. Au moins dehors il fait froid pour une bonne raison. Dehors, c’est dehors. J’ai même travaillé trois minutes en terrasse aujourd’hui, et puis je me suis laissé happer par la rue, son agitation, les gens qui passent et repassent, la faune de Pigalle. Je n’arrive pas à m’habituer à mon nouveau quartier. Le marais me manque, le marais me manque énormément. Abesses et les bobos du ciné, le marais et la mode, les graphistes à lunettes partout, comme un con avec mon ordi sur les genoux. Hier Jessica m’a dit : et si j’arrêtais la pilule ? Cet après-midi j’en discutais avec un ami nouvellement père. « C’est génial, quand tu vois ta meuf avec ton fils ou ta fille dans les bras, mais après l’intimité ce n’est plus pareil ». « C’est quand même la plus belle chose du monde, j’en pleure presque à chaque fois ». J’ai tellement de choses à faire, à organiser, à penser, tout se mélange. Le froid m’engourdit. Les projets. La liste de projets. Tous ces livres que je lis, que j’achète, l’argent, le cinéma, les restau, un ami qui gagne 40 000 euros par mois m’en propose 800 pour faire 365 dessins, enfin 12 modifiables, me dit que je devrais me trouver un métier, autre chose que l’art. Je dois lui rendre mes trucs mardi. Et moi, moi devant mon ordi avec mes idées de livre, d’expo, de site internet, de dictionnaire d’art, d’illustrations et de chroniques pour les magazines, moi qui court après le temps libre comme d’autres après leurs souvenirs. S’éduquer, se cultiver, être libre, trouver l’équilibre. On ne fait pas de l’art de 8h à 5h comme d’autres vont au bureau. Avec Jessica nous nous donnons un an. Un an pour asseoir notre situation, pour grandir ensemble, rapidement si possible. Deux hystériques me téléphonent et me gâchent la journée. Je ressens de plus en plus l’énergie des gens, surtout la mauvaise depuis que dans ma vie privée tout est au beau fixe. D’autres projets, le temps qui passe, et moi à côté du radiateur qui pense, et pense, et pense.</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 18 janvier, matin</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">Depuis la fin de ma performance à Citadium, j’erre un peu comme une âme en peine en me demandant quels nouveaux projets vont gouverner ma vie en 2010. J’ai des tonnes de projets, et, principalement de construire une stabilité avec ma nouvelle amie Jessica. Rétrospectivement, quand je regarde derrière moi, je me dis que c’est la première fois depuis plus d’une dizaine d’année que je suis réellement heureux, dans une durée qui ne me paraisse pas que celle de mon « fantasme ». Je veux mériter ce bonheur et donner autant que je reçois. C’est bien normal. Alors je cherche des moyens, moyens d’accéder plus rapidement à cette reconnaissance de mon travail qui pourrait poser cette stabilité que je recherche. Bientôt un livre photo doit sortir, puis, je l’espère, deux ou trois autres ouvrages, mes dessins, mes performances, mes textes. J’ai besoin de nouveaux outils. Je prend des rendez-vous, demande conseil, cherche à me réinventer. Ramdane, mon meilleur ami donc, me propose de devenir graphiste, ou de l’aider à monter une boîte de tee-shirt. Régulièrement il me parle de nouvelles idées de carrière dans lesquelles je pourrais m’épanouir, en attendant la reconnaissance de mon travail d’artiste qui ne viendras peut-être jamais. Mais je ne suis ni graphiste, ni vendeur de tee-shirt. Un choix à été fait il y a bien longtemps et rien ne pourra jamais me faire revenir sur ce choix qui m’a déjà tellement coûté. On ne revient pas en arrière quand la moitié du chemin a été parcourue, et surtout quand on est heureux et fier de ce que l’on fait. Je n’ai aucun doute sur la valeur de mon choix pour moi-même<em>, et pour les autres</em>. </span></span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">De tels choix sont ce qui rend le monde vivable, et non la lutte acharnée pour l’argent, le succès, la reconnaissance à tout prix. Jean-Charles de Castelbajac, qui est aussi mon ami, me dit : « tu sais ce que c’est un adolescent ? Quelqu’un qui vit au crochet des autres ». Je suis venu lui dire bonjour et voir quand il va payer une œuvre qu’il a réservé à ma galeriste Patricia Dorfmann. Le même homme me dit régulièrement que « je devrais grandir un peu, mettre un costume, faire plus de concessions, et surtout avec le talent que j’ai, de plus me bouger le cul ». Je crois qu’il a un peu oublié l’importance parfois de tenir ses positions, et en même temps je sais très bien que ses positions lui les a tenu, alors pourquoi ? Pourquoi me dire cela ? Hier, Emmanuel de Brantes, à qui je voulais présenter un projet a commencé à m’expliquer comment le vendre, et, avant même que j’ai réellement eu une chance de discuter avec lui du pourquoi et du comment, insisté sur la nécessité de créer une dynamique entre la marque, le sponsor, ou « le client », et l’artiste qui ne peut vivre aujourd’hui « de la simple beauté de son geste » (cette phrase est de moi). Et s’il le pouvait ?