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	<title>Artus de Lavilléon</title>
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	<description>En art, comme dans lavie, on a besoin de vérité...</description>
	<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 09:42:25 +0000</pubDate>
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		<title>Plus tard</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 09:42:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Lundi 1er février
Depuis ma performance au Citadium, je suis abonné au Monde.fr, et je reçois, chaque jour cinq ou six mails différents ayant trait à l’information. « Obama renonce à envoyer des hommes sur la lune alors que la Chine et l’Inde fourbissent déjà leurs fusées », « Google menace de quitter la Chine », « grâce à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/bureau-light.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-351" title="bureau-light" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/bureau-light.jpg" alt="" width="500" height="667" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 1</span><sup><span style="color: #ff0000;">er</span></sup><span style="color: #ff0000;"> février</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Depuis ma performance au Citadium, je suis abonné au Monde.fr, et je reçois, chaque jour cinq ou six mails différents ayant trait à l’information. <em>« Obama renonce à envoyer des hommes sur la lune alors que la Chine et l’Inde fourbissent déjà leurs fusées », « Google menace de quitter la Chine », « grâce à la Chine l’Asie connaît pas la crise », « Les ambitions de la Chine créent des tensions avec l’occident », « Taïwan : Pékin annonce des sanctions contre Washington », « Les relations diplomatiques sino-américaines sont entrées en zone de turbulences depuis l&#8217;affaire Google »</em>. C’est très étonnant de vivre le siècle de la déchéance Américaine (<em>« plus gros déficit budgétaire jamais enregistré »</em>) alors que le débat sur « l’identité nationale Française » fait encore parler de lui. Combien de temps encore subira-t-on l’influence américaine sur nos vies et qu’en restera-t-il lorsque les Etats-Unis ne seront plus la première puissance mondiale. La musique, le cinéma, les fringues. Comment sera le monde le jour où Pékin aura vraiment assis son influence sauvage ?</span></strong></p>
<p class="Style1"><em>« Le message doit être clair, et fort: si les Etats-Unis ne respectent pas les intérêts essentiels de la Chine, ils ne peuvent s&#8217;attendre à ce que celle-ci coopère sur une vaste gamme de problèmes internationaux et régionaux essentiels »</em> (China Daily)… Ah ! Tiens… La Chine tient déjà les Etats-Unis par les couilles ? L’échec du communisme et le succès de Mao à faire de son pays « une grande nation » ou la liberté n’existe que surveillée, muselée, contrôlée avec à chaque coin de rue un commissaire du peuple portant le brassard de l’inspection généralisée… Oserais-je dire que j’ai aimé la Chine quand j’y ai été ? Où trouver la liberté aujourd’hui. Comment se battre pour elle à notre échelle ? Et l’incessant, <em>« toute rencontre avec le Dalaï-Lama engagera des sanctions »</em>… Incroyable tyrannie d’un pays sur le reste du monde qui, déjà, ne laisse plus grande place au respect et à la « tolérance mutuelle » (valeur chère entre toute du bouddhisme), ces mots que je déteste car ils sous entendent, toujours, la supériorité de l’un sur l’autre. Tolérer ? C’est qu’il faut bien être supérieur, ou, tout du moins, le penser. Supérieur mutuellement, mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"> </span><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 3 février</span></strong></p>
<p class="Style1">L’homme se réveille, il se sent gros, il a mal dormi.</p>
<p class="Style1">Depuis qu’il a recommencé à rêver, il fait parfois des cauchemars.</p>
<p class="Style1">De temps à autre l’envie de tout quitter le tourmente. Retrouver son misérable mais très agréable appartement de 15m2, abandonner l’idée de faire des enfants, l’idée que l’on peut-être heureux avec quelqu’un d’autre que soi-même. Créer la vie. Dire merde à cette société qui condamne et étouffe la sensibilité des plus faibles, et en même temps vivre son égoïsme. Accepter que l’on n’encourage pas et nie le plus souvent le talent quand il est teinté de cette forme de différence revendicative qui donne souvent naissance aux plus belle choses, et permet les changements les plus profonds, ceux dont on a peur. Combien d’être broyées et annihilées par leur croyance en un autre possible ?</p>
<p class="Style1">L’un de ses meilleurs amis couve des idées de suicide et à beaucoup de mal à trouver sa place dans ce monde, et l’homme ne peut ignorer qu’il est aussi intéressé par cette souffrance là, malgré (ou à cause) de son bonheur et de sa joie de vivre présente. Concerné en tant qu’humain, en tant qu’artiste, en tant qu’intellectuel, un terme qui définirait bien l’homme s’il n’avait passé sa vie à le contester, à contester son appartenance à cette forme d’hiérarchie-là.</p>
<p class="Style1">Au moment du grand réajustement, l’homme se questionne. Tout cela vaut-il la peine ? Le grand appartement. La copine qu’il aime et qui l’aime. Sans doute lui aussi a-t-il peur. Cette peur immense qui, déjà, il y a longtemps, l’avait étreint. Non pas la peur de l’échec ou du succès, mais qu’il ne soit pas fait pour « ce monde-là ».</p>
<p class="Style1">Où que le regard de l’homme se porte, il sent une certaine misère, un mal être généralisé dont il connaît bien les racines. L’égoïsme, l’égoïsme de rigueur, celui qui le tente parfois lui aussi, l’individualisme, « la peur de se griller pour l’autre » comme disent les jeunes.</p>
<p class="Style1">Dernièrement, l’homme, je, ai demandé à mon amie de contacter un de ses proches pour un projet qui me tenait à cœur, et cette dernière a jugé que ce projet n’intéresserait pas son ami, la star, pour de multiples raisons. Le manque de temps, le peu de chance de succès d’une rencontre entre les deux hommes, entre l’univers des deux hommes, et aussi, sans doute la peur de « griller une carte ».</p>
<p class="Style1">Assis au mac do après avoir écrit se début de texte dans sa baignoire, l’homme se sent étouffer. Il regarde dehors. La faune de Pigalle, les bus qui passent, le bruit des étudiants qui mangent à côté de lui.</p>
<p class="Style1">Comment ne pas tenter de pousser la rencontre entre deux êtres que l’on aime sous prétexte de différence? D’incompatibilité décidée. Parce que l’on ne veut pas mélanger, qu’il ne faut pas mélanger, surtout pas. La souffrance de l’homme. Ne pas laisser de chance à la chance, jamais, car cette chance coûte bien trop cher lorsqu’elle ne se meut pas dans le bon sens. Initier des débuts de, n’avoir pas peur d’essuyer des refus, se réinventer tous les jours. Quand il ne s’agit pas de soi.</p>
<p class="Style1">Même lorsque l’on pense que cela n’a aucune chance de marcher. La magie de la vie qui se trouve niée, chaque jour, chaque heure, chaque minute. La rencontre de l’homme et de la femme que pourtant rien apparemment ne destinait l’un à l’autre alors que tout les prédestinait.</p>
<p class="Style1">Comment peut-on juger pour les autres ?</p>
<p class="Style1">Artistes. Tous sont artistes. Ils ont un jour fait un choix, le choix le plus important de la vie. Créer. Certains en ont fait un métier, d’autres sont restés en contact avec la source vive, souvent ceux qui ont le moins bien réussit, restant figés sur leur idéalisme, leurs rêves. Certains ont oublié à quel point ce chemin est un chemin difficile, parfois à cause de la chance, ou du poids des responsabilités, un chemin plein d’embûches et de décisions irrémédiables. Un choix respectable et respecté entre tous lorsqu’il est couronné de succès, et rejeté dans le cas opposé. Dans l’antiquité on parlait de guides, de liens entre l’homme et dieu, d’interprètes ; poètes, rapsodes, chanteurs, écrivains, philosophes, peintres, dessinateurs, réalisateurs, architectes… être en contact avec le divin. Le savoir.</p>
<p class="Style1">Les artistes sont rares, les vrais artistes, dit-on. Combien sur la multitude seront choisis ? Par qui et pourquoi ? Les amis de nos amis sont nos amis dit-on aussi, et tendre la main est un devoir paraît-il. Aider son prochain. Si peu se souviennent. L’héritage Judéo Chrétien. Tous se souviennent, presque tous nient.</p>
<p class="Style1">Évidemment que les hommes « savent », mais ils préfèrent souvent faire autrement, revendiquant leur liberté et ne sachant que cette liberté là n’est qu’illusion, destruction, égoïsme donc. Se réfugier derrière son égo, derrière les règles d’une société qu’on ne cesse de critiquer, d’un monde qu’on a pourtant fait à notre image. Notre incomplétude. Mettre dans la case rebelle, éternel adolescent, artiste raté, ceux qui gênent, pour, pourquoi pas, les reconnaître après leur mort.</p>
<p class="Style1">Et puis, il y a les monstres sacrés, ceux qui ont eu de la chance, ceux qui se sont battus plus que les autres, ceux qui le pouvaient, ceux qui le voulaient. Ceux qui étaient capables de penser en terme de stratégie, de positionnement, de précision.</p>
<p class="Style1">L’homme avait eu une discussion sur ce sujet la veille avec une femme qui, entre toutes, pouvait bien représenter l’esprit de l’institution, intelligente, raffinée, éduquée. L’homme avait essayé de lui parler de contre-culture, de science-fiction, d’entités marginales, mais ceux-ci n’entraient pas dans le cercle d’intérêt de la femme. Ils étaient « autres » et le resteraient, malgré leurs qualités indéniables ceux-ci ne pouvaient correspondre. La précision qui paraît-il n’est pas élitisme. « Mais les écrivains de science-fiction sont très précis », avait-elle dit pour clore le débat. J’étais resté silencieux. Pourquoi ce terme de précis me gênait-il autant ?</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"> </span><strong><span style="color: #ff0000;">Plus tard</span></strong></p>
<p class="Style1">Un homme me dit : « Et je vais être très connu ». Je le crois, je l’aide, ou en tout cas m’intéresse, le soutien, pourquoi pas après tout. C’est maintenant à lui de faire ses preuves, trouver son chemin, réussir ou échouer, mais en tout cas essayer. C’est ainsi que je nourri le monde, et que nous le nourrissons tous, et pas avec le rejet, qui est à la mort ce que la création est à la vie.</p>
<p class="Style1">Juger ? De quel droit. Le tri se fait tout seul. Il s’agit juste d’appréciation généralisée. Y a t-il des vérités qui soient réellement immuables ?</p>
<p class="Style1">Dieu peut-être ?!?&#8230;.</p>
<p class="Style1">Tout cela n’est finalement qu’une question de point de vue. Les réacteurs nucléaires, l’individualisme poussé à son paroxysme ou l’électricité pour tous.</p>
<p class="Style1">Après nous le déluge ? C’est une phrase de la marquise de Pompadour après une défaite militaire de Louis XV, son amant, qu’elle conseillait. Son pouvoir ? Ou celui qu’elle s’était elle-même octroyée…</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 4 février</span></strong></p>
<p class="Style1">Temps superbe, je m’apprête à aller faire du skateboard, ce midi à la fontaine des innocents, et ce soir au skateparc de la Chapelle avec mes amis. Je sors du cinéma ou j’ai vu le dernier film des frères Cohen, qui m’a beaucoup plu. Quand tout semble se régler, il y a toujours une nouvelle tempête à l’horizon qui approche, attention aux mauvaises actions. Morale juive ? Sans happy end. Une prise de conscience américaine ? J’ai adoré. Aujourd’hui je vais mieux, la dépression passagère de l’un de me meilleurs ami mise de côté le temps d’une session, « à chacun ses problèmes comme qui dirait ». Et ce matin un réveil magnifique avec Jessica qui riait à côté de moi, heureux heureux heureux. Ce réajustement dans ma vie qui me prend tant d’énergie. Penser au futur. Ais-je jamais pensé au futur de cette manière là ? Je ne crois pas. J’ai même réservé une montre dans un magasin, alors que je suis à sec, pour, pourquoi pas, un jour le donner à mon fils ou ma fille, notre fils ou notre fille. C’est à cause de Ramdane tout ça. Ramdane qui un jour perdu une montre à laquelle il tenait car elle correspondait à la naissance de son premier enfant. Il était tellement déçu. Bizarrement l’une des fois où j’ai le plus senti son humanité. Il avait laissé le portefeuille avec tout l’argent de notre voyage dans la voiture, comme il le fait toujours, la montre dedans, et évidemment il se l’était fait voler. L’argent, ce n’est que de l’argent (environ 3000 e je crois) mais la montre, la montre pour son fils. Sa déception, il se fichait vraiment de la thune, étonnant et en même temps tellement lui. Cette liberté là. Et puis nous avions rencontré des gens qui nous avaient aidé et qui sont resté des amis. Il fait trop beau. Je vais skater. Me manger un KFC à la fontaine en souvenir du bon vieux temps… Ah ! la montre de Ramdane était une Rollex, la mienne sera une Lipp. Les marques toujours et encore et toujours et encore. Pas grave, il fait beau, il fait beau, il fait beau.</p>
<p class="Style1">C’est dur quand on a des amis proches qui vont mal. Ça nous atteint, forcément.</p>
