Trois expos en galerie et un texte contre… les galeries !
Don’t be Cruel
Du 10 septembre au 25 octobre 2011
Galerie Vanessa Quang GVQ
75 rue de Beauce. 75003, Paris, France
Vernissage le 10 septembre de 16h à 20h
Curator Anaïd Demir
Avec : Jean-Charles de Castelbajac, Léo Dorfner, Charlie Le Mindu, Liquid Architecture, Elena Montesinos, Dj Water Lilly, Maroussia Rebecq et Mathieu Tonetti
L’art est fait pour être partagé avec le plus grand nombre plus que pour être vendu. Avec une telle phrase j’indique tout ce que je hais dans les galeries d’art contemporain en arrière court dont la pédanterie n’a d’égale que l’élitisme exclusif.
Au moment ou je commence à être connu et à vendre mes œuvres des prix qui commencent à justifier mes années de galère je me pose la question de l’après.
J’ai toujours pensé qu’il y avait deux manières de réussir, limiter cela à la bonne et la mauvaise n’est pas circoncire le problème.
Quand j’avais 16 ans, et alors que j’étais en train de « tourner mal », une blague sur le carré blanc sur fond blanc de Malevitch au journal de vingt heures a complètement changé ma vie.
Je crois au pouvoir de l’art, à sa spontanéité, et à la générosité des artistes. Pas au marché.
Si le marché est un moyen d’atteindre le musée, et donc le plus grand nombre, pourquoi pas, mais il ne faut pas oublier que ces fameuses galeries qui font la pluie et le beau temps sur le marché de l’art (toi tu rentres, toi tu ne rentres pas) ne devraient pas former le filtre principal d’une scène déjà étouffée par elle-même. Si l’art institutionnel peut être nécessaire il ne devrait pas être tout. Et j’inclue dans cet art institutionnel les évènements hautement sponsorisés par un réseau qui ne fait que tourner en boucle, sur lui-même, depuis la nuit des temps.
On nous parle de Dada, des Situs, de Duchamp, d’actes fort qui ont façonné notre vision contemporaine du monde, mais où est passé la réelle rébellion ? Dans le street art qui en France reste (au niveau des ventes) un épiphénomène alors qu’il est hautement médiatisé, et vendu à l’étranger.
Les choses prennent du temps nous dit-on. Les artistes travaillent dans l’immédiateté et la durée. Je crois au temps, pas au dédain et au manque de curiosité généralisé, ni aux écoles d’ailleurs.
Souvent on me dit, “mais tu connais tout le monde Artus”, et tu passes ta vie à montrer ton travail, alors pourquoi ne pas le montrer “aux bonnes personnes”, pour accélérer les choses ?
Je refuse de croire qu’il existe des “bonnes personnes”, ou plutôt des personnes supérieures aux autres. A l’homo sapiens je préfère l’homo faber, et je n’ai rien à faire de l’esthétique relationnelle, et de l’art du réseau. Je veux créer un objet qui permette autre chose, et pas la répétition d’actes qui ne m’intéressent pas.
Quand je parle aujourd’hui d’exposer dans un squat ou un grand magasin, ma copine me dit qu’elle a peur que je me marginalise. Que le magasin soit le quatrième magasin Français en terme de visite et le squat auquel je pense un lieu de passage très prisé ne change rien au problème. Il y a des choses qui se font et d’autres qui ne se font pas. Tout est une question d’image. Ce que l’on représente.
Aujourd’hui je fais de la pub pour manger, et je m’y sens plus libre. Aucune contrainte qui ne soit parfaitement assumée et justifié par un marché qui ne fait pas semblant d’être autre que ce qu’il est. « Si l’art est devenu un produit comme un autre alors autant le vendre comme un produit comme un autre ». Je hais l’hypocrisie. Ici personne n’est là pour me dire comment je dois encadrer mes œuvres, lesquelles choisir et ne surtout pas trop en montrer puisque la commande est claire. Ici, pas de liberté, juste le produit.
L’art n’est pas un produit, à moins qu’il ne soit le produit de son temps.
Pourquoi notre époque est-elle si dure ? La faillite des banques et de notre système économique, le mécontentement des gens, devraient nous ouvrir les yeux.
Je crois à la liberté.
Qu’on torture un Malevitch pour qu’il revienne à la figuration ou qu’un Debord se suicide est inacceptable quand on voit ce qu’ils ont apportés au monde. On a fait de Duchamp une super star. De son urinoir l’icône de l’art d’aujourd’hui. La référence incontournable. C’était un autre moyen de le tuer. Il a joué aux échecs une grande partie de sa vie. Le lieu ne fait pas l’art, ni le marché. Les artistes font l’art.
Il faut exposer partout et tout le temps, montrer, et ne pas se limiter aux endroits sans lesquels aucun art n’existe, ou plutôt sans lesquels aucun artiste ne peut être considéré comme sérieux ou ridiculisé par ses croyances.
Celles qu’il vaut, paraît-il, mieux taire.
Mais comment atteindre le plus grand nombre quand on réalise, enfin, les limites de l’alternative ?
Lundi 6 juin 2011.
La Chambre, II
Banalités curieuses
Du 24 septembre au 15 octobre 2011
Immanence
21 avenue du Maine, 75015 Paris
Vernissage le vendredi 23 à 18h30
Nuit Blanche le samedi 1er octobre de 14h à 22h
Une proposition duCygne
avec Michel de Broin, Cocoon (Quentin Demarthe), Quentin Crestinu, Cecile Desvignes, Florimon Dupont, Mathieu Mercier, Cécile Meynier, Pierre Paulin, Mengzhi Zheng