</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;"> « N’avoir besoin de rien ne veut pas dire que l’on ai pas envie de tout, de vivre tout je veux dire ».</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;"> Transmettre un CD, se mouiller un peu pour ses amis, monter à la corde, défendre et protéger. Non pas modifier pour plaire. Ajuster pourquoi pas, mais modifier… Changer le sens. Il y a dans mon travail une logique et une constance, pourquoi cela semble-t-il si important à mon entourage que je baisse un peu les armes, que j’apprenne le relationnel et le discours ? Les grands artistes doivent-ils vraiment se justifier et se vendre ? Plus que jamais je crois au travail, et mon travail est là pour parler pour moi. Peut-être ne présentais-je pas bien, peut-être ne suis-je pas doué pour le relationnel, peut-être y a t-il des raisons pour lesquelles je ne travaille pas plus pour la pub, les tee-shirts, et les mugs. Peut-être croyais-je en une autre forme de respect que celui qui consiste régulièrement à dire à ses proches qu’ils ont tort quand tout semble aller contre eux. J’ai rencontré plusieurs fois dans ma vie des gens qui « n’étaient rien » ou qui « avaient été quelque chose » (personne n’est rien et être quelque chose est toujours relatif), et réalisé à quel point le simple fait de donner sa confiance à quelqu’un pouvait le faire avancer. Qui donne encore aujourd’hui son aide en acceptant que cela ne puisse avoir aucune valeur sociale autre que le simple plaisir d’avoir été utile à quelqu’un (surtout dans les milieux « créatifs » ou la place est si chère)? Et qu’entends-t-on aujourd’hui par valeur sociale ? Le retour sur investissement ? Quelle belle générosité ! Tout le monde se plaint d’un abrutissement généralisé, et quoi ?</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><span>Je suis là. Je ne vais pas bouger. Tenter, vaguement de rendre mon travail plus « lisible » dans le sens du marché me rendra-t-il plus viable en tant qu’être humain ?</span></p>
<p class="Style1"><span>Je ne le crois pas.</span></p>
<p class="Style1"><span>Et ne le croirais jamais. Ne pas faire pour être mais être pour être.</span></p>
<p class="Style1"><span>Ne suis-je réellement pas, suffisamment ?</span></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 18 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><span>Comme souvent, quand je vais au cinéma, je note des morceaux de dialogue ou des phrases que j’extrais ensuite de leur contexte pour « faire des œuvres ». Mon idée est que, d’une certaine manière, ces phrases, pensées, jugements, remplacent pour le plus grand nombre l’enseignement passé de l’église ( – ce sont les mêmes gens qui allaient à l’église en quête de sens qui vont aujourd’hui au cinéma selon moi, et, passivement, gobent ce qu’on veut bien leur donner à manger et à voir - ) et qu’en tant que telles elles représentent une forme d’endoctrinement qui est loin d’être sans conséquences.</span></p>
<p class="Style1"><span>La morale du cinéma américain par exemple, le modèle dominant, est à faire peur, mais souvent ce sont aussi dans ces mêmes films que le héros, ou son faire valoir, prononcent des phrases qui ramènent à peu de choses près à ce que la génération d’avant considérait comme « l’impasse de la lucidité » :</span></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><span> <em>- You live in a box. Your car is a box. Your home is a box. You look at the box. You lost your soul in a box.</em></span></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- The happiness is not the best way to be happy.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- What did I do to deserve this?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- When you are not born yet you know everything that’s gonna happen.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Why do you remember the past and not the future?