<p class="Style1">Je t’aime Jessica et finalement tu as raison, on s’en fiche de la rébellion, ce n’est pas que le chemin qui compte, mais aussi le but à atteindre, celui qu’il ne faut pas perdre de vue, jamais.</p>
<p class="Style1">Être heureux et rendre heureux. Y a t-il plus belle chose ?</p>
<p class="Style1">Et s’accomplir, dans ce bonheur.</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 11 février</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Alors qu’en général je ne me souviens que d’un ou deux rêves par an, depuis que je suis avec Jessica je me réveille souvent dans cette espèce de torpeur si particulière qui accompagne le songe heureux. C’est une sensation très spéciale que je n’avais encore jamais expérimenté adulte. J’ai bien quelques souvenirs d’enfance, mais ils constituent une mémoire si lointaine que je ne suis sûr de rien.</span></strong></p>
<p class="Style1">Après avoir réfléchi plusieurs jour à la proposition de mon amie pour qui la précision uniquement explique le succès des grands artistes, j’en suis venu à une conclusion toute différente. Pour moi, il s’agit surtout d’incarnation. L’artiste se doit d’incarner une idée, une posture, un geste. Que ce geste soit précis ou vague m’importe peu puisque c’est son œuvre toute entière qui se fait le témoignage de son intégrité. La précision, c’est l’élitisme, une notion que je hais entre toutes, alors que l’incarnation…</p>
<p class="Style1">Sinon, je travaille toujours comme un fou à mes différents projets de livre, agite les souvenirs comme autant de fantasmes de mon passé, que j’essaye de remettre en ordre et dans leur contexte. C’est un travail d’autant plus difficile qu’il me met aujourd’hui face à un moi-même que j’aurais tendance à vouloir oublier. Le moi-même qui me faisais « péter les plombs » et douter il y a quelques jours qu’un bonheur dans la durée soit possible pour moi, et surtout puisse venir d’autre chose que de mon art. Art qui passerait presque à la seconde place s’il n’était pas si important dans une pratique quotidienne et n’occupait, souvent la plupart de mes pensées.<span> </span>Mais enfin… Les pensées sont une chose et le quotidien une autre et que : <em>«  L’homme, est forcément plus important que son œuvre, et, puisque c’est vivant qu’il est, c’est vivant que l’on doit l’aimer, non à travers une oeuvre posthume sans aucun rapport avec le présent d’un art contemporain que j’exècre »</em>, comme je le retrouvais dans l’un de mes textes écrit en 2004, quelques mois avant la rédaction du manifeste de l’art posthume. La vie d’abord, l’art après. Comme l’impression jusqu’à maintenant de ne m’être servi de mon art que pour nourrir ma vie. C’était une erreur.</p>
<p class="Style1">Jessica, qui m’aide à travailler sur l’un de mes projets de livre et prépare une longue interview de moi, me demande si je suis en train d’écrire l’un de mes fameux textes du matin, et si j’y parle de ma frustration d’hier. C’est vrai que je me sentais bizarre après le départ de mon ami Ramdane et quelques heures passées dans les photos prises au temps de l’épicerie (1998-1999). Sur trois ou quatre tiroirs bien rempli nous n’en avons regardé qu’un et fait une sélection très large et bien trop rapide de « documents » qui pourraient donner lieu à une nouvelle édition. J’ai désespérément besoin d’un scanner et de nouveaux outils pour mener à bien tous ces nouveaux projets. Archiver, classer. Jeter l’inutile aussi peut-être ?</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1">
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Paludes</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 14:26:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Vendredi 29 janvier
L’homme était malade. Comme sa copine la veille il savait qu’il devait passer la journée au lit. Il avait beaucoup de mal à rendre les choses, vomir, se forcer à ressortir par le haut ce qui devrait sortir par le bas. L’homme y voyait une image de sa vie, de ce qu’il était. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/paludes-l.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-349" title="paludes-l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/paludes-l.jpg" alt="" /></a></p>
<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Vendredi 29 janvier</span></strong></p>
<p class="MsoNormal">L’homme était malade. Comme sa copine la veille il savait qu’il devait passer la journée au lit. Il avait beaucoup de mal à rendre les choses, vomir, se forcer à ressortir par le haut ce qui devrait sortir par le bas. L’homme y voyait une image de sa vie, de ce qu’il était. On ne marche pas à reculons pensait-il en lisant « Paludes » d’André Gide. <em>« Leur plaisanterie me parut prétentieuse, de sorte que je cru devoir n’entrer qu’après eux ».</em> Mon rapport au monde, aux choses. La pluie qui tombe, les cris d’enfants dans l’école de l’autre côté de la cour.</p>
<p class="MsoNormal"><em>« Il y a des choses que l’on recommence chaque jour, simplement parce que l’on a rien de mieux à faire ; il n’y a là ni progrès, ni entretien – mais on ne peut pourtant pas ne rien faire… C’est dans le temps le mouvement dans l’espace des fauves prisonniers ou celui des marées sur les plages. »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Quelle monotonie ! recommençais-je – après un silence. Pas un événement ! il faudrait tâcher un peu de remuer notre existence. Mais on n’invente pas ses passions ». </em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Moi, cela m’est égal, parce que j’écris (…) mais ce qui m’est insupportable c’est qu’</em><em><span><span>[</span></span>ils ne comprennent</em><em><span><span>]</span></span> <span> </span>pas cet état… C’est même ce qui m’a donné l’idée d’écrire (…)». « - Pourquoi veux-tu donc </em><em><span><span>[</span></span>les</em><em><span><span>]</span></span> troubler, si </em><em><span><span>[</span></span>ils sont heureux</em><em><span><span>]</span></span> comme cela ? – Mais </em><em><span><span>[</span></span>ils ne sont pas heureux</em><em><span><span>]</span></span>, mon cher ami ; </em><em><span><span>[</span></span>ils croient</em><em><span><span>]</span></span> l’être parce qu’</em><em><span><span>[</span></span>ils ne se rendent</em><em><span><span>]</span></span> pas compte de </em><em><span><span>[</span></span>leur</em><em><span><span>]</span></span> état ; tu pense bien que si la <strong>médiocrité</strong> se joint à la cécité, c’est encore plus triste. – Et quand tu ouvrira </em><em><span><span>[</span></span>leurs</em><em><span><span>]</span></span> yeux ; quand tu auras tant fait que de </em><em><span><span>[</span></span>les rendre malheureux</em><em><span><span>]</span></span> ? – Ce serait déjà bien plus intéressant ; au moins </em><em><span><span>[</span></span>ils ne seront plus satisfait – ils chercheraient</em><em><span><span>]</span></span> »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Et comme aucun enfin ne souhaitait guérir et que les fleurs s’en fussent fanées, Tityre prend lui-même la fièvre pour pouvoir au moins se soigner »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« L’agenda a du bon, pensais-je car si je n’eusse pas marqué pour ce matin ce que j’eusse du faire, j’aurais pu l’oublier, et je n’aurais pu me réjouir de ne l’avoir point fait. C’est toujours là le charme qu’à pour moi ce que j’appelai si joliment l’imprévu négatif ; je l’aime assez car il nécessite peu d’apport, de sorte qu’il me sert pour les jours ordinaires. »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Rien qu’on puisse laisser derrière soi, disant : « CELA EST ». De sorte que nous revînmes pour voir si tout y était encore. – Ah ! misère de notre vie, n’aurons-nous donc rien fait faire aux autres ! rien fait ! que remorquer ainsi ces flottantes dérives… »</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>« Nous n’avons jamais vécu plus, dit A. Peut-on dites-moi vraiment, vivre plus ? Où prîtes-vous le sentiment d’une plus grande exubérance ? Qui vous a dit que cela soit possible ? </em><em><span><span>[</span></span>L’homme</em><em><span><span>]</span></span> ? – Vit-il plus parce qu’il s’agite ? »</em></p>
<p class="MsoNormal">Malade, fiévreux, heureux. Du temps pour réfléchir. Et le travail qui s’accumule, s’accumule, s’accumule. Un livre sur mes performances, un livre sur mon art, un livre sur mes photos, un livre sur mes dessins, un dictionnaire de l’art contemporain, un catalogue pour les bougies, un projet de film à réécrire, un nouveau site internet à réaliser, des expos à préparer, et l’envie, toujours, de ne rien faire que poussé par l’inspiration, cette muse capricieuse.</p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>&#8220;Aujourd&#8217;hui&#8221;</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/01/aujourdhui/</link>
		<comments>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/01/aujourdhui/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 13:28:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Vendredi 8 janvier
 Je sens comme une fêlure en moi. Longtemps j’ai pensé que l’on pouvait tout surmonter et pris pour exemple des gens qui s’étaient extrait de leurs milieux ou avaient vécu des choses si terribles que leur survie même tenait du miracle. Puis, j’ai compris aussi que l’on pouvait « casser », et qu’une fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/happiness-l.jpg"><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-343" title="happiness-l" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/happiness-l.jpg" alt="" width="500" height="589" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Vendredi 8 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong> <span style="font-weight: normal;">Je sens comme une fêlure en moi. Longtemps j’ai pensé que l’on pouvait tout surmonter et pris pour exemple des gens qui s’étaient extrait de leurs milieux ou avaient vécu des choses si terribles que leur survie même tenait du miracle. Puis, j’ai compris aussi que l’on pouvait « casser », et qu’une fois un certain point atteint il n’y avait plus de retour possible. Très jeune, j’ai cherché à atteindre ce point. J’étais comme fasciné. Je me disais : « et si je devenais fou ». Je m’installais sur le lit et je laissais tourner les choses. Tout tournait ; la terre et moi avec. Je perdais mes repères, un instant, et puis la réalité revenait s’imposer à moi. Une réalité difficile, des parents séparés, un père absent, une mère plus ou moins disparue, une belle-mère qui faisait tout pour me montrer que je n’étais pas le bienvenu dans sa vie, un beau-père inapte à me comprendre. On a toujours tenté de me changer, de me montrer que j’avais tort. Tort de faire du roller, du skate, d’être dans la mode, de ne pas assez gagner d’argent alors que, de faire-ci ou de faire-ça. Je me suis durci et j’ai décidé de n’écouter que mon instinct, celui qui m’avait permit de survivre, malgré tout, à toutes ces « remontrances », ces incessantes remontrances. J’ai vécu pendant 15 ans dans un petit appartement qui est devenu ma base et ma sécurité, j’ai tout fait pour réunir des gens, autour de moi et mon énergie, et j’ai aidé beaucoup de monde à travers les différents projets qui m’ont permis, à moi aussi, de grandir. Avant la journée d’hier je n’avais jamais pensé que j’avais construit autour de moi des gardes fous, ce que l’on appelle des gardes fous. Essayé de créer des choses qui durent, des choses sur lesquelles me reposer. Je n’ai plus du tout envie de devenir fou, même si une partie de moi sera toujours attiré par cela, comme on peut l’être par le vide, surtout lorsque ce vide s’est un jour incrusté dans notre vie.</span></strong></p>
<p class="Style1">J’ai aussi vu autour de moi le pouvoir de la confiance octroyée. Retirer sa confiance c’est un peu tuer quelqu’un, de même que le trahir. J’ai été trahi un nombre incalculable de fois. Profondément trahi. Et aujourd’hui je suis fatigué. J’ai peur, « comme un enfant dans le noir ». Je viens de rencontrer une nouvelle amie. Nous nous aimons. Mais qu’adviendrait-il si.</p>