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Most of the time we do nothing.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- We cannot go back, that is why it is hard to choose. You have to make the right choice. As long as you don’t chose everything remains possible. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- What make me say « I don’t swim with idiots? ». I don’t know how to swim.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- If we stay together we will drawn. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- We will learn how to swim. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You mean, we have to make a choice?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Every path is the right path.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You should not have remorse. The desire to live doesn&#8217;t mean a lack of humanity</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- My head hurts my head..</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- What else hurts?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Do u know there are only evil people are destroying the world.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You were born in </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- it is us against them my good friend</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- It is gonna be pretty bad isn’t it ?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You&#8217;ve survived worse</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Don’t compromise your principles or abandon your cause</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Do you know what’s waiting for me along the road?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- For one reason or another I see more inside the past than onside the future </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Try to keep this in mind</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- How do you define the idea of comprehension?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Well it is knowing something and knowing what it means</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- I think there is two ways of looking at the idea of understanding : one is if you don&#8217;t look you will not see. The other is : if u look a little less you will see a hell of a lot more!</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You might still be under the effect of those drugs they put in your drink</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- If there is no way out, the best thing is to find a way further in</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- There is a difference between truth and fiction, fiction is to make sense</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- There is no such thing as innocent men. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- I am being dirty</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- I don&#8217;t trust him. He likes people and you can never kind people like that</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You know what is scary about commitments? Your life becomes real</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Find a new normal</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Il vivait l&#8217;instant présent comme un  enfant. C&#8217;est un don précieux pour un homme</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- On ne sait pas ou on va mais quand faut y aller faut y aller</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Toute ma vie j&#8217;ai cru que dans la vie ce qui était important c&#8217;était d&#8217;avancer dans la vie, d&#8217;être courageux, mais La seule chose qui demande du courage, c&#8217;est de faire face à ses responsabilités.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Que je sois pendu </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Certains viennent seuls</span></em></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><em><strong><span style="color: #ff0000;">Le même jour, plus tard</span></strong></em></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">En essayant de trouver des sites internet d’artistes que j’aime, j’ai réalisé que je ne connaissais pas vraiment d’artistes. J’ai quelques amis dont je respecte le travail, Zeus, Luis Salazar, Thierry Théolier, bien sûr Aleksi (Dirloz) et Daniele, Ramdane (qui se considère comme tout sauf artiste), Castelbajac, Claudio Cassano (un artiste italien un peu perdu de vue), et qui d’autre ? Des artistes américains comme Ed Templeton, Marc Gonzales, Larry Clark ou Nan Goldin, Richard Prince, et pour le reste il s’agit d’une autre génération, Burden, Piper, Debord, Tapiès, Rauschenberg, Soulages, un peu Beuys, Boltanski, Sophie Calle, mais pas vraiment, Malevitch évidemment, mon maître, Guy Debord à cause de ma mère, les Dadas mais pas Duchamp, vraiment je ne sais pas… Est-ce parce que je n’arrive pas à me concentrer ? Combien ais-je de livres d’art ? Très peu, combien d’expo vais-je voir par an ? Un peu plus ? Essayons de trouver d’autres noms… Bill Violat ? Bof, Barbara Kruger et Jenny Holzer, pourquoi pas. Space-Invaders me paraît plus proche, Buren, Ben, MBTP, Les nouveaux réalistes ? Raymond Hains oui, Petibon, mais surtout parce qu’on me dit sans cesse que mon travail ressemble au sien, Bazelitz à cause d’une expo, Gaziorowski pareil, mais je n’ai jamais fouillé plus avant, Rainer à cause de ses recouvrements noirs… Banksi m’a ému un moment trop rapide. Grunwald, les primitifs italien, Paolo Ucello au Louvre, l’art primitif Inca, Baldessari pour « The back of trucks », Matthiew Barney parce qu’il est incontournable mais alors pourquoi ne pas citer Warhol et Jeff Koons (je ne suis pas contre), « La chaise » de Kossuth, la maison coupée en deux de Matta Clark, Paul Mc Carthy pour son ridicule flamboyant, Raynaud et sa maison en carrelage (oui je triche je regarde dans le dico), le Twombly des débuts, … Pollock même pas, Miotte parce que j’en ai un chez moi… JR qui grandit à vitesse grand V, Bertrand Lavier pour ses Mickey au musée d’art moderne et ses vitrines imprimées sur toile, son coffre fort et son frigo… Barry Mc Gee à cause des camions renversés… Journiac parce que son fond est représenté par ma galeriste… Quelle dérision.</span></span></strong></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 20 Janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Temps de merde. Jessica vient de partir travailler. Ce matin nous avons trouvé le temps de déjeuner ensemble tandis que nos colocataires parlaient des infirmités qui peuvent parfois paralyser une vie et du manque de désir d’aventure de ceux qui en sont atteints. C’est très rare quand je suis debout avant elle mais aujourd’hui j’ai plein de travail, un calendrier pour la maison de bougies de mon ami Ramdane, un rendez-vous pour visiter une nouveau lieu, un autre pour récupérer de l’argent suite à la vente d’un dessin, et encore un autre pour remettre des images de ma dernière performance au 104 aux filles qui m’y ont invités. Tout faire au dernier moment. Se lever tard. Être libre. Depuis quelques jours je me penche sur la question de la querelle iconoclaste Byzantine et « l’affaire Arius » au dernier siècle de l’empire romain unifié. Deux livres passionnants qui se mélangent un peu dans ma tête, mais qu’importe, il y a longtemps que ces sujets me passionnent. D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi les choses ne se fixent généralement pas de manière claire dans mon cerveau, tout dans un espèce de flou. Toute cette culture que j’accumule, dont je me sert rarement, et que je suis le plus souvent incapable de ressortir, même cinq minutes après avoir refermé le livre qui m’a passionné, et souvent cloué chez moi deux ou trois jour de suite « sans rien faire ». </span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Sur la radio Gainsbourg chante « ce sont des trucs qui ne s’expliquent pas, ces jolies choses qu’on se dit tout bas ». « Entre machine et moi il se passe des choses des machins », « Comme dit machin, comment déjà, il y a des choses qu’on ne dit pas », « Ou quelque chose comme ça »… Moi, j’ai tendance à tout dire, même si je me tais le plus souvent, atterré par la connerie des gens. Quand on ne sait pas, mieux vaut ne pas parler, non ? Et que sait-on vraiment à part notre propre vécu ? Celui que j’essaye de partager depuis des années. Se réfugier derrière des citations ou des postures. Comment elle m’a dit Jessica ? « Ces réactions à répétition qui te font te demander si à la fin, ce n&#8217;est pas de ta faute, si tu t&#8217;y prends mal. Bien s&#8217;habiller, savoir présenter un projet, se montrer aux autres, l&#8217;intérieur vers l&#8217;extérieur, la projection, puis peut-être l&#8217;acceptation, l&#8217;identification, la croyance. Voila notre sale monde aujourd&#8217;hui ». Bien sûr qu’elle a raison, pour une part, mais que dire de l’autre ? Et de quoi parlais-je exactement. Ne pas trahir, le reste viendra tout seul, quand il sera temps. Peut-on vraiment accélérer les choses quand on sait profondément que ce n’est pas à nous de décider. La tour de Babel ou la bibliothèque d’Alexandrie qui, paraît-il, ne fut pas entièrement (accidentellement) incendiée mais dispersée ou détruite à cause de guerres (de religion) stupides. « Ceux qui savent ne savent jamais rien ». Vanité et humilité, construction. Pas à pas. « Il y a des choses qu’on ne dit pas ». Lesquelles ?