<p class="Style1">Et puis il y a l’art. Cet art qui est ma vie. Ce qui réellement me tiens.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 13 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1">Daniele me dit cette phrase étrange : « Vie mort et miracle », ça me plaît beaucoup.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 14 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">Il fait un froid de canard dans l’appartement, malgré les deux petits chauffages à fond. La chaudière ne marche pas et voilà, ça y est, je découvre la joie des grands espaces toujours froids. Travailler, travailler dans le froid est presque impossible. On rêve de bains chaud, de gros manteaux, d’étreintes dans le lit, on fait tout ça et après, quand on se penche sur la table il est presque impossible de rien faire. Au moins dehors il fait froid pour une bonne raison. Dehors, c’est dehors. J’ai même travaillé trois minutes en terrasse aujourd’hui, et puis je me suis laissé happer par la rue, son agitation, les gens qui passent et repassent, la faune de Pigalle. Je n’arrive pas à m’habituer à mon nouveau quartier. Le marais me manque, le marais me manque énormément. Abesses et les bobos du ciné, le marais et la mode, les graphistes à lunettes partout, comme un con avec mon ordi sur les genoux. Hier Jessica m’a dit : et si j’arrêtais la pilule ? Cet après-midi j’en discutais avec un ami nouvellement père. « C’est génial, quand tu vois ta meuf avec ton fils ou ta fille dans les bras, mais après l’intimité ce n’est plus pareil ». « C’est quand même la plus belle chose du monde, j’en pleure presque à chaque fois ». J’ai tellement de choses à faire, à organiser, à penser, tout se mélange. Le froid m’engourdit. Les projets. La liste de projets. Tous ces livres que je lis, que j’achète, l’argent, le cinéma, les restau, un ami qui gagne 40 000 euros par mois m’en propose 800 pour faire 365 dessins, enfin 12 modifiables, me dit que je devrais me trouver un métier, autre chose que l’art. Je dois lui rendre mes trucs mardi. Et moi, moi devant mon ordi avec mes idées de livre, d’expo, de site internet, de dictionnaire d’art, d’illustrations et de chroniques pour les magazines, moi qui court après le temps libre comme d’autres après leurs souvenirs. S’éduquer, se cultiver, être libre, trouver l’équilibre. On ne fait pas de l’art de 8h à 5h comme d’autres vont au bureau. Avec Jessica nous nous donnons un an. Un an pour asseoir notre situation, pour grandir ensemble, rapidement si possible. Deux hystériques me téléphonent et me gâchent la journée. Je ressens de plus en plus l’énergie des gens, surtout la mauvaise depuis que dans ma vie privée tout est au beau fixe. D’autres projets, le temps qui passe, et moi à côté du radiateur qui pense, et pense, et pense.</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 18 janvier, matin</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">Depuis la fin de ma performance à Citadium, j’erre un peu comme une âme en peine en me demandant quels nouveaux projets vont gouverner ma vie en 2010. J’ai des tonnes de projets, et, principalement de construire une stabilité avec ma nouvelle amie Jessica. Rétrospectivement, quand je regarde derrière moi, je me dis que c’est la première fois depuis plus d’une dizaine d’année que je suis réellement heureux, dans une durée qui ne me paraisse pas que celle de mon « fantasme ». Je veux mériter ce bonheur et donner autant que je reçois. C’est bien normal. Alors je cherche des moyens, moyens d’accéder plus rapidement à cette reconnaissance de mon travail qui pourrait poser cette stabilité que je recherche. Bientôt un livre photo doit sortir, puis, je l’espère, deux ou trois autres ouvrages, mes dessins, mes performances, mes textes. J’ai besoin de nouveaux outils. Je prend des rendez-vous, demande conseil, cherche à me réinventer. Ramdane, mon meilleur ami donc, me propose de devenir graphiste, ou de l’aider à monter une boîte de tee-shirt. Régulièrement il me parle de nouvelles idées de carrière dans lesquelles je pourrais m’épanouir, en attendant la reconnaissance de mon travail d’artiste qui ne viendras peut-être jamais. Mais je ne suis ni graphiste, ni vendeur de tee-shirt. Un choix à été fait il y a bien longtemps et rien ne pourra jamais me faire revenir sur ce choix qui m’a déjà tellement coûté. On ne revient pas en arrière quand la moitié du chemin a été parcourue, et surtout quand on est heureux et fier de ce que l’on fait. Je n’ai aucun doute sur la valeur de mon choix pour moi-même<em>, et pour les autres</em>. </span></span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">De tels choix sont ce qui rend le monde vivable, et non la lutte acharnée pour l’argent, le succès, la reconnaissance à tout prix. Jean-Charles de Castelbajac, qui est aussi mon ami, me dit : « tu sais ce que c’est un adolescent ? Quelqu’un qui vit au crochet des autres ». Je suis venu lui dire bonjour et voir quand il va payer une œuvre qu’il a réservé à ma galeriste Patricia Dorfmann. Le même homme me dit régulièrement que « je devrais grandir un peu, mettre un costume, faire plus de concessions, et surtout avec le talent que j’ai, de plus me bouger le cul ». Je crois qu’il a un peu oublié l’importance parfois de tenir ses positions, et en même temps je sais très bien que ses positions lui les a tenu, alors pourquoi ? Pourquoi me dire cela ? Hier, Emmanuel de Brantes, à qui je voulais présenter un projet a commencé à m’expliquer comment le vendre, et, avant même que j’ai réellement eu une chance de discuter avec lui du pourquoi et du comment, insisté sur la nécessité de créer une dynamique entre la marque, le sponsor, ou « le client », et l’artiste qui ne peut vivre aujourd’hui « de la simple beauté de son geste » (cette phrase est de moi). Et s’il le pouvait ?</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;"> « N’avoir besoin de rien ne veut pas dire que l’on ai pas envie de tout, de vivre tout je veux dire ».</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;"> Transmettre un CD, se mouiller un peu pour ses amis, monter à la corde, défendre et protéger. Non pas modifier pour plaire. Ajuster pourquoi pas, mais modifier… Changer le sens. Il y a dans mon travail une logique et une constance, pourquoi cela semble-t-il si important à mon entourage que je baisse un peu les armes, que j’apprenne le relationnel et le discours ? Les grands artistes doivent-ils vraiment se justifier et se vendre ? Plus que jamais je crois au travail, et mon travail est là pour parler pour moi. Peut-être ne présentais-je pas bien, peut-être ne suis-je pas doué pour le relationnel, peut-être y a t-il des raisons pour lesquelles je ne travaille pas plus pour la pub, les tee-shirts, et les mugs. Peut-être croyais-je en une autre forme de respect que celui qui consiste régulièrement à dire à ses proches qu’ils ont tort quand tout semble aller contre eux. J’ai rencontré plusieurs fois dans ma vie des gens qui « n’étaient rien » ou qui « avaient été quelque chose » (personne n’est rien et être quelque chose est toujours relatif), et réalisé à quel point le simple fait de donner sa confiance à quelqu’un pouvait le faire avancer. Qui donne encore aujourd’hui son aide en acceptant que cela ne puisse avoir aucune valeur sociale autre que le simple plaisir d’avoir été utile à quelqu’un (surtout dans les milieux « créatifs » ou la place est si chère)? Et qu’entends-t-on aujourd’hui par valeur sociale ? Le retour sur investissement ? Quelle belle générosité ! Tout le monde se plaint d’un abrutissement généralisé, et quoi ?</span></span></strong></p>
<p class="Style1"><span>Je suis là. Je ne vais pas bouger. Tenter, vaguement de rendre mon travail plus « lisible » dans le sens du marché me rendra-t-il plus viable en tant qu’être humain ?</span></p>
<p class="Style1"><span>Je ne le crois pas.</span></p>
<p class="Style1"><span>Et ne le croirais jamais. Ne pas faire pour être mais être pour être.</span></p>
<p class="Style1"><span>Ne suis-je réellement pas, suffisamment ?</span></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 18 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><span>Comme souvent, quand je vais au cinéma, je note des morceaux de dialogue ou des phrases que j’extrais ensuite de leur contexte pour « faire des œuvres ». Mon idée est que, d’une certaine manière, ces phrases, pensées, jugements, remplacent pour le plus grand nombre l’enseignement passé de l’église ( – ce sont les mêmes gens qui allaient à l’église en quête de sens qui vont aujourd’hui au cinéma selon moi, et, passivement, gobent ce qu’on veut bien leur donner à manger et à voir - ) et qu’en tant que telles elles représentent une forme d’endoctrinement qui est loin d’être sans conséquences.</span></p>
<p class="Style1"><span>La morale du cinéma américain par exemple, le modèle dominant, est à faire peur, mais souvent ce sont aussi dans ces mêmes films que le héros, ou son faire valoir, prononcent des phrases qui ramènent à peu de choses près à ce que la génération d’avant considérait comme « l’impasse de la lucidité » :</span></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><span> <em>- You live in a box. Your car is a box. Your home is a box. You look at the box. You lost your soul in a box.</em></span></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- The happiness is not the best way to be happy.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- What did I do to deserve this?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- When you are not born yet you know everything that’s gonna happen.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Why do you remember the past and not the future?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Most of the time we do nothing.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- We cannot go back, that is why it is hard to choose. You have to make the right choice. As long as you don’t chose everything remains possible. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- What make me say « I don’t swim with idiots? ». I don’t know how to swim.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- If we stay together we will drawn. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- We will learn how to swim. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You mean, we have to make a choice?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Every path is the right path.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You should not have remorse. The desire to live doesn&#8217;t mean a lack of humanity</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- My head hurts my head..</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- What else hurts?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Do u know there are only evil people are destroying the world.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You were born in </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- it is us against them my good friend</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- It is gonna be pretty bad isn’t it ?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You&#8217;ve survived worse</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Don’t compromise your principles or abandon your cause</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Do you know what’s waiting for me along the road?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- For one reason or another I see more inside the past than onside the future </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Try to keep this in mind</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- How do you define the idea of comprehension?</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Well it is knowing something and knowing what it means</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- I think there is two ways of looking at the idea of understanding : one is if you don&#8217;t look you will not see. The other is : if u look a little less you will see a hell of a lot more!</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You might still be under the effect of those drugs they put in your drink</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- If there is no way out, the best thing is to find a way further in</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- There is a difference between truth and fiction, fiction is to make sense</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- There is no such thing as innocent men. </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- I am being dirty</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- I don&#8217;t trust him. He likes people and you can never kind people like that</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- You know what is scary about commitments? Your life becomes real</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span lang="EN-US">- Find a new normal</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Il vivait l&#8217;instant présent comme un  enfant. C&#8217;est un don précieux pour un homme</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- On ne sait pas ou on va mais quand faut y aller faut y aller</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Toute ma vie j&#8217;ai cru que dans la vie ce qui était important c&#8217;était d&#8217;avancer dans la vie, d&#8217;être courageux, mais La seule chose qui demande du courage, c&#8217;est de faire face à ses responsabilités.</span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Que je sois pendu </span></em></p>
<p class="Style1"><em><span>- Certains viennent seuls</span></em></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><em><strong><span style="color: #ff0000;">Le même jour, plus tard</span></strong></em></p>