</span></strong></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1">Fini les rendez-vous. Une femme à côté de moi dans le métro se fait voler son I-Phone à l’arrachée. Je lui passe mon portable pour qu’elle bloque son forfait et après qu’elle m’ai demandé mon nom me questionne : « Artus, Artus l’artiste ? ». Ben ouais. Nous avons tous les deux un Clark magazine à la main, ce qui explique un peu, peut-être. Puis elle descend du métro et court à son rendez-vous. Je n’ai pas réussis à retenir son nom, évidemment pas, mais j’ai pensé qu’elle avait l’air « Cool », et me suis demandé ce qu’elle pouvait bien faire dans la vie. En pensant à la scène « street » Française et mondiale je me dis que finalement c’était bien là et nulle part qu’il se passait quelque chose et que j’étais très heureux de faire partie de cette « culture ». Dans le dernier Clark un article sur Spike Jonze (réalisateur sur-médiatisé), sur Greil Marcus (écrivain de l’incroyable Lipstick Traces), sur Pablo Cots (peintre inconnu), sur Agnès b. (et son engagement), sur le Grunge, sur Miss Van (que je déteste), sur ill-studio (mes potes), sur les nouvelles cruising board Element, sur des expos à voir qui ont l’air bien, sur de la musique. Dans ma poche toujours ce livre sur la querelle d’Arius, j’essaye de retenir, Constantin, Alexandrie, Athanase, Dioclétien, la pax Romana, Eusèbe, Ossius, Origène, mais j’ai bien du mal. Les dates, ces fichues dates, vers 325 et avant. Dioclétien, Galère, c’est avant ? Constance, Julius… La double nature du Christ, humain ou divin, et ce que cela représente politiquement en ces siècles ou il faut fédérer, fédérer à tout prix car les hordes de barbares rodent. Et que ce serait-il passé si Arius avait gagné, si le Christ avait été un modèle humain, donc atteignable et non un dieu symbolique et fantasmagorique. Il faut laisser Dieu être Dieu et son fils notre guide. Monter au ciel d’accord, mais redescendre ? Être engendré ex nihilo, à partir de rien, incréé. Devenir Dieu, quel blasphème. Comme hier ce film sur l’avortement par le réalisateur de American History X, « Lake on fire », ou l’on voit les fœtus aspirés, les têtes, les mains, déjà, avant trois mois. Flippant, super flippant. Tuer, même dans le vendre c’est tuer, et c’est interdit par la bible, ce modèle indémodable. Mais le droit au choix, la liberté, reconnaitre les erreurs. « Make Mistake » comme dirait mon ami Aleksi.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><span>Daniele m’a montré ses dernières séries photo, très belles, très pro, ne rien faire pour faire plus. J’adore mon ami Daniele, ses doutes, sa lucidité. Et puis on m’a proposé : un portfolio dans un mag (peut-être), une soirée « Art posthume » (le 11 février), de me présenter à une galeriste Belge, à un groupe de Rock (pour faire la pochette de l’album), de produire l’un de mes projets de livre avec Ill-studio, 1000 euros de plus que prévu pour des illustrations pourtant déjà faites, 1750 euros de &#8220;dédommagement&#8221; pour des photos en passe d&#8217;être publiés, et ce week-end ma copine m&#8217;invite en voyage surprise et je n&#8217;ai toujours pas un radis en poche, mais demain 1000 euros encore devraient tomber.</span></p>
<p class="Style1"><span>Une bonne journée quoi…</span></p>
<p class="Style1"><span>Beaucoup de mails envoyés et peu de réponses, dieu que les gens peuvent être malpolis. Et maintenant les dessins, les dessins et encore les dessins. Ces fichus dessins qui me font vivre et que l’on associe maintenant à mon nom, invariablement, Artus l’artiste ? Ah, oui, celui-là.</span></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span> <strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 25 Janvier</span></strong></span></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Assis sur les toilettes, l’ordinateur sur les genoux, Lou Reed sur la chaine hi-fi, Jessica dans son bain. Lundi, nous sommes tout juste de retour de Rome ou elle m’a invité à passer le week-end. Mon premier voyage surprise, ma première invitation et le passé qui s’évapore dans un espèce de flou. Un passé lointain avec une autre copine que je n’aimais pas et n’ai jamais aimé, une histoire simple que je me suis hâté d’oublier pour affronter la vie et sa folie. Combien de fois ais-je été amoureux depuis cette première histoire ? Vraiment amoureux ? Et Jessica ? Une fois selon elle. Ma deuxième véritable histoire d’amour. Compter les choses, faire des listes, respecter les chronologies pour comprendre le monde. Nous parlons de faire un livre ensemble, j’aimerais qu’elle fasse un livre avec moi, qu’elle m’aide à, enfin, réaliser ma monographie, mais avec la maturité de mes années perdues. Et aussi que ce livre lui permette d’asseoir ce qu’elle est, l’intelligence et la beauté incarnée, qu’il lui ressemble. Notre histoire, celle qui durera toujours ?</span></strong></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 28 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1">Lu dans l’interview de Greil Marcus dans Clark : « D’une certaine manière le Hip-hop s’est avalé lui-même, un peu comme le mémoire est en train d’avaler le roman », et je me suis dit que cela me faisait très peur. Faut-il revenir au roman ? Dans « Le symbole perdu par l’auteur du Da Vinci code » Dan Brown explique que le mot sincère vient de l’expression sans cire : « depuis Michel Ange les sculpteurs dissimulaient les défauts de leurs œuvres avec de la cire : ils comblaient les fissures et éclats avec de la cire chaude qu’ils recouvraient ensuite de poussière de pierre. C’était considéré comme une duperie de la part de l’artiste et à contrario, une sculpture « sans cire » – littéralement sine cera – signifiait une oeuvre sincère. » Et donc vraie, <em>avec des défauts</em>. Dans « U-Turn », de Oliver Stone (« que du lourd » n’est-ce pas) je note la phrase suivante : « Un homme sans éthique est un homme libre ». Quoi d’autre ?</p>
<p class="Style1">Ah ! Oui. Un ami devenu patron dit à un autre ami devenu rien du tout « Tu devrait retirer le piercing de ton nez et te couper les cheveux, ça irait mieux pour toi ». Dieu que les gens peuvent être cons parfois. Devenu rien du tout, ça n’existe pas. Et l’humanité dans tout ça. Je crois que je tourne en rond alors que pourtant… Mon chat ronronne, il fait toujours très froid dehors, j’ai plein de projets, et je suis très heureux. « Devenu personne ». Quelle connerie. Disparaître dans l’anonymat des gens connus alors que la vraie vie se déroule ailleurs. Quelle vraie vie ? Celle sans cire ?</p>
<p class="Style1">Sincère ? C’est la vérité que je cherche. Toujours. Dans Dan Brown, dans La querelle d’Arius, dans U-Turn, dans les œuvres d’artistes. Dans la vie qui ne se limite jamais à sa version élitiste ou populaire car elle est tout à la fois. Célèbre et anonyme.</p>
<p><!--StartFragment--><!--EndFragment--></p>
<p class="Style1">Mais alors pourquoi ais-je tant de mal à croire à l’anonymat aujourd’hui ? Parce qu’il ne veut plus rien dire. Late Biosas, late biosas, late biosas (vivre caché). Je comprends. Je viens de comprendre. Bien sûr. « Le masque de la société ». Mon très grand ami artiste Daniele Tedeschi. Mon ami Patron Ramdane. Et mes autres amis journalistes, skateurs, charpentier, au chômage. Je suis aussi artiste, ça n’a jamais autant voulu dire quelque chose.</p>
<p class="Style1">« Aujourd’hui ».</p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1"><span lang="EN-US"> </span></p>
<p class="Style1"><span lang="EN-US"> </span></p>
<p class="Style1"><span lang="EN-US"> </span></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
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		<title>Artus au 104</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/01/artus-au-104/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 12:35:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[
ARTUS @ atHome
Nouvelle expo ce mardi, vernissage de 18h à 20h
Du 12 au 17 janvier  2010

Le CentQuatre - 104 rue d’Aubervillier – 75019 Paris

&#8220;Le collectif atHome, plate-forme de distribution artistique destinée à promouvoir la création, organise du 12 au 17 janvier au 104, l&#8217;établissement artistique de la ville de Paris, un événement autour de la typographie.