<p class="Style1"><strong><span><span style="font-weight: normal;">En essayant de trouver des sites internet d’artistes que j’aime, j’ai réalisé que je ne connaissais pas vraiment d’artistes. J’ai quelques amis dont je respecte le travail, Zeus, Luis Salazar, Thierry Théolier, bien sûr Aleksi (Dirloz) et Daniele, Ramdane (qui se considère comme tout sauf artiste), Castelbajac, Claudio Cassano (un artiste italien un peu perdu de vue), et qui d’autre ? Des artistes américains comme Ed Templeton, Marc Gonzales, Larry Clark ou Nan Goldin, Richard Prince, et pour le reste il s’agit d’une autre génération, Burden, Piper, Debord, Tapiès, Rauschenberg, Soulages, un peu Beuys, Boltanski, Sophie Calle, mais pas vraiment, Malevitch évidemment, mon maître, Guy Debord à cause de ma mère, les Dadas mais pas Duchamp, vraiment je ne sais pas… Est-ce parce que je n’arrive pas à me concentrer ? Combien ais-je de livres d’art ? Très peu, combien d’expo vais-je voir par an ? Un peu plus ? Essayons de trouver d’autres noms… Bill Violat ? Bof, Barbara Kruger et Jenny Holzer, pourquoi pas. Space-Invaders me paraît plus proche, Buren, Ben, MBTP, Les nouveaux réalistes ? Raymond Hains oui, Petibon, mais surtout parce qu’on me dit sans cesse que mon travail ressemble au sien, Bazelitz à cause d’une expo, Gaziorowski pareil, mais je n’ai jamais fouillé plus avant, Rainer à cause de ses recouvrements noirs… Banksi m’a ému un moment trop rapide. Grunwald, les primitifs italien, Paolo Ucello au Louvre, l’art primitif Inca, Baldessari pour « The back of trucks », Matthiew Barney parce qu’il est incontournable mais alors pourquoi ne pas citer Warhol et Jeff Koons (je ne suis pas contre), « La chaise » de Kossuth, la maison coupée en deux de Matta Clark, Paul Mc Carthy pour son ridicule flamboyant, Raynaud et sa maison en carrelage (oui je triche je regarde dans le dico), le Twombly des débuts, … Pollock même pas, Miotte parce que j’en ai un chez moi… JR qui grandit à vitesse grand V, Bertrand Lavier pour ses Mickey au musée d’art moderne et ses vitrines imprimées sur toile, son coffre fort et son frigo… Barry Mc Gee à cause des camions renversés… Journiac parce que son fond est représenté par ma galeriste… Quelle dérision.</span></span></strong></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Mercredi 20 Janvier</span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Temps de merde. Jessica vient de partir travailler. Ce matin nous avons trouvé le temps de déjeuner ensemble tandis que nos colocataires parlaient des infirmités qui peuvent parfois paralyser une vie et du manque de désir d’aventure de ceux qui en sont atteints. C’est très rare quand je suis debout avant elle mais aujourd’hui j’ai plein de travail, un calendrier pour la maison de bougies de mon ami Ramdane, un rendez-vous pour visiter une nouveau lieu, un autre pour récupérer de l’argent suite à la vente d’un dessin, et encore un autre pour remettre des images de ma dernière performance au 104 aux filles qui m’y ont invités. Tout faire au dernier moment. Se lever tard. Être libre. Depuis quelques jours je me penche sur la question de la querelle iconoclaste Byzantine et « l’affaire Arius » au dernier siècle de l’empire romain unifié. Deux livres passionnants qui se mélangent un peu dans ma tête, mais qu’importe, il y a longtemps que ces sujets me passionnent. D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi les choses ne se fixent généralement pas de manière claire dans mon cerveau, tout dans un espèce de flou. Toute cette culture que j’accumule, dont je me sert rarement, et que je suis le plus souvent incapable de ressortir, même cinq minutes après avoir refermé le livre qui m’a passionné, et souvent cloué chez moi deux ou trois jour de suite « sans rien faire ». </span></strong></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Sur la radio Gainsbourg chante « ce sont des trucs qui ne s’expliquent pas, ces jolies choses qu’on se dit tout bas ». « Entre machine et moi il se passe des choses des machins », « Comme dit machin, comment déjà, il y a des choses qu’on ne dit pas », « Ou quelque chose comme ça »… Moi, j’ai tendance à tout dire, même si je me tais le plus souvent, atterré par la connerie des gens. Quand on ne sait pas, mieux vaut ne pas parler, non ? Et que sait-on vraiment à part notre propre vécu ? Celui que j’essaye de partager depuis des années. Se réfugier derrière des citations ou des postures. Comment elle m’a dit Jessica ? « Ces réactions à répétition qui te font te demander si à la fin, ce n&#8217;est pas de ta faute, si tu t&#8217;y prends mal. Bien s&#8217;habiller, savoir présenter un projet, se montrer aux autres, l&#8217;intérieur vers l&#8217;extérieur, la projection, puis peut-être l&#8217;acceptation, l&#8217;identification, la croyance. Voila notre sale monde aujourd&#8217;hui ». Bien sûr qu’elle a raison, pour une part, mais que dire de l’autre ? Et de quoi parlais-je exactement. Ne pas trahir, le reste viendra tout seul, quand il sera temps. Peut-on vraiment accélérer les choses quand on sait profondément que ce n’est pas à nous de décider. La tour de Babel ou la bibliothèque d’Alexandrie qui, paraît-il, ne fut pas entièrement (accidentellement) incendiée mais dispersée ou détruite à cause de guerres (de religion) stupides. « Ceux qui savent ne savent jamais rien ». Vanité et humilité, construction. Pas à pas. « Il y a des choses qu’on ne dit pas ». Lesquelles ?</span></strong></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1">Fini les rendez-vous. Une femme à côté de moi dans le métro se fait voler son I-Phone à l’arrachée. Je lui passe mon portable pour qu’elle bloque son forfait et après qu’elle m’ai demandé mon nom me questionne : « Artus, Artus l’artiste ? ». Ben ouais. Nous avons tous les deux un Clark magazine à la main, ce qui explique un peu, peut-être. Puis elle descend du métro et court à son rendez-vous. Je n’ai pas réussis à retenir son nom, évidemment pas, mais j’ai pensé qu’elle avait l’air « Cool », et me suis demandé ce qu’elle pouvait bien faire dans la vie. En pensant à la scène « street » Française et mondiale je me dis que finalement c’était bien là et nulle part qu’il se passait quelque chose et que j’étais très heureux de faire partie de cette « culture ». Dans le dernier Clark un article sur Spike Jonze (réalisateur sur-médiatisé), sur Greil Marcus (écrivain de l’incroyable Lipstick Traces), sur Pablo Cots (peintre inconnu), sur Agnès b. (et son engagement), sur le Grunge, sur Miss Van (que je déteste), sur ill-studio (mes potes), sur les nouvelles cruising board Element, sur des expos à voir qui ont l’air bien, sur de la musique. Dans ma poche toujours ce livre sur la querelle d’Arius, j’essaye de retenir, Constantin, Alexandrie, Athanase, Dioclétien, la pax Romana, Eusèbe, Ossius, Origène, mais j’ai bien du mal. Les dates, ces fichues dates, vers 325 et avant. Dioclétien, Galère, c’est avant ? Constance, Julius… La double nature du Christ, humain ou divin, et ce que cela représente politiquement en ces siècles ou il faut fédérer, fédérer à tout prix car les hordes de barbares rodent. Et que ce serait-il passé si Arius avait gagné, si le Christ avait été un modèle humain, donc atteignable et non un dieu symbolique et fantasmagorique. Il faut laisser Dieu être Dieu et son fils notre guide. Monter au ciel d’accord, mais redescendre ? Être engendré ex nihilo, à partir de rien, incréé. Devenir Dieu, quel blasphème. Comme hier ce film sur l’avortement par le réalisateur de American History X, « Lake on fire », ou l’on voit les fœtus aspirés, les têtes, les mains, déjà, avant trois mois. Flippant, super flippant. Tuer, même dans le vendre c’est tuer, et c’est interdit par la bible, ce modèle indémodable. Mais le droit au choix, la liberté, reconnaitre les erreurs. « Make Mistake » comme dirait mon ami Aleksi.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1"><span>Daniele m’a montré ses dernières séries photo, très belles, très pro, ne rien faire pour faire plus. J’adore mon ami Daniele, ses doutes, sa lucidité. Et puis on m’a proposé : un portfolio dans un mag (peut-être), une soirée « Art posthume » (le 11 février), de me présenter à une galeriste Belge, à un groupe de Rock (pour faire la pochette de l’album), de produire l’un de mes projets de livre avec Ill-studio, 1000 euros de plus que prévu pour des illustrations pourtant déjà faites, 1750 euros de &#8220;dédommagement&#8221; pour des photos en passe d&#8217;être publiés, et ce week-end ma copine m&#8217;invite en voyage surprise et je n&#8217;ai toujours pas un radis en poche, mais demain 1000 euros encore devraient tomber.</span></p>
<p class="Style1"><span>Une bonne journée quoi…</span></p>
<p class="Style1"><span>Beaucoup de mails envoyés et peu de réponses, dieu que les gens peuvent être malpolis. Et maintenant les dessins, les dessins et encore les dessins. Ces fichus dessins qui me font vivre et que l’on associe maintenant à mon nom, invariablement, Artus l’artiste ? Ah, oui, celui-là.</span></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span> <strong><span style="color: #ff0000;">Lundi 25 Janvier</span></strong></span></p>
<p class="Style1"><strong><span style="font-weight: normal;">Assis sur les toilettes, l’ordinateur sur les genoux, Lou Reed sur la chaine hi-fi, Jessica dans son bain. Lundi, nous sommes tout juste de retour de Rome ou elle m’a invité à passer le week-end. Mon premier voyage surprise, ma première invitation et le passé qui s’évapore dans un espèce de flou. Un passé lointain avec une autre copine que je n’aimais pas et n’ai jamais aimé, une histoire simple que je me suis hâté d’oublier pour affronter la vie et sa folie. Combien de fois ais-je été amoureux depuis cette première histoire ? Vraiment amoureux ? Et Jessica ? Une fois selon elle. Ma deuxième véritable histoire d’amour. Compter les choses, faire des listes, respecter les chronologies pour comprendre le monde. Nous parlons de faire un livre ensemble, j’aimerais qu’elle fasse un livre avec moi, qu’elle m’aide à, enfin, réaliser ma monographie, mais avec la maturité de mes années perdues. Et aussi que ce livre lui permette d’asseoir ce qu’elle est, l’intelligence et la beauté incarnée, qu’il lui ressemble. Notre histoire, celle qui durera toujours ?</span></strong></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Jeudi 28 janvier</span></strong></p>
<p class="Style1">Lu dans l’interview de Greil Marcus dans Clark : « D’une certaine manière le Hip-hop s’est avalé lui-même, un peu comme le mémoire est en train d’avaler le roman », et je me suis dit que cela me faisait très peur. Faut-il revenir au roman ? Dans « Le symbole perdu par l’auteur du Da Vinci code » Dan Brown explique que le mot sincère vient de l’expression sans cire : « depuis Michel Ange les sculpteurs dissimulaient les défauts de leurs œuvres avec de la cire : ils comblaient les fissures et éclats avec de la cire chaude qu’ils recouvraient ensuite de poussière de pierre. C’était considéré comme une duperie de la part de l’artiste et à contrario, une sculpture « sans cire » – littéralement sine cera – signifiait une oeuvre sincère. » Et donc vraie, <em>avec des défauts</em>. Dans « U-Turn », de Oliver Stone (« que du lourd » n’est-ce pas) je note la phrase suivante : « Un homme sans éthique est un homme libre ». Quoi d’autre ?</p>
<p class="Style1">Ah ! Oui. Un ami devenu patron dit à un autre ami devenu rien du tout « Tu devrait retirer le piercing de ton nez et te couper les cheveux, ça irait mieux pour toi ». Dieu que les gens peuvent être cons parfois. Devenu rien du tout, ça n’existe pas. Et l’humanité dans tout ça. Je crois que je tourne en rond alors que pourtant… Mon chat ronronne, il fait toujours très froid dehors, j’ai plein de projets, et je suis très heureux. « Devenu personne ». Quelle connerie. Disparaître dans l’anonymat des gens connus alors que la vraie vie se déroule ailleurs. Quelle vraie vie ? Celle sans cire ?</p>
<p class="Style1">Sincère ? C’est la vérité que je cherche. Toujours. Dans Dan Brown, dans La querelle d’Arius, dans U-Turn, dans les œuvres d’artistes. Dans la vie qui ne se limite jamais à sa version élitiste ou populaire car elle est tout à la fois. Célèbre et anonyme.</p>
<p><!--StartFragment--><!--EndFragment--></p>
<p class="Style1">Mais alors pourquoi ais-je tant de mal à croire à l’anonymat aujourd’hui ? Parce qu’il ne veut plus rien dire. Late Biosas, late biosas, late biosas (vivre caché). Je comprends. Je viens de comprendre. Bien sûr. « Le masque de la société ». Mon très grand ami artiste Daniele Tedeschi. Mon ami Patron Ramdane. Et mes autres amis journalistes, skateurs, charpentier, au chômage. Je suis aussi artiste, ça n’a jamais autant voulu dire quelque chose.</p>
<p class="Style1">« Aujourd’hui ».</p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1"><span lang="EN-US"> </span></p>
<p class="Style1"><span lang="EN-US"> </span></p>
<p class="Style1"><span lang="EN-US"> </span></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1"><span> </span></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: justify;">
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Artus au 104</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2010/01/artus-au-104/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 12:35:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Nouvelle expo ce mardi, vernissage de 18h à 20h
Du 12 au 17 janvier  2010

Le CentQuatre - 104 rue d’Aubervillier – 75019 Paris

&#8220;Le collectif atHome, plate-forme de distribution artistique destinée à promouvoir la création, organise du 12 au 17 janvier au 104, l&#8217;établissement artistique de la ville de Paris, un événement autour de la typographie.