atHome [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/avis-complet-l1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-337" title="avis-complet-l1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/avis-complet-l1.jpg" alt="" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">ARTUS @ atHome</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Nouvelle expo ce mardi, vernissage de 18h à 20h</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Du 12 au 17 janvier  2010</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Le CentQuatre - 104 rue d’Aubervillier – 75019 Paris</span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">&#8220;Le collectif atHome, plate-forme de distribution artistique destinée à promouvoir la création, organise du 12 au 17 janvier au 104, l&#8217;établissement artistique de la ville de Paris, un événement autour de la typographie.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">atHome a invité des graphistes, créateurs et artistes, à présenter des travaux typographiques sur le thème « texte à voir » en opposition avec le « texte à lire ».</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">L’artiste Artus<span> d</span>e Lavilleon proposera son projet « Avis Avis », durant lequel chaque visiteur pourra taper la phrase son choix, grâce à un système informatisé, dans la typo d’Artus. Chacun des textes sera imprimé sur A0. À l’issue de l’exposition, l’auteur du texte pourra acheter son impression, sur laquelle Artus aura apposé sa signature, sorte de plus-value à l’œuvre « fake » qui pourra ainsi devenir un contre-sens approuvé de son travail&#8221; (Clark magazine).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il réalisera aussi des dessins des personnes qui auront acheté les posters, ou il leur demandera d&#8217;expliquer la phrase qu&#8217;ils auront choisi d&#8217;écrire, et leur enverra gratuitement le dessin la semaine suivante (l&#8217;original restant à vendre). On parle aussi d&#8217;une nouvelle performance et de deux très grand dessins&#8230;</p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Consumérisme IV</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2009/10/consumerisme-iv/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 04:02:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[
Durant quelques temps vous pouvez me lire ici :
http://artusconsumerisme.blog.lemonde.fr/
(Je vous conseille de commencer par le début en bas)
Pour en savoir plus sur le projet voir pages suivantes
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.tiff"><img class="aligncenter size-full wp-image-329" title="artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.tiff" alt="" /></a><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi1.tiff"><img class="aligncenter size-full wp-image-330" title="artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi1.tiff" alt="" /></a><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-331" title="artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.jpg" alt="" width="487" height="324" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Durant quelques temps vous pouvez me lire ici :</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">http://artusconsumerisme.blog.lemonde.fr/</span></strong></p>
<p style="text-align: center;">(Je vous conseille de commencer par le début en bas)</p>
<p style="text-align: center;">Pour en savoir plus sur le projet voir pages suivantes</p>
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		<title>Consumérisme III</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2009/10/consumerisme-iii/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 05:06:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Chronique d’un enfermement volontaire dans une surface minimum vivable dans un temple de la consommation moderne, et de ses suites.
Dans quelques heures je serais m’isolerais complètement dans une boite au sein du magasin Citadium/Le Printemps et y passerais en moyenne dix heures par jour sans en sortir, sauf crise grave, du 15 au 30 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/consumerisme-cube-light.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-326" title="consumerisme-cube-light" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/consumerisme-cube-light.jpg" alt="" width="500" height="734" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="color: #ff0000;">Chronique d’un enfermement volontaire dans une surface minimum vivable dans un temple de la consommation moderne, et de ses suites</span></strong><strong><span style="color: #ff0000;">.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal">Dans quelques heures je serais m’isolerais complètement dans une boite au sein du magasin Citadium/Le Printemps et y passerais en moyenne dix heures par jour sans en sortir, sauf crise grave, du 15 au 30 octobre 2009.</p>
<p class="MsoNormal">De 10 h à 20h du Lundi au Samedi à l’exception du Jeudi ou le magasin ferme à 21h, et du Dimanche ou je me baladerais dans Paris.</p>
<p class="MsoNormal">J’arriverais vers 9h50 vêtu d’un costume blanc, au 104 rue de Provence et en repartirais vers 20h10, sauf le premier jour ou j’arriverais à 9h30, et le deuxième ou je partirais plus tôt pour des raisons personnelles.</p>
<p class="MsoNormal">La boite fait l0,90 x h0,90 x L1,90 m et est placée horizontalement à l’entrée gauche du magasin, non loin de la vitrine ou se trouve la peinture « Consumérisme ».<span> </span>Elle est opaque et sert de stand.</p>
<p class="MsoNormal">J’y amène tous les jours le journal « Le monde », et y dors sur le même matelas sur lequel dormais ma mère, avec une couette, deux oreillers, un réveil, des boules kies, un réveil, une lumière, un stylo et un carnet de notes. Trois bouteilles d’eau, dont une vide.</p>
<p class="MsoNormal">Pour le cas ou des personnes trouvent ce stand qui est « caché quelque part dans la boutique », le vendeur leur interdira de me déranger et pour toute explication leur montrera le livre « Coyote » sur la performance de Joseph Beuys de 1974, que j’ai découvert aujourd’hui, et qui, dans mon idée, fait étrangement écho à la mienne.</p>
<p class="MsoNormal">Mon téléphone, ainsi qu’une liste des amis qu’il contient, et mon ordinateur portable seront laissés, le temps d’une rapide consultation, à disposition du groupe de personnes qui ont accepté « d’enquêter (peut-être sous forme d’interviews) sur les raisons qui peuvent pousser un homme, moi, à réaliser une performance artistique qu’il dit ne pas comprendre lui-même ».</p>
<p class="MsoNormal">Mon emploi du temps entre la boite installée chez Citadium et celle installée dans mon ancien appartement ne concernant que moi, je ne donne pas l’heure précise de mon arrivée au 14 rue Portefoin. Mais je tâcherais d’y être tous les jours avant minuit et ce jusqu’à 8h du matin.</p>
<p class="MsoNormal">J’y travaillerais à écrire à des textes, dans cet autre espace vital minimum, faisant l0,70 x h2,0 x L1,50m, placée juste derrière la porte d’entrée et bloquant l’accès à l’appartement. On peut m’y rendre visite et m’y rencontrer la nuit. Le code est le 86437 et l’interphone de Lavilléon.</p>
<p class="MsoNormal">Sur la table que je possède depuis mon enfance : une machine à écrire et des rubans, du papier, un réveil, « La stratégie du choc » de Naomi Klein, « L’art conceptuel » de Tony Godefrey (ed Phaidon souple) qui m’ont fortement influencé, « Le Coyote », et mes « mémoires ». Une tasse, du thé, une théière, et une bouilloire.</p>
<p class="MsoNormal">Sous la table, une bassine, du savon et un gant, un tube de dentifrice et une brosse à dents, pour me laver brièvement la nuit dans la cour.</p>
<p class="MsoNormal">Mes repas, déjeuner et dîner, seront principalement pris à l’extérieur, sur le chemin d’une boite à l’autre.</p>
<p class="MsoNormal">Dans le cas ou le vernissage prévu par le magasin Citadium/le Printemps et « la boite de jour », quelques jours avant la fin de la performance, a effectivement lieu, probablement le mercredi 28, je me réserve le droit de sortir de ma boite de façon définitive et de l’exposer ouverte aux yeux du public.</p>
<p class="MsoNormal">Une photo sera prise avant et après la performance, de la détérioration du costume blanc que j’aurais porté sans relâche.</p>
<p class="MsoNormal">Les textes écrits dans la seconde boite seront à disposition de qui s’y intéresse, et n’auront pas forcément de rapport avec cet enferment choisi et subit.</p>
<p class="MsoNormal"><em>« Dans la seconde acception, le consumérisme désigne l’épistémè associé à la société de consommation. Il s’agit d’une idéologie où la consommation de biens revêt une importance capitale. Cette acception de consumérisme est largement rattachée à la notion de post-modernité.</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Le consumérisme est par métonymie appelé société de consommation et en tant que tel violemment critiqué depuis la fin du xxe siècle, que ce soit par les mouvements écologistes ou par les « anti-pubs »&#8230; »<span> </span>Wikypédia.</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;">Voir page suivante. Artus</p>
<p class="MsoNormal">
<p><!--EndFragment--></p>
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