atHome [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/avis-complet-l1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-337" title="avis-complet-l1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/avis-complet-l1.jpg" alt="" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">ARTUS @ atHome</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Nouvelle expo ce mardi, vernissage de 18h à 20h</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Du 12 au 17 janvier  2010</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Le CentQuatre - 104 rue d’Aubervillier – 75019 Paris</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">&#8220;Le collectif atHome, plate-forme de distribution artistique destinée à promouvoir la création, organise du 12 au 17 janvier au 104, l&#8217;établissement artistique de la ville de Paris, un événement autour de la typographie.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">atHome a invité des graphistes, créateurs et artistes, à présenter des travaux typographiques sur le thème « texte à voir » en opposition avec le « texte à lire ».</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">L’artiste Artus<span> d</span>e Lavilleon proposera son projet « Avis Avis », durant lequel chaque visiteur pourra taper la phrase son choix, grâce à un système informatisé, dans la typo d’Artus. Chacun des textes sera imprimé sur A0. À l’issue de l’exposition, l’auteur du texte pourra acheter son impression, sur laquelle Artus aura apposé sa signature, sorte de plus-value à l’œuvre « fake » qui pourra ainsi devenir un contre-sens approuvé de son travail&#8221; (Clark magazine).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il réalisera aussi des dessins des personnes qui auront acheté les posters, ou il leur demandera d&#8217;expliquer la phrase qu&#8217;ils auront choisi d&#8217;écrire, et leur enverra gratuitement le dessin la semaine suivante (l&#8217;original restant à vendre). On parle aussi d&#8217;une nouvelle performance et de deux très grand dessins&#8230;</p>
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		<title>Consumérisme IV</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2009/10/consumerisme-iv/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 04:02:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[
Durant quelques temps vous pouvez me lire ici :
http://artusconsumerisme.blog.lemonde.fr/
(Je vous conseille de commencer par le début en bas)
Pour en savoir plus sur le projet voir pages suivantes
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.tiff"><img class="aligncenter size-full wp-image-329" title="artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.tiff" alt="" /></a><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi1.tiff"><img class="aligncenter size-full wp-image-330" title="artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi1.tiff" alt="" /></a><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-331" title="artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/artus-dans-sa-boite-c2a9-daniele-tedeschi.jpg" alt="" width="487" height="324" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Durant quelques temps vous pouvez me lire ici :</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">http://artusconsumerisme.blog.lemonde.fr/</span></strong></p>
<p style="text-align: center;">(Je vous conseille de commencer par le début en bas)</p>
<p style="text-align: center;">Pour en savoir plus sur le projet voir pages suivantes</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Consumérisme III</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2009/10/consumerisme-iii/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 05:06:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Chronique d’un enfermement volontaire dans une surface minimum vivable dans un temple de la consommation moderne, et de ses suites.
Dans quelques heures je serais m’isolerais complètement dans une boite au sein du magasin Citadium/Le Printemps et y passerais en moyenne dix heures par jour sans en sortir, sauf crise grave, du 15 au 30 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/consumerisme-cube-light.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-326" title="consumerisme-cube-light" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/consumerisme-cube-light.jpg" alt="" width="500" height="734" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="color: #ff0000;">Chronique d’un enfermement volontaire dans une surface minimum vivable dans un temple de la consommation moderne, et de ses suites</span></strong><strong><span style="color: #ff0000;">.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal">Dans quelques heures je serais m’isolerais complètement dans une boite au sein du magasin Citadium/Le Printemps et y passerais en moyenne dix heures par jour sans en sortir, sauf crise grave, du 15 au 30 octobre 2009.</p>
<p class="MsoNormal">De 10 h à 20h du Lundi au Samedi à l’exception du Jeudi ou le magasin ferme à 21h, et du Dimanche ou je me baladerais dans Paris.</p>
<p class="MsoNormal">J’arriverais vers 9h50 vêtu d’un costume blanc, au 104 rue de Provence et en repartirais vers 20h10, sauf le premier jour ou j’arriverais à 9h30, et le deuxième ou je partirais plus tôt pour des raisons personnelles.</p>
<p class="MsoNormal">La boite fait l0,90 x h0,90 x L1,90 m et est placée horizontalement à l’entrée gauche du magasin, non loin de la vitrine ou se trouve la peinture « Consumérisme ».<span> </span>Elle est opaque et sert de stand.</p>
<p class="MsoNormal">J’y amène tous les jours le journal « Le monde », et y dors sur le même matelas sur lequel dormais ma mère, avec une couette, deux oreillers, un réveil, des boules kies, un réveil, une lumière, un stylo et un carnet de notes. Trois bouteilles d’eau, dont une vide.</p>
<p class="MsoNormal">Pour le cas ou des personnes trouvent ce stand qui est « caché quelque part dans la boutique », le vendeur leur interdira de me déranger et pour toute explication leur montrera le livre « Coyote » sur la performance de Joseph Beuys de 1974, que j’ai découvert aujourd’hui, et qui, dans mon idée, fait étrangement écho à la mienne.</p>
<p class="MsoNormal">Mon téléphone, ainsi qu’une liste des amis qu’il contient, et mon ordinateur portable seront laissés, le temps d’une rapide consultation, à disposition du groupe de personnes qui ont accepté « d’enquêter (peut-être sous forme d’interviews) sur les raisons qui peuvent pousser un homme, moi, à réaliser une performance artistique qu’il dit ne pas comprendre lui-même ».</p>
<p class="MsoNormal">Mon emploi du temps entre la boite installée chez Citadium et celle installée dans mon ancien appartement ne concernant que moi, je ne donne pas l’heure précise de mon arrivée au 14 rue Portefoin. Mais je tâcherais d’y être tous les jours avant minuit et ce jusqu’à 8h du matin.</p>
<p class="MsoNormal">J’y travaillerais à écrire à des textes, dans cet autre espace vital minimum, faisant l0,70 x h2,0 x L1,50m, placée juste derrière la porte d’entrée et bloquant l’accès à l’appartement. On peut m’y rendre visite et m’y rencontrer la nuit. Le code est le 86437 et l’interphone de Lavilléon.</p>
<p class="MsoNormal">Sur la table que je possède depuis mon enfance : une machine à écrire et des rubans, du papier, un réveil, « La stratégie du choc » de Naomi Klein, « L’art conceptuel » de Tony Godefrey (ed Phaidon souple) qui m’ont fortement influencé, « Le Coyote », et mes « mémoires ». Une tasse, du thé, une théière, et une bouilloire.</p>
<p class="MsoNormal">Sous la table, une bassine, du savon et un gant, un tube de dentifrice et une brosse à dents, pour me laver brièvement la nuit dans la cour.</p>
<p class="MsoNormal">Mes repas, déjeuner et dîner, seront principalement pris à l’extérieur, sur le chemin d’une boite à l’autre.</p>
<p class="MsoNormal">Dans le cas ou le vernissage prévu par le magasin Citadium/le Printemps et « la boite de jour », quelques jours avant la fin de la performance, a effectivement lieu, probablement le mercredi 28, je me réserve le droit de sortir de ma boite de façon définitive et de l’exposer ouverte aux yeux du public.</p>
<p class="MsoNormal">Une photo sera prise avant et après la performance, de la détérioration du costume blanc que j’aurais porté sans relâche.</p>
<p class="MsoNormal">Les textes écrits dans la seconde boite seront à disposition de qui s’y intéresse, et n’auront pas forcément de rapport avec cet enferment choisi et subit.</p>
<p class="MsoNormal"><em>« Dans la seconde acception, le consumérisme désigne l’épistémè associé à la société de consommation. Il s’agit d’une idéologie où la consommation de biens revêt une importance capitale. Cette acception de consumérisme est largement rattachée à la notion de post-modernité.</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Le consumérisme est par métonymie appelé société de consommation et en tant que tel violemment critiqué depuis la fin du xxe siècle, que ce soit par les mouvements écologistes ou par les « anti-pubs »&#8230; »<span> </span>Wikypédia.</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;">Voir page suivante. Artus</p>
<p class="MsoNormal">
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Consumérisme II</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 19:33:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
« Envie de rien ne veut pas dire que l’on n’ai pas envie de tout, 
de vivre tout je veux dire »
C’est fou ces phrases qui restent bloquées dans nos têtes… Dans quelques jours je vais m’enfermer dans un cube, chez Citadium, puis chez moi, sans technologie, caché aux yeux du monde mais quand même accessible [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/hermes-l1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-322" title="hermes-l1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/hermes-l1.jpg" alt="" width="500" height="664" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">« Envie de rien ne veut pas dire que l’on n’ai pas envie de tout, </span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">de vivre tout je veux dire »</span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;">C’est fou ces phrases qui restent bloquées dans nos têtes…<span> </span>Dans quelques jours je vais m’enfermer dans un cube, chez Citadium, puis chez moi, sans technologie, caché aux yeux du monde mais quand même accessible de mes quelques proches. Autour de moi, les gens commencent à parler de ma performance : « - Mais pourquoi tu fais ça ? » « - Pourquoi tu veux te faire souffrir encore ». Comment répondre autre chose que « je ne sais pas », ou « à vous de deviner ». Une chose est sûre, je ne fais pas ça pour me punir moi même de ce que je ne comprends pas, mais plutôt pour mettre en abîme un fonctionnement de notre société qui me paraît abscons. Si plus rien n’a de sens alors comment donner du sens à ma dernière pitrerie en date ?</p>
<p class="Style1">L’autre jour ma copine me dit : « - Je pense souvent au suicide », moi aussi… Pourquoi ? « - à cause du poids de la vie parfois, je suis heureuse, très heureuse même, tout va bien, mais les choses me pèsent ». Quelles choses ? « - La rapidité, le manque de profondeur, ce qui se répète ». Je me souviens vaguement de l’effet qu’avait eu sur moi le mythe de Sisyphe de Camus, que j’ai pourtant lu très tard, autour de mes 24 ans. Et Siddhârta aussi. Être éveillé, comprendre. Tout m’échappe aujourd’hui. Et ces phrases qui tournent dans ma tête. La morale du cinéma américain comme nouvelle bible et religion. Que nous offre le monde aujourd’hui à part des points vers et des points rouges sur une carte encore partiellement rongée par la guerre, la famine, la course au succès et à la richesse, au détriment de qui et de quelles valeurs ? Me cacher dans un grand magasin non loin d’un tableau où j’aurais écrit le mot « CONSUMERISME » sur une grande peinture. Qu’ajouter de plus ? Acheter pour se sentir bien, et quand on se sent bien ressentir pourtant ce poids : quelque chose ne va pas, mais quoi ?</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">« Envie de rien ne veut pas dire que l’on n’ai pas envie de tout, </span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">de vivre tout je veux dire » </span></p>
<p class="Style1">Enfermé dans une boite dans un temple de la consommation. Bien sûr que j’y pense, tous les jours. Incapable de rien faire sauf penser à cette performance. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et puis, le soir, dans un autre cube, j’essayerai d’écrire des embryons de réponse, des réponses d’artiste, des réponses introspectives qui pourtant éclairent le monde… Mon monde, et aussi le vôtre.</p>
<p class="Style1" style="text-align: right;"><em>Voir page suivante pour la description de la performance&#8230;.</em></p>
<p class="Style1">
<p class="Style1">
<p><!--EndFragment--></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Consumérisme</title>
		<link>http://www.artusdelavilleon.com/blog/2009/09/consumerisme/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 09:29:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Je pars après-demain en Inde, dans le Ladakh, pour faire un reportage photo pour le Elle, et j’ai évidemment des tonnes de choses à faire que je ne fais pas, ou dans le désordre. Retour de vacances comme n’importe quel mec qui travaille. Une expo chez Citadium, un projet de livre, de jaquette de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/la-boite.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-312" title="la-boite" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/la-boite.jpg" alt="" width="500" height="662" /></a><em><strong> </strong></em><!--StartFragment--></p>
<p class="Style1">Je pars après-demain en Inde, dans le Ladakh, pour faire un reportage photo pour le Elle, et j’ai évidemment des tonnes de choses à faire que je ne fais pas, ou dans le désordre. Retour de vacances comme n’importe quel mec qui travaille. Une expo chez Citadium, un projet de livre, de jaquette de CD, une restauration d’œuvre à organiser, des dessins notamment pour un mécénat de chirurgie cardiaque avec la crème des branchouilles, un journal interne d’agence de pub, bref que des choses très excitantes qui me donnent de plus en plus l’impression d’être devenu un graphiste branché de plus, et n’ont pas grand chose à voir avec ce devenir artiste que je revendique comme mien depuis des années : « c’est qu’il faut bien vivre voyez-vous ».</p>
<p class="Style1">Cela dit le projet Citadium, s’il est bien réalisé, est très intéressant puisque je me propose de vivre caché dans un stand à tee-shirt, pendant 15 jours, presque entièrement coupé du monde extérieur, face au tableau consumérisme. Il fallait bien que je dérape à un moment ou à un autre. Il y a quelques temps j’étais tombé sur le livre souple sur l’art conceptuel aux éditions Phaedon, et il m’avait retourné la tête. L’engagement politique des artistes y était très fort. Adrian Piper, Chris Burden, et je me demande sans cesse comment reproduire cet engagement aujourd’hui, dans une société qui récupère absolument tout.</p>
<p class="Style1">J’ai aussi lu dernièrement les livres de Ziegler « La haine de l’occident » et de Naomi Klein « No logo » et « La stratégie du choc » qui m’ont profondément marqués. Autant j’ai du mal a m’intéresser aux journaux, autant le travail journalistique ou économiste d’enquête commence à me passionner. Tout simplement parce que ma confiance est renforcé par le temps qui est passé entre « l’information », et la façon dont elle a été digérée. De plus nous somme face à un avis subjectif, très loin de cette objectivité illusoire qui caractérise si bien la grande presse.</p>
<p class="Style1">Comment réinsérer de tels ouvrages dans ma pratique artistique ? Comment ceux-ci m’influencent-ils ? Et toujours cette passion pour le mauvais cinéma, les phrases, la nouvelle religion de l’homme moderne. Vivre sans. Couper son téléphone. Se retirer du monde dans le monde, et rendre visible cette action.</p>
<p class="Style1">
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong><span style="font-weight: normal;"> </span><!--StartFragment--></strong></span></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #ff0000;">« Consumérisme »</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><em><span style="font-style: normal; font-weight: normal;"><span style="color: #ff0000;">Un homme vit et dort caché dans un stand</span></span></em></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #ff0000;">quelque part dans le magasin, pendant 15 jours</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #ff0000;">Installation - Performance</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #ff0000;">Du 15 au 30 octobre 2009</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #ff0000;">Artus</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em><span style="font-weight: normal;">« Il y a un moment ou les idées cessent d’être bonnes pour  être juste nécessaires. C’est le moment ou la perte de sens devient la plus évidente, et parfois aussi la plus intéressante, socialement, artistiquement, et humainement ». Artus.</span></em></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Parallèlement à ses expositions en galerie, l’artiste Artus de Lavilléon – connu pour ses dessins en noir et blanc et ses collaborations avec des marques (Levi’s, Yves Saint Laurent, Sony, Jean Charles de Castelbajac, Lazy Dog, Corinne Cobson, …) – a au cours des années passées, réalisé un certain nombre de performances et d’installations dans des boutiques ou des lieux dont l’activité n’était pas dédiée à l’art.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Sa performance la plus remarquée s’est déroulée dans les vitrines du Printemps à la rentrée 2000, dans le cadre de l’exposition « Excentriques », où Artus vécut durant une quinzaine de jours devant une foule curieuse, un peu avant que le phénomène de télé-réalité n’envahisse nos petits écrans.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Pour l’Espace de S<span><span style="font-family: Verdana;">abrina Rasoloniaina<span> (sur une invitation de </span></span><span style="font-family: Verdana;"><span>Manuel Angot</span><span>)</span></span></span>, il propose de vivre caché pendant les heures d’ouverture, dans une boite fermée de dimension humaine (0,90 x 0,90 x 2m), entièrement habillé de blanc, non loin d’un tableau où l’on peut lire le mot « Consumérisme ».</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Bien que la mention « Un homme vit et dort caché dans un stand quelque part dans le magasin, pendant 15 jours » soit écrite sur la vitrine, rien n’indique dans le magasin de quel stand il s’agit.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Son idée: vivre de rien et sans rien pendant la durée de l’exposition, et se couper du monde sans qu’aucun stimuli extérieur (téléphone portable, livres, films…) ne vienne troubler sa méditation à l’exception de la presse écrite du jour.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">De façon à ne pas interrompre sa performance, une boite du même type sera installée à son domicile, équipée uniquement d’une table, d’une chaise, et d’une machine à écrire sur laquelle chaque soir Artus consignera ses impressions et ses souvenirs.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Comme Artus a coutume de le faire dans son travail, dont l’un des principes consiste à archiver le quotidien et à créer les situations qui le subliment, cette performance montre comment l’artiste s’inscrit aujourd’hui dans le monde pour en être le témoin privilégié.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Ainsi, pour lui, l’artiste n’est plus celui qui crée mais celui qui s’approprie des évidences, et sa soumission face à un monde de plus en plus régit par le consumérisme, se verra dépassée par sa capacité à le réinventer.</span></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em><span style="font-weight: normal;">« Quand il y a presque dix ans, je me suis installé dans les vitrines du Printemps pour parler du phénomène de télé-réalité qui s’apprêtait à envahir le petit écran, et nos vies, j’ai choisi de le faire devant la peinture « pornographie », et ai écrit : « la pornographie, c’est ce qu’on fait des choses ». Aujourd’hui, cette pornographie est devenue notre quotidien, et la quête de reconnaissance n’a jamais été aussi grande. Lorsque Emmanuel Angot m’a proposé d’exposer des œuvres chez Citadium, j’ai choisi de montrer le décalage qu’il existe entre l’artiste qui a besoin de vivre de son travail, et la force de récupération de la société qui fait que « plus rien n’a de sens puisque tout est un produit », contre culture comprise. Mon projet était d’installer une cabane de clochard ou sein du stand de mon ami et d’y vivre, mais je suis vite revenu sur cette première idée, trop visible, trop évidente, difficilement vendable, pour décider de dormir dans un présentoir, à tee-shirt, bijoux, sacs…, pendant la quinzaine de jours que durerait ma performance. De me rendre invisible, non loin d’une peinture où il serait écrit « consumérisme » en larges lettres blanches sur fond rouge. Puis, le soir, de rentrer chez moi, où une cabane du même genre aura été installé, et d’y travailler, coupé du monde extérieur, sans accès à aucune technologie, sauf une machine à écrire et du papier. Ni téléphone portable, ni livres, ni films, ne venant me perturber, juste le journal acheté en costume blanc sur le chemin de ma boite.</span></em></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em><span style="font-weight: normal;">Il y a quelques temps ma mère est morte chez elle après avoir écrit sur sa porte « bienvenue à l’impasse de la lucidité ». À la fin d’une vie bien remplie, et déçue par le monde, Maryse Lucas s’était clochardisée chez elle, et a fini ses jours, sans sortir, entourée de marginaux  qui, comme elle, étaient rongés par leur incapacité à changer les choses. Je crois que l’on peut changer les choses. A l’instar de l’art conceptuel des années 70 (Chris Burden, Adrian Piper), je pense que nos actions créent un référent qui n’est pas dénué de poids politique. Pourquoi montrer de nouvelles œuvres quand notre vie et notre art ne font qu’un. Si le spectacle est la dernière aventure contemporaine, cela veut-il pour autant dire que l’on ne puisse le dénoncer ? »</span></em></span></p>
<p class="Style1" style="text-align: right;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Artus de Lavilléon</span></span></p>
<p></strong></p>
<p><strong><!--EndFragment--> </strong></p>
<p class="Style1"><em> </em></p>
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		<title>Retour impossible</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 12:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
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Tempête sur Tanger. Le vent souffle comme jamais depuis que je suis arrivé. Impossible de dormir. Je repense à mes dernières rencontres, le baron Francisco A de Corguera Gandarillas, et Jean Louis Ricardi. Un peintre Chilien et un grand décorateur d’intérieur Français qui ont tous deux choisi de venir vivre à Tanger. Grandes discussions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/nous1.jpg"><img class="size-medium wp-image-305 alignnone" title="nous1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/nous1.jpg" alt="" width="500" height="662" /></a> <!--StartFragment--></p>
<p class="Style1">Tempête sur Tanger. Le vent souffle comme jamais depuis que je suis arrivé. Impossible de dormir. Je repense à mes dernières rencontres, le baron Francisco A de Corguera Gandarillas, et Jean Louis Ricardi. Un peintre Chilien et un grand décorateur d’intérieur Français qui ont tous deux choisi de venir vivre à Tanger. Grandes discussions au restaurant de Ramdane sur la vie, les livres, et plein d’autres sujet. L’ambiance est détendue est très sympathique. Francisco est un dandy aux multiples femmes et enfants, 18 selon la légende, qui me questionne sur les nouveaux mouvements artistiques et semble très intéressé par ma grande amie blonde, Lauren, venue nous rendre visite.<span> </span>Jean-Louis nous expose la grande différence qui sépare selon lui les gays des homosexuels, puis nous embrayons sur Proust, Stendhal, Violette Leduc, Garcia Marquez, Duras, Nabokov, et tant d’autres lectures qui ont meublés ma jeunesse. Je n’ai jamais réussi à lire Proust dont on me parle beaucoup en ce moment, ni les 100 ans de solitude de Garcia Lopez, mais les discussions sur les livres sont tellement rare dans mon milieu à Paris que je suis charmé par ces deux personnages hauts en couleurs, comme beaucoup d’autres que j’ai rencontré ici.</p>
<p class="Style1">Nous parlons aussi de décoration et de grands noms du monde que je ne connais pas, et presque par hasard surgit dans la conversation le nom de Pierre-Lucien Martin, le grand relieur d’art qui était très présent une partie de mon enfance. Je suis très ému quand je commence à raconter l’histoire de ma mère à ces étrangers qui me le demandent. Pour la première fois dans un autre cadre que celui de l’intimité, je raconte la vraie histoire de son retour à Paris. Ma souffrance et la difficulté de gérer une alcoolique dépressive à peine capable de marcher dans mon 15m2 autour des années 2000, juste au moment ou tout marchait bien pour moi. Puis je rentre chez Ramdane et Victoire et tente d’écrire ce texte impossible. Comment raconter par écrit ce que je viens de dire très simplement lors d’un dîner mondain, avec la même réserve et la même honnêteté ?</p>
<p class="Style1">Le surlendemain nous recroisons Francesco chez lui, qui nous a invité à voir ses peintures. Certaines œuvres ressemblent étrangement aux miennes. Il cite l’école américaine, Baldessari, Rusha, …, pour référence. Son travail est riche et foisonnant, son charme indéniable entièrement tourné vers Lauren. Sa maison sublime sur les hauteurs de la Kasbah de Tanger, avec une vue imprenable sur la mer et les vêtements qui sèchent sur les toits à côté des nombreuses paraboles. Victoire me dit qu’elle m’imagine bien finir comme ça, en vieil excentrique environné d’œuvres, et pense que ma maison d’Ernée n’est pas loin de celle de Francisco en terme de décoration et d’énergie. L’homme me donne envie de peindre et de me jeter à corps perdu dans ma pratique. Ici il n’est pas question d’argent ou de réussite mais juste de faire et de partage. J’adore ça.</p>
<p class="Style1">Sur le retour, je pense à mes performances et à Paris. Je suis fier de régulièrement prendre le chemin le moins facile, mais comment l’expliquer à tous ces proches, qui, eux aussi, ne me parlent que de réussite et d’argent. Francisco abstinent depuis dix ans, tranquillement installé à Tanger, qu’une exposition à New-York ou ailleurs fait vivre, plus peut-être un héritage familial. Mohamed qui dors dans un petit deux pièces, juste à l’entrée de la kasbah aussi, qu’il paye « un peu cher », 120 euros par mois. Partir… J’ai choisi de rester pour Jessica et l’amour. Je suis sur de mon choix, mais Paris coûte si cher, et je n’ai pas beaucoup d’argent. Lauren me dit, si tu veux de l’argent tu n’as qu’à travailler pour en gagner. Mais je suis fier de ce que je fais, et l’argent ne m’intéresse pas. Seuls les projets comptent, peintures, dessins, installations, performances, films… Je sais depuis le début que mon chemin prendra du temps, mais comment concilier cela avec mon envie de fonder une famille ? Jessica à 26 ans, pour l’instant tout va bien, mais dans deux ou trois ans ? Je n’ai pas peur et je suis sûr de moi, mais ce poids social m’effraie. A croire qu’il n’y a pas d’autre solution que la solution de l’argent, et il y en a de façon évidente. Ce que seuls mes amis un peu clochard et bohèmes supportent, pour avoir choisi le même style de vie.</p>
<p class="Style1">Francisco est âgé, il a une vie derrière lui, et c’est aujourd’hui que je ne supporte plus Paris. Essayer et essayer encore, mais sans modifier ma façon de faire. De toutes façon je crois que j’en suis incapable. Et pourquoi m’inquiéter, jusqu’à maintenant j’ai toujours eu, plus ou moins, de quoi vivre. Et tout est dans ce plus ou moins.</p>
<p class="Style1">Plus est-il toujours mieux que moins quand on se bat pour une idée différente de la vie ?</p>
<p class="Style1">
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		<title>Impressions de vacances</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Sep 2009 18:49:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>artus</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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Matin, réveil dans la grande maison vide. Ramdane, mon ami, a décidé de déménager et nous a laissé sa maison d’ami. Une maison sublime sur les hauteurs de Tanger. Tous les matins nous sommes réveillés par les pépiements des oiseaux sous un ciel invariablement clément. Chaque matin nous pensons : « une magnifique journée commence ». C’est les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a style="text-decoration: none;" href="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/tanger-voilier1.jpg"><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-301" title="tanger-voilier1" src="http://www.artusdelavilleon.com/blog/wp-content/uploads/tanger-voilier1.jpg" alt="" width="500" height="657" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p class="Style1">Matin, réveil dans la grande maison vide. Ramdane, mon ami, a décidé de déménager et nous a laissé sa maison d’ami. Une maison sublime sur les hauteurs de Tanger. Tous les matins nous sommes réveillés par les pépiements des oiseaux sous un ciel invariablement clément. Chaque matin nous pensons : « une magnifique journée commence ». C’est les vacances, ce moment un peu étonnant où l’on a rien à faire et ou l’on vit juste de l’air du temps quand le temps est beau, et d’amour partagé quand le temps est mauvais. Farniente est le mot clef pour de bonnes vacances paraît-il, tandis que Ramdane bosse comme un malade sur son nouveau restaurant, ses bougies, et tous ses nombreux projets, sans compter la famille, les trois enfants, le fameux déménagement, et tout le reste. Chaque minute rentabilisée pour le bonheur des siens et le plaisir de donner forme à ses idées.</p>
<p class="Style1">Jessica est assise en face de moi, et nous sommes maintenant installés à la terrasse de « L’Africain », à l’ombre d’un caoutchoutier, après une traversée épique de la ville en vieille Merco de 1966, intérieur cuir rouge. D’autres bruits d’oiseaux, des enfants qui jouent, les hommes habillés en blanc qui se préparent pour le Ramadan, les femmes qui viennent chercher de l’eau à l’entrée de la casbah, juste devant le restaurant.</p>
<p class="Style1">Hier, nous avons passé la journée à jouer avec les enfants, nous balader dans la ville, lire et nous baigner. Bizarrement ce repos n’enlève pas le stress des projets à accomplir, ni les réflexions qu’il engendre. Que vais-je faire à la entrée, comment assumer le loyer, le train de vie avec la nouvelle copine… Quelle direction prendre pour quel « meilleur devenir » ? Déjà je sens des changements s’opérer dans ma façon de penser, mais pas ou peu dans ma façon de voir le monde.</p>
<p class="Style1">Un journaliste décide de faire un article sur moi en demandant à mes amis de décrire nos relations sous forme d’anecdotes, de vécu commun. Michel me décrit comme étant quelqu’un qui fantasme beaucoup, Nico comme observateur contestataire qui ne change jamais, « dans le bon sens du terme », et je suis très curieux de lire ce que les autres amis vont bien pouvoir écrire. Jessica pense que je suis naïf « comme un artiste ». Ramdane me dit que je ne fais pas ce qu’il faut pour réussir et qu’il est ridicule de faire des concessions quand on n’est pas prêt à baisser totalement sa culotte, mais il me parle en même temps de l’intégrité de certains artistes qu’il aime, et a du mal a cacher ce qu’il pense de la nullité de certains autres qu’il connaît. « L’important c’est de faire de la thune et d’être heureux ». Pragmatique, comme à son habitude. Jamais je ne voudrais passer chacune des minutes de ma vie à travailler comme un chien comme il le fait en ce moment ; même pour construire une famille ? La question n’a jamais été autant d’actualité.</p>
<p class="Style1">Progresser, ou se vendre ?</p>
<div>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">***</span></p>
</div>
<p class="Style1">D’après Jessica, il y a une certaine compétition entre Ramdane et moi. Lui le business man et moi l’artiste « toujours à l’affut de sensations nouvelles ». Dans le hall du port qui nous conduit en Espagne je lui lance : « Tu sais Ramdane, tu travailles comme un fou, pour toi et ta famille, et c’est tout à ton honneur, et tu passes ton temps à dire que je ne fout rien, mais quand même… Imagines que je réussisse… Quelle vie j’aurais eu par rapport à toi ! Que du kiff. Les artistes peuvent gagner beaucoup d’argent aussi ! ». Je crois que je l’ai vu vaciller. « Lequel aura le mieux réussit dans 10 ans ? ». Dix ans de plus. J’aurais presque 50 ans ! Dix pour se faire connaître et dix pour vivre de son art dignement. Je ne crois pas aux réussites rapides en art. Pierre Huygues, Philippe Parreno, Matthew Barney, kamel Mennour, Emmanuel Perrotin… Tous ces noms qu’il cite à tout bout de champ, comme références économiques de l’art contemporain (et presque jamais pour leur travail), avec leurs assistants, leurs boite de prod, leurs budgets astronomiques, tout ce monde que je ne comprends pas.</p>
<p class="Style1">Dans une interview Boltansky en parle bien mieux que moi :</p>
<p class="Style1"><em>« Tout ce que je peux dire c’est que ce (mon exposition au grand palais) sera en janvier, et sans chauffage. Et sans assistants, et je m’en flatte. Je n’en ai pas, ni de secrétaire. Si j’en avais, il faudrait les occuper – donc faire quelque chose – et les payer – donc vendre. Je suis un artiste vieux et traditionnel, pas le chef d’une petite entreprise comme j’en vois tant. Le danger des expositions genre Grand Palais, c’est justement de tomber entre les mains d’ingénieurs et de spécialistes qui veulent trop bien faire. Moi, j’essaye que ce soit le moins cher possible, un peu raté, pas un truc de boite de prod. Depuis quelques années, le modèle cinématographique a été décalqué sur les arts plastiques. C’est une erreur. Je veux que l’on voit le hasard et les ratages, et que l’émotion entre par cette porte. Je veux que dans les formes il y ait quelque chose d’improbable qui fasse passer l’émotion. Dans ma jeunesse, les gens les plus importants étaient les critiques – ceux qui savaient écrire du moins. Puis ce fut le tour des commissaires d’exposition. Aujourd’hui ce sont les puissances d’argent – c’est le signe d’un affaiblissement intellectuel. Moi qui ai une si haute idée de l’art, je trouve triste cet abaissement par la spéculation… Mais j’ai une telle confiance dans l’art que je pense qu’il s’en sortira. Il s’en sortira toujours. » (« Le Monde », samedi 29 août 2009)</em></p>
<p class="Style1">La vantadise, le mensonge et l’exagération en public. L’éducation dans la réussite.</p>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">***</span></p>
<p class="Style1">Et ce court voyage à Marbella avec Jessica pour aller voir une galerie. Ramdane et Victoire qui nous regardent partir en stop sans comprendre vraiment pourquoi on ne veut pas prendre le bus, à 8 euros le ticket… Et l’aventure alors ? Les rencontres ! Les hasards qu’il faut aussi provoquer.</p>
<p class="Style1">Assis dans le canapé l’immense espace dédié à l’art chinois que vient d’ouvrir mon amie Maité, rapidement rencontrée en chine, nous nous mettons à discuter de la fidélité en amour et des trahisons qui parfois peuvent nous détruire. Maité me parle de bouddhisme, de souffrance à dépasser, d’expérience de vie, alors que je tente de lui expliquer le point de rupture qui existe chez chaque humain. Elle pense qu’on doit avoir le droit à l’infidélité, et que « c’est comme ça que l’on grandit, en apprenant de ses souffrances ». Je retiens l’envie de lui dire qu’elle ne sait rien, qu’elle n’a jamais vraiment vécu ces douleurs dont elle me parle, et tente de lui parler de ma mère qui, justement, un jour, a passé ce point de rupture. Rien a faire. « Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort ». Peut-être, mais quand je regarde mon propre parcours je sais que je ne supporterais sans doute pas une trahison de plus d’un proche. Passé un certain stade il ne s’agit plus de ce que l’on peut endurer, « pour être heureux », mais de notre tolérance à autrui qui se trouve mise en danger. Du risque ce se voir marginalisé à un tel point qu’aucun retour en arrière n’est plus possible. J’essaye encore une fois de retenir mes mots tandis que Jessica me regarde du coin de l’œil. Ma souffrance est immense. J’ai vu et vécu. Je sais.</p>
<p class="Style1">Je tente une vague comparaison avec le vendeur d’armes qui sait le mal qu’il va faire, mais ne peut s’empêcher de continuer son business pour son enrichissement personnel, et dévie sur la notion d’état terroriste. Il en va de même lorsque l’on sait que des actions sont mauvaises et que l’on peut les éviter. Pourquoi blesser l’autre si l’on peut faire autrement ? Pourquoi désirer la femme du voisin, pourquoi trahir alors qu’on est dans une relation dans laquelle on s’épanouit ? Je ne prône pas ici la fidélité absolue, elle n’existe pas, mais le respect mutuel.</p>
<p class="Style1">Nous ne nous comprenons absolument pas. Serait-il question ici d’égoïsme ?</p>
<p class="Style1">Certains actes sont définitivement à éviter, il en va de l’évolution humaine. C’est mon avis en tout cas. Naïf, peut-être bien. Faire les choses dans l’ordre. Prendre le temps. Ne pas céder à ses instincts les plus bas, mais aussi être à l’écoute, vivre et partager… Ne rien s’interdire mais faire les choses « bien ». Tromper, d’accord, mais alors en connaissance de cause, et éviter la destruction absolue. Elle est souvent inutile. Ce soir, j’ai réussit à ne pas en dire trop. Les filles se sont bues trois bouteilles de vin et après le départ de Maité nous nous mettons à danser, nus, main dans la main, avec Jessica, dans la grande galerie déserte. Nous nous aimons et j’ai gagné un nouveau projet d’expo, mais surtout nous avons passé une très bonne soirée à discuter, partager un repas et des idées. Hourra, Hourra ! Demain nous mangerons des fritures dans un bar à Tapas et prendrons le bus pour filer à Tarifa, puis Tanger à nouveau. Je crois que j’ai chopé une insolation. La diarrhée encore.</p>
<div>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">*** </span></p>
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<p class="Style1">Presque un mois que je suis à Tanger, maintenant installé dans la nouvelle maison de mon ami, encore plus grande que la précédente, toujours avec Jessica, toujours malades, malgré la piscine et la très bonne nourriture de leur cuisinière Rachida, la cousine de Ramdane. Je repense à Marbella, à tout cet art pour nouveau riche, au clinquant et au marketing, aux collectionneurs. Je crois que tout cela me dépasse.</p>
<p class="Style1">Hier, Jessica est tombé de sa chaise africaine alors qu’elle était en train de lire Blaise Cendrars que j’adore, et que je n’arrive pas à lâcher le « No logo » de Naomi Klein. Blaise Cendrars avait beaucoup de mal avec les surréalistes et l’establishment de l’époque. Je le comprends. Je me suis par hasard installé « sur la chaise du roi », celle qui a une tête gravée dans le bois. Je regarde ma copine et me dit que la vie est merveilleuse. Que ce soit en Espagne comme en Afrique, tout dépend souvent de qui nous accompagne.</p>
<p class="Style1">Entre les cris d’enfants et les devoirs des invités nous avons l’impression que notre emploi du temps nous échappe totalement, mais quel bonheur de voir une famille heureuse et réunie. Cela dit je me sens très mal de ne pas travailler alors que beaucoup pensent que l’artiste est en vacance toute sa vie. Je le suis, aucun doute là dessus, mais n’en est-il pas de même de tous ces gens qui font des boulots qui leur plaisent suffisamment pour occuper toute leur pensées et leur temps libre. Être en vacances n’est ce pas ne faire que ce que l’on a envie de faire au moment ou l’on veut le faire ? Bizarre perspective que la mienne… Mais alors, qu’est ce que je fais ici ?</p>
<p class="Style1">Un homme nous invite faire une ballade en voilier. Nombreux vomissements sur une mer à peine agitée et pêche aux oursins. Nous ancrerons le bateau dans la magnifique baie de Tanger en plein Ramadan et devons supporter les terribles remarques de nos hôtes qui se moquent de la pauvreté des arabes et mangent face à eux. Une artiste à côté de moi se plaint que certains de ses spectateurs trouvent son art trop engagé. L’enfer. Je n’avais jamais mangé d’oursins, ni fait du voilier. Certaines personnes ont le chic pour tout gâcher. Ce sera quand même un autre bon souvenir allongé avec Jessica à prendre le soleil sur le pont, en attendant que le temps passe.</p>
<div>
<p class="Style1" style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">***</span></p>
</div>
<p class="Style1">Jessica rentrera à Paris une semaine avant moi pour aller travailler, dans une grande lettre je lui fait part de mes doutes et de ma vision de la vie. Je suis amoureux d’une façon assez différente de mon habitude. Envie de faire ma vie avec cette femme après bientôt cinq mois passés ensemble (mais ne l’ais-je pas su dès les premiers jours ?). Elle est exceptionnelle. Voici une partie de la lettre que je lui envoie :</p>
<p class="Style1"><em>« Parfois j’aimerais travailler sur autre chose que sur moi-même, mais c’est presque impossible, depuis que ma mère m’a appris à lire sur des textes qu’elle écrivait à la première personne en mon nom. C’est d’autant plus bizarre que, quand je pense à ma vie, je réalise que presque toutes mes décisions ont été des décisions de peintre ; mais qui se soucie encore de la peinture aujourd’hui ? </em></p>
<p class="Style1"><em>Hier soir, avant de dormir, j’ai lu au hasard quelques pages au sein de mes 3278 pages de texte. Sur dix, à peine deux étaient passables, une presque bonne. Je crois que tout cet archivage du quotidien, « sans correction » est une tentative de réponse à la télé réalité, à l’élitisme et « au professionnalisme du rien » comme je l’appelle. Par hasard donc, je suis tombé sur ce petit schéma qui disait à peu près : « Vérité = Se connaître empiriquement avant d’aller vers les autres. Sincérité = Croire que l’on se connaît alors qu’en fait on ne sait rien, et afficher de fausses vérité que l’on n’a pas encore vécues ». Le danger d’une telle posture est monstrueux, mais est-on responsable ? Après « la trahison » d’A., je cherchais un moyen de croire encore en l’homme et je refusais d’admettre que certains d’entre nous puissent être mauvais. Se connaître est la base de tout. </em></p>
<p class="Style1"><em>Quand j’ai « choisi » d’être artiste, j’ai réalisé que le vécu était au moins aussi important que l’œuvre car il est son véhicule, ou plutôt le contraire. Que dans l’œuvre on cherchait toujours l’artiste, de même que l’artiste ne s’exprime jamais mieux que dans son œuvre. J’ai écris ce qui allait être la base de l’art posthume : « Si l’on doit un jour être connu pour et par son œuvre, cela sous-entend qu’on lira forcément cette dernière à la lumière de notre vie, et donc l’application d’une éthique stricte dans l’une comme dans l’autre ». Et cette phrase est devenue la base de mon travail. C’est sans doute le moment ou j’ai dérapé. </em></p>
<p class="Style1"><em>Mais je pense quand même que la réponse actuelle au monde est l’individualisme ensemble. Se connaître soi avant d’aller vers les autres. &#8220;Donner forme à l&#8217;espace qui nous sépare&#8221;. La notion de bien et de mal. La religion. Dans les jeux vidéo où l’on construit des civilisations et où l&#8217;on se prend pour dieu, la religion est la première étape. Elle indique clairement le bien et le mal et passé un certain stade « tout le monde sait ». C’est le stade ou la religion se doit normalement d’être dépassée et ne l’a jamais été, ou bien malhabilement. Appliquer ce que l’on sait. Mais comment avoir une conscience empirique de quelque chose que l’on n’a pas vécu ? La ressentir au plus profond de soi, comme ce jour ou j’ai rencontré ce vendeur d’armes. Lui disait le faire « pour protéger son pays ». Je me suis rarement senti aussi mal. Mais comment l’exprimer, comment parler. La vérité et la sincérité, l’individualisme ensemble, dieu, et l&#8217;art. Comment partager ? Ces milliers de pages. </em></p>
<p class="Style1"><em>Souvent j’aimerais ne pas être tant centré sur moi même et j’ai un peu honte quand j’essaye à tout pris de partager mon vécu par un biais ou un autre… Mais en même temps j’ai tellement besoin du regard de l’autre. Le manque d’amour de mon adolescence et le trop plein de mon enfance. Mes contradictions insolubles…</em></p>
<p class="Style1"><em>Comment parler lorsque se prendre pour exemple semble la seule chose possible. Comment parler de ce que l’on ne connaît pas et je me connais bien. J’aimerais m’échapper, échapper parfois à ma pratique, mais c’est ainsi que je me suis construit et ce qui m’a « sauvé ». </em></p>
<p class="Style1"><em>Hier, en me parlant de X, une amie me disait qu’il n’était pas fiable, « comme tous les gens qui ont eu un vécu difficile : soi d’abord », mais qu’il était très sympathique. Je refuse de n’être pas fiable à cause de mon vécu. Le vécu n’est jamais une excuse, tout au plus une explication, et la malhonnêteté est souvent une affaire de mauvaise éducation. Blâmer la religion et la rejeter en masse alors que l’on n’est pas encore prêt. Comment peut-on vendre des armes ? Laisser Maryse mourir dans sa merde sous prétexte que j’avais « autre chose à faire ». Des expos ? Je n’avais pas réalisé à quel point son retour dans ma vie avait brisé le mouvement. Mais j’ai fait ce que j’avais à faire, en toute conscience. Mon beau-père m’avait dit de l’abandonner à son sort. C’était tout bonnement impossible. De même que je m’interdis aujourd’hui de reparler aux gens qui m’ont fait du mal par égoïsme, et surtout alors qu’ils pouvaient l’éviter et par rapport à ce qu’il y avait dans la balance, une amitié, des idéaux soi-disant partagés, l&#8217;art posthume. Tout cela foulé aux pieds. </em></p>
<p class="Style1"><em>L’individualisme n’est pas l’égoïsme, ni le bonheur une excuse à tout, c’est juste que tout commence et finit par et avec l’individu. Les films aujourd’hui sont presque la nouvelle religion, ce sont eux qui véhiculent la morale et l’enseignement de notre siècle, et sans doute la raison pour laquelle ils me fascinent tant. </em></p>
<p class="Style1"><em>Dans le deuxième film que j’ai regardé hier soir, j’ai noté la phrase suivante : « Toute ma vie j&#8217;ai cru que dans la vie ce qui était important c&#8217;était d&#8217;agir, d&#8217;être courageux, mais la seule chose qui demande du courage, c&#8217;est de faire face à ses responsabilités ». Je suis artiste, je n’ai rien à vendre sauf ma naïveté et ma ringardise (C&#8217;est finalement une bonne analyse). Je crois être un grand artiste, ce que seul le temps dira. Mon marasme et mes décisions. Croire en un toujours est de plus en plus difficile pour moi, mais je pense que c’est important. </em></p>
<p class="Style1"><em>Maryse, ma mère, un jour a « cassé », elle n’a pas choisi d’arrêter de se battre, pour la liberté, pour l’intelligence, et la « tolérance mutuelle » (une citation de Gandhi retrouvée sur un papier dans son passeport après sa mort), mais subit le contrecoup de ses choix. Refuser de se laisser piétiner par des amis et ne pas leur pardonner ou plutôt les sortir de ma vie (de quel droit s’ériger en juge ?) est ma décision ; et pourtant je suis ami avec quelques personnages troubles. Je ne crois pas en la morale, mais profondément en l’éthique. X a une éthique qui lui est propre, il a fait de la prison, a volé, sans doute trahi, mais je ne pense pas qu’il l’ai jamais fait en désaccord avec lui-même. Et il faut pour cela se connaître. C’est définitivement la base de tout. Pas de pathos, juste la vie.</em></p>
<p class="Style1"><em>Discuter des heures sans pour autant parler de soi et se prendre pour exemple, parce qu’il est soi-disant impossible de ne pas faire autrement lorsque l’on cherche « la vérité ». Refuser la sincérité et pourtant s’intéresser à l’autre et au monde que l’on ne connaîtra jamais vraiment empiriquement, ou par fragments. Comment faire, comment faire, comment faire ? Croire en l&#8217;individu et aux &#8220;informations&#8221; aveuglément ou avec parcimonie. &#8220;Tout ou rien&#8221;. Trouver l&#8217;&#8221;entre&#8221;. Alors j’écris à ce rythme soutenu, sans cesse. Je crée. J’essaye de donner forme et que ce que je suis puisse servir à d’autres. Il y a tellement que nous pouvons encore découvrir l’un de l’autre, l’un avec l’autre. »</em></p>
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<p class="Style1" align="right">A Tanger, le 5 septembre 2009.</p